29/06/2012 05:03:47
Canada, Australie, Allemagne : les eldorados de la crise!
 Le marché du travail est le premier critère de choix des candidats à l'émigration, indique l'OCDE.
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Le marché du travail est le premier critère de choix des candidats à l'émigration, indique l'OCDE.

Le choix des candidats à l'émigration dépend avant tout de la situation économique du pays. D'après la dernière étude de l'OCDE sur les flux migratoires, l'immigration permanente dans les pays riches baisse de 2,5 %, en 2010, pour la troisième année consécutive, touchant au total 4,1 millions de personnes. «L'évolution du marché du travail et les flux migratoires sont étroitement liés, commente Angel Gurria, secrétaire général de l'organisation. C'est principalement le déclin de la main-d'œuvre et non les politiques restrictives (...) qui explique la chute de l'immigration pendant la crise».

La baisse a atteint 8 %, aux États-Unis, et 3 %, pour les pays européens de l'OCDE. Le nombre d'immigrants a, à l'inverse, augmenté de plus de 10 % vers le Canada, atteignant un niveau historique depuis 1950, la Corée et le Mexique, et plus récemment en Australie et Nouvelle-Zélande. L'économie australienne, dopée par son secteur d'extraction minière grâce à la forte demande chinoise, est considérée comme un véritable eldorado. «Une grande partie des immigrés vient d'Asie mais aussi d'Europe, précise Jean-Christophe Dumont, expert immigration à l'OCDE. Le gouvernement australien a une démarche très proactive pour recruter du personnel qualifié, il a organisé plusieurs foires au travail dans les pays périphériques de la zone euro». Les Irlandais, de part la proximité linguistique et une longue tradition d'émigration, sont les premiers à en profiter.

L'Irlande comme l'Espagne sont les deux pays à avoir connu les baisses les plus spectaculaires d'immigration, après l'éclatement de la bulle immobilière. En émigration nette, depuis 2009, l'Irlande a perdu depuis près de 0,8 % de sa population chaque année. Même évolution, dans la péninsule Ibérique, qui est passée d'une immigration nette de plus de 60.000 personnes, en 2010, à une émigration nette de plus de 50 000, avec une tendance au retour dans leurs pays d'origine des ex-immigrés latino-américains. En Grèce, la tentation est grande aussi de fuir le marasme économique mais là joue le barrage de la langue. Nombre d'entre eux visent en priorité l'Allemagne, où le nombre d'immigrés grecs par semestre a augmenté de près de 5.000 à quasiment 9.000, entre 2010 et 2011. «Consciente de ses besoins liés au vieillissement de la population, l'Allemagne a facilité l'immigration de travail qualifié», ajoute l'expert OCDE. En Europe, deux autres pays attirent la main-d'œuvre étrangère: la Norvège, riche en réserves pétrolières et gazières, et la Suisse, réputée très stable, affichent des taux de chômage très bas et offrent des niveaux de salaire élevés. Avec un léger avantage à la Suisse, grâce à ses trois langues et son secret bancaire.

La Suède applique une logique inverse à la plupart des pays en matière d'immigration. En 2008, le gouvernement a décidé de lever toutes les barrières d'immigration du travail. «Il suffit d'avoir un contrat de travail et de respecter la convention collective en vigueur», précise Jean-Christophe Dumont, l'expert OCDE sur les flux migratoires. Il n'y a pas, comme il se fait très souvent, de critère de salaire minimum ou de niveau d'éducation exigé. La situation du marché du travail n'est pas non plus un obstacle. À noter aussi que le rapprochement familial est facilité. Cette politique, dont ont profité en priorité les PME, a permis une diversification à la fois géographique et sectorielle. La stratégie est d'améliorer l'attractivité du pays face au vieillissement de la population.

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