20/06/2012 00:48:23
Incursion dans un village de Duékoué. Des dozos font 3 morts et 5 blessés
Les turbulences dans l’ouest de la Côte d'Ivoire continuent. Loin d’arrêter la spirale de la violence, l’opération de sécurisation engagée par les Frci semble contribuer à la dégradation de la situation.
Le nouveau courrier
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Les turbulences dans l’ouest de la Côte d'Ivoire continuent. Loin d’arrêter la spirale de la violence, l’opération de sécurisation engagée par les Frci semble contribuer à la dégradation de la situation.

Des Dozos armés de kalachnikovs ont effectué une descente, dans la nuit du dimanche dernier, dans le village de Diéhiba, cheflieu de région du Guémon, où ils ont fait deux morts et cinq blessés graves dont une femme qui a perdu une jambe. Cette grande blessée a été évacuée à l’hôpital général de Duékoué et, selon des sources sur place, ses jours seraient comptés.

Les deux personnes tuées sur le coup par ces chasseurs traditionnels dozos, supplétifs des Forces républicaines de Côte d’Ivoire, qui pullulent dans la région répondent aux noms de Yebé Donatien (dit Yacou) et Dibo Alexis (dit Lepry). Une autre personne, non encore identifiée, a été abattue le lendemain, c’est-à-dire hier lundi sur la voie reliant Diéhiba à Guéhiébly.

C’est aux environs de 22h que les éléments dozos, qui appuient les patrouilles des éléments Frci déployés dans la région du Guémon, débarquent dans le village de Diéhiba en provenance de la sous-préfecture de Guéhiébly (à 2km). Une fois sur les lieux, ces éléments de l’armée parallèle du régime d’Alassane Ouattara ouvrent le feu sans sommation sur un groupe de personnes assis dans un bistrot du village. C’est à cet endroit que certains habitants du village, pour s’oxygéner, se retrouvent régulièrement pour déviser.

Cette incursion punitive de dozos armés de fusil d’assaut a créé une débandade  généralisée dans le village. «L’effet de surprise et l’attitude de ces Dozos qui tirent sur tout le monde a fait que la panique s’est emparée des villageois. Tout le monde cherche d’abord à quitter le village pour se mettre à l’abri dans la forêt dans un  premier temps», a indiqué Antoine S., qui rappelle que ce scénario est semblable à celui que la population a vécu en mars 2011 dans le même village suite à l’attaque généralisée de toute la région par les Frci. Dans leur offensive sur Abidjan, les Frci, sous le couvert d’un décret signé par Alassane Ouattara, avaient massacré les populations de la région du Guémon, faisant plus de 1 000 morts dans la seule ville de Duékoué.

Et depuis lors, malgré les accusations des organisations internationales des droits de l’homme mettant clairement en cause des proches d’Alassane Ouattara, aucune inculpation n’a été brandie ni en Côte d’Ivoire ni par la justice internationale. Cette démarche partiale de la justice, qui regarde les forces pro-Ouattara tuer impunément à l’ouest, encourage davantage celles-ci à martyriser les populations.

Gilles Naismon

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE