21/06/2012 01:41:40
Amnésie collective (Texte et vidéo)
Amnésie collective. Voici comment on peut remplacer les Martyrs par des Pseudo Héros: le cas de Sékou Touré
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Amnésie collective. Voici comment on peut remplacer les Martyrs par des Pseudo Héros: le cas de Sékou Touré

Hier 20/06/2012, les élèves français ont composé à l'épreuve d'histoire pour le Bac. Le thème sorti cette année était : "La Guerre d'Algérie". A ces enfants, on enseigne qu'il n'y a eu en Afrique qu'un seul pays qui a lutté pour son indépendance de la France : l'Algérie. Ce qui est faux, puisqu'il y a en eu deux autres : Le Cameroun et le Madagascar. Oui, mais ces deux sont en Afrique Subsaharienne, ce qui ne compte pas (apparemment). 

Les amis Ivoiriens me demandent souvent : Pourquoi les Camerounais s'intéressent-ils tant à la crise Ivoirienne? Pour eux, il y a un conflit entre les Pro-Gbagbo et les pro-Ouattara. Pour les Camerounais, la vision est complètement différente : ils y voient les pro-Indépendance de la Cote d'Ivoire et les Pro dépendance à la France. Pourquoi cette différence de vue ?

Réponse : C'est parce que les Camerounais ont dès vécu 1954, ce que les Ivoiriens voient aujourd'hui : lutter pour sa propre indépendance, parce que l'indépendance ne se donne pas, elle s'arrache.  Sauf que qu'à cause du silence imposé par la France sur les guerres d'indépendance en Afrique noire, et notamment à Madagascar et au Cameroun, ces guerres ne figurent toujours dans aucun livre d'histoire en France. L'humiliation subie par la France par le fait des peuples jugés rétrogrades qu'on était parti civiliser, est encore trop forte.

A sa place, la France a savamment offert aux Africains un pseudo héro : Sekou Touré, histoire de cacher et faire oublier les vrais héros comme Takala, Martin Paul Samba, Um Nyobe, la Reine Ranavalona et son Premier Ministre sont déportés (à Alger) par le Général Français Galliéni en 1896. Ses Ministres Exécutés. Et ça a marché.

On a ainsi réduit le sens de la résistance africaine à la barbarie française en Afrique noire au fait de dire Non à De Gaulles, un vrai non-évènement; et non le fait de prendre le Maquis pour exiger la démocratie, d'un pays qui prétendait être démocratique, et apporter la civilisation: la France.

A Douala au Cameroun, la rue qui aurait du être celle du 29 Mars 1947 pour commémorer le massacre des pauvres Malgaches demandant de vivre comme des citoyens libres, porte plutôt encore aujourd'hui en 2012, le nom de leur bourreau : Galliéni qui tuera à lui tout seul selon les sources entre 400.000 et 700.000 Malgaches, sur une population de 3.000.000 d'habitants. Pendant ce temps, les historiens africains s'occupaient à ronger l'os que la France leur avait servi du débat infini entre les pro et les contre Sékou Touré.

C'est grace à cette technique d'amnésie généralisée des africains que le forfait ivoirien a pu se produire, au point qu'un Chef d'Etat Africain, 65 ans après la Reine Ranavalona est exilé et humilié à la Haye, sans aucune protestation d'un milliard d'Africains pour dire : 65 ans ça suffit. Avec d'autres chefs d'Etat qui vaquent à leurs occupations comme si cela ne les regardaient pas. Ils oublient que l'indignation est déjà une arme contre l'oppresseur. Et que le silence coupable de l'opprimé encourage le bourreau à continuer dans sa voie macabre. 

Jean-Paul Pougala

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