25/06/2012 17:22:54
Affaire Marafa. Des journaux accusés de publier des informations diffamatoires
La Météo et l'Anecdote ont reçu un avertissement du conseil national de la communication, qui leur reproche de publier des informations diffamatoires
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Joournaux Cameroun

Deux journaux reçoivent des avertissements

La Météo et l'Anecdote ont reçu un avertissement du conseil national de la communication, qui leur reproche de publier des informations diffamatoires

Pour la première fois et depuis que « l'affaire Marafa » a débuté, le conseil national de la communication du Cameroun a averti des médias, qui, selon le conseil, se livraient à des publications injurieuses à l’encontre de certaines personnes qui semblaient  soutenir l’ancien ministre d’Etat aujourd’hui prévenu et en détention, dans le cadre d’une affaire de détournement. « Le Conseil National de la Communication, après plusieurs rappels à l’ordre des directeurs de publication des organes de presse, exerçant ses prérogatives en matière de sanctions contenues dans le décret N° 2012/038 du 23 janvier 2012 portant réorganisation du Conseil National de la Communication, adresse un avertissement aux directeurs de publication du journal «la Météo» ainsi qu’à celui du journal « l’Anecdote » pour atteinte répétée à la vie privée de certains citoyens de la République. En cas de récidive, le Conseil National de la Communication sera dans l’obligation de suspendre la parution desdits organes de presse », peut-on lire dans un communiqué en date du 22 juin 2012 dernier. 

Au passage le conseil de la communication  profite pour faire un rappel à l’ordre dans le traitement par les médias de l’affaire Marafa. « En même temps, le conseil national de la communication rappelle à tous les organes de presse qu’ils n’ont pas pour mission de se substituer aux instances judiciaires en organisant des procès populaires et publics, d’exposer la vie privée des individus, et surtout sans preuve à l’appui. Les dénonciations portant sur la vie privée des individus relèvent du droit et sont punies comme telles »  a précisé le communiqué.

Depuis le début de cette affaire Marafa, de nombreux journaux ont lancé la bataille de l’opinion, avant même la bataille judiciaire. L’annonce d’une nouvelle lettre de Marafa est toujours accueillie comme un nouvel épisode de la série culte de télévision, « 24 heures chronos ». Entre ceux qui croient et ceux qui sont sceptiques ou carrément contre, les lignes de démarcation sont parfois serrées. Rien que pour la journée de lundi 18 juin, sur 10 journaux parus au Cameroun, 7 ont titré sur l’affaire Marafa, et pas toujours dans le même sens. L’ « œil du sahel » suite à la sortie du ministre de la communication, n’a pas hésité à brandir des preuves sensées incriminer le ministre Tchiroma. En face, d’autres médias se positionnent contre monsieur Yaya. On n’hésite pas à procéder à l’injure masquée. Le journal L’anecdote, relatant les manipulations autour de l’affaire Marafa, dira qu’elles sont soutenues par ses « conquêtes », hommes comme femmes.

Le journal La Nouvelle parle lui du club des « homos » de Marafa, illustrant la une d’une image significative, montrant l’ancien homme d’Etat nu autour de certaines personnalités. Difficile de comprendre ce qui est en jeu aujourd’hui dans ce contexte. Les opinions discutent sur le fait de savoir si oui ou non Marafa devait être arrêté, et personne ne semble vouloir examiner si les faits qui lui sont reprochés sont pertinents. Le pouvoir dans ce vaste jeu semblait avoir les mains liées. En réagissant pour la première fois dans ce désordre médiatique, il répond à la demande d’une bonne partie de l’opinion, qui s’interrogeait sur les débordements qu’avait pris l’affaire.

Idriss Linge

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