28/06/2012 00:30:30
En cas d'une autre guerre mondiale, quelles attitudes adopteraient les Africains ?
Le sujet d’une éventuelle guerre planétaire est devenu quasi omniprésent sous certaines plumes et dans certaines voix ces derniers jours et très curieusement les gens se trouvent drapés dans les habits de l’indifférence....
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Léon Tuam

Le sujet d’une éventuelle guerre planétaire est devenu quasi omniprésent sous certaines plumes et dans certaines voix ces derniers jours et très curieusement les gens se trouvent drapés dans les habits de l’indifférence. Sans doute que la lutte quotidienne pour la survie et l’inattention semblent éloigner de nos esprits ce grand péril qui à nouveau erre désormais aux portes de l’humanité. Mais nous pouvons en donner une lecture aussi toute différente.

L’idée de la guerre tout comme celle de la mort traverse si souvent l’esprit de l’individu ou d’un peuple sans qu’il la prenne très au sérieux. Ce n’est en réalité que quand la guerre ou la mort dépose ses bagages devant notre porte et en tire et utilise ses outils de terreur contre nous que nous la découvrons et la comprenons avec davantage de douleur, d’accusations et doublées d’un sentiment d’abandon. C’est pourquoi l’Anglais, le gabonais, le Français, le Sénégalais ou l’Américain, bien que sachant qu’il y a guerre en Libye, en Syrie, au Mali ou ailleurs, se sentent toujours moins concernés et parfois la pose simplement comme inexistante.

C’est ce sentiment de « ce n’est pas moi » ou de « ce n’est pas nous » qui alimente les esprits à tel point que même tout près de la destruction de la planète terre, très peu de personnes ou de peuples perçoivent la gravité de la situation. Mais une guerre à l’échelon mondial n’affecte plus seulement les Libyens, les Syriens, les Maliens, etc. elle touche tout le monde à des degrés divers.

Je l’évoque parce que l’occident qui a déjà servi deux Grandes Guerres au monde et s’apprête à occasionner une troisième se prépare en se préparant à sécuriser les siens, pendant que les Africains se croisent les bras : ses dirigeants, ses intellectuels, ses hommes d’affaires et le bas-peuple.

Je l’évoque afin que les stratèges et experts africains en matière de guerre y travaillent avec plus de sérieux. Il est inadmissible que l’Afrique se fasse toujours traîner et entraîner ; il est inadmissible que l’Afrique soit là pour toujours subir.

Je l’évoque parce que des signes de plus belle visibles indiquent sont imminence. Je ne parle pas ici des signes perçus d’un point de vue judéo-chrétien. Nous pouvons faire le tour de quelques uns.

La conquête des points géostratégiques, la chasse tous azimuts et aveugle aux matières premières qui se font de plus en plus rares, la course sauvage à l’armement, la reprise de la guerre froide, les crises financière et économique en occident, la violence et la fermeté dans les propos entre les nations, la formation ou le renforcement des regroupements, la perte de patience chez ceux qui ont déjà trop laissé d’autres violer les règles internationales, etc. Les esprits belliqueux sont désormais en route à la quête de la plus petite étincelle pour mettre le feu au monde.

Dans une prochaine guerre à l’échelon mondial, que ferait l’Afrique qui par le passé a contribué énormément dans le dernier conflit de cette dimension sans vraiment jouir en retour des retombées de la victoire des Forces Alliées et de la paix ?

Déjà seulement à cause des maladresses de certains dirigeants africains, l’Afrique prendrait automatiquement et involontairement part à une future guerre mondiale pour trois raisons.

La première raison c’est que les bases militaires étrangères ont été installées çà et là sur le continent sous forme de coopération militaire, et que d’autres s’y sont récemment ajoutées sous couleur de combattre le terrorisme et la piraterie. Ces bases sont des pores qui entraîneraient l’Afrique dans cette guerre.

La deuxième raison c’est que les Etats africains sont incapables de contrôler leurs espaces aériens et maritimes et d’en être les maîtres.

La troisième raison c’est que des Africains affamés par la voie de quelques organisations comme la Francophonie, le Commonwealth et surtout l’ONU seront charmés et attirés facilement pour être  abandonnés au sein des structures militaires contrôlées par ces groupes avant d’être livrés en pâture aux différents laboratoires de la mort.

Cette situation sera propice à la ponction sans remords et sans résistance de tout ce qui reste des ressources naturelles d’Afrique. Comme il se dégage, l’Afrique devant un tel conflit planterait facilement une attitude de soumission et de collaboration. 

Mais l’idéal aurait été la non-participation du continent africain à une éventuelle guerre mondiale. Les Africains ont grand intérêt de se battre dès maintenant  pour ne plus entrer dans une autre guerre qui les dessert, et surtout aux côtés de ceux qui depuis plus de quatre siècles les desservent. Ceci passerait par le rejet et le combat immédiats de tout ce qui mettrait l’Afrique dans la situation obligée de participer à cette guerre des autres. Mais il reste à savoir si les Africains en ont le temps, les moyens et la volonté nécessaires.

Néanmoins, les intellectuels et Etats africains devraient dorénavant travailler à éviter des pertes humaines et matérielles colossales si le monde venait à tomber dans cette situation.

Léon Tuam,
Ecrivain, activiste des droits humains et enseignant.
Boston, le 27 juin 2012

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