25/06/2012 07:54:19
Bafoussam. Garga Haman épingle le délégué du gouvernement
Faux diplômes, marchés fictifs, véhicules clandestins…les charges qu’ Emmanuel Nzété devra justifier à la Conac
Le Messager
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Bafoussam
Faux diplômes, marchés fictifs, véhicules clandestins…les charges qu’ Emmanuel Nzété devra justifier à la Conac

Sous la conduite de l’ancien ministre, une mission de la commission nationale anticorruption (Conac) a séjourné à Bafoussam. Faux diplômes, marchés fictifs, véhicules clandestins et un réseau maffieux d’attribution des boutiques au marché A font partie des manquements.

 « A chacun son tour chez le coiffeur ». C’est en ces termes qu’un cadre en service à la Communauté urbaine de Bafoussam(Cub) a réagi il y a quelques mois lorsque des proches collaborateurs de Samuel Mbou, ancien délégué du gouvernement auprès de la défunte commune urbaine de Bafoussam (Cub) avaient été convoqués au Conseil supérieur de l’Etat(Consupe) à Yaoundé. Reste que vendredi 22 juin 2012, à la tête d’une mission de cinq cadres de la Commission nationale anti corruption (Conac), Garga Haman Adji est arrivé à l’hôtel de ville de Bafoussam.

Emmanuel Nzeté, le délégué du gouvernement auprès de la Cub était absent. C’est ainsi que les membres de la Conac étaient guidés par Victor Souop, le secrétaire général de la Cub. La Conac est venue à Bafoussam enquêter sur «le fonctionnement de la Communauté urbaine de Bafoussam de l’exercice 2010 à 2012», indique-t-on au niveau de cette commission. Bilan provisoire de cette mission,  la cinquantaine de fournisseurs et prestataires de la Cub, soupçonnés d’être des proches parents d’Emmanuel Nzété, sont convoqués à Yaoundé le 4 juillet prochain.

En fait, l’équipe de l’ex-ministre chargé de la Fonction publique a commencé par éplucher les dossiers du personnel. «La Conac a déniché une dizaine d’agents et cadres titulaires de faux diplômes. L’un d’entre eux a été suspendu. D’autres ont été rétrogradés pour avoir été mal recrutés. L’un d’eux a vu ses diplômes confisqués par la Conac », commente une source introduite. Au sujet de la gestion du parc automobile de la Cub, Garga Haman Adji, apprend-on, a immédiatement saisi le commissaire central de Bafoussam qui a conduit 2 véhicules en fourrière. Motif: tous ont été étiquetés aux couleurs nationales,  vert-rouge-jaune, circulent au nom de la communauté urbaine de Bafoussam mais, ayant des cartes grises appartenant à des particuliers.  «La Conac a pris connaissance, dit-on, du fait que le délégué du gouvernement est plus présent ailleurs qu’à la Cub. Vous arrivez comme ça à Bafoussam quand il est hors du pays pour suivre ses propres affaires ».

Le délit d’initié

La Conac s’est aussi intéressée au degré de réalisation physique des marchés attribués en 2010 et 2012. Une préoccupation portée par les grands conseillers de la ville de Bafoussam lors de la session du conseil de communauté tenu le 29 mai dernier. Tout comme celle relative à la gestion des fournisseurs de la Cub. « La Conac a voulu savoir pourquoi la Cub fonctionne avec 50 fournisseurs et entrepreneurs. Deuxième point d’achoppement: pourquoi le délégué a-t-il fractionné tous les marchés au lieu de passer un appel d’offre. La mission conduite par Garga Haman Adji s’est étonnée du fait que presque tous les marchés aient été attribués de gré à gré par le délégué du gouvernement. La plupart sont restés sur du papier sans avoir été réalisés. Pourtant, les entrepreneurs ont perçu de l’argent.», affirme notre source.

« La Conac a fait un tour au marché A. Ici, selon notre source, la Conac a découvert «un foyer de corruption où les comptoirs sont attribués aux commerçants à travers un réseau bien huilé géré à partir de l’hôtel de ville de Bafoussam». «Tous ceux qui auront tripatouillé les marchés vont rembourser», a-t-on appris.

Dans l’impossibilité d’approcher Emmanuel Nzété qui serait hors du pays, il convient de rappeler que lors de la session du conseil de Communauté du 29 mai dernier, il n’avait pas eu un discours tendre à l’endroit des élus locaux qui, d’après lui, avaient écrit à Yaoundé pour dénoncer sa gestion.  Deffo Oumbé Sangong, président de la circonscription électorale du Social democratic front (Sdf) à Bafoussam Ier et grand conseiller de la Cub se trouvait dans le fichier du patron de la Cub. Dans cette optique, le chef de l’exécutif de la Communauté urbaine de Bafoussam (Cub) avait indiqué que sa gestion se fait dans les règles de l’art, suivant le contrôle des services de l’Etat compétents en la matière. En rescousse, Fouapon Allassah, le préfet du département de la Mifi, avait exhorté les conseillers à ne pas jouer le rôle d’ordonnateurs des dépenses. Pour lui, il faut respecter la loi qui régit le fonctionnement des communes au Cameroun. Reste que l’on attend son retour au pays pour avoir sa version des faits.

Guy Modeste DZUDIE

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