25/08/2009 02:25:17
Affaire Michel Mombio / Madeleine Tchuinté: Portraits décroisés
Voici dépeints, tels qu’ils sont apparus le 17 août dernier, les officiants de la messe noire dont notre malheureux confrère est la victime sacrificielle.
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Mme Akoa : Insaisissable
Tous les observateurs des labyrinthes corrompus de la justice camerounaise, notamment les prisonniers que nous avons abordés, s’accordent sur une chose : cette femme ne prend pas de l’argent aux justiciables. Elle est donc créditée d’une aura d’intégrité dont peu de ses collègues peuvent se targuer. Elle est par ailleurs présentée comme une amie des journalistes. On la voit en effet sur des plateaux de télé, défendant brillamment des positions de droit. Selon nos sources, elle est une actrice de l’implémentation de la Convention pour l’Elimination des Discriminations envers les Femmes (Cedef). A l’ouverture du procès, elle avait d’ailleurs déclaré son amour pour les journalistes. « Nous vous aimons beaucoup aussi », lui avait répondu Michel Mombio, avec l’aplomb qu’on lui connaît. Ces bonnes intentions de la juge se sont envolées depuis.


Elle se montre d’une sévérité excessive à l’égard de notre confrère, le reprenant à tous les mots et le menaçant à tout propos. Alors qu’elle donne l’impression de dorloter certains prévenus, son instinct maternel disparaît quand il s’agit de Michel Mombio. Comme si elle avait reçu des consigne spéciales ! « Cette dame a beaucoup de qualités. Mais elle ne semble plus tout aussi lucide quand elle doit connaître un cas qui oppose un homme à une plaignante. » Déclare un observateur de la chose judiciaire. Il plane donc comme un soupçon de féminisme. Salira-t-elle son image de juge intègre pour faire plaisir à une ministre qui de toute façon finira à la touche ?


Awana Hélélé : la nuit porte conseil...


Le PR s’est montré acerbe contre les journalistes, en particulier « cet écrivaillon » qui, selon lui, l’a brocardé sur le net. « S’il est courageux et se trouve dans la salle, qu’il se lève et nous allons nous expliquer. » Un défi que le poltron journaliste n’a évidemment pas osé relever. Les journalistes, les chroniqueurs judicaires plus que les autres, on le sait, aiment à se tapir dans l’ombre pour décocher leurs flèches. De braves lâches, ils ont fait une victime de plus !


En tout cas, il a semblé plus apaisé dans ses rapports avec l’accusé. Lorsque ce dernier lui a présenté ses « plus plates excuses », il s’est demandé hilare, si ce n’était pas une raillerie où le journaliste « exprime le contraire de ce qu’il pense ». Il n’es est rien. Selon des détenus que nous avons abordés, au sortir de la précédente audience, Michel Mombio s’en voulait d’avoir été « incivil » envers Awana Hélélé. « Il se reprochait de n’avoir pas répondu au compliment que lui avait fait le PR sur sa verve et sa gestuelle. Trouvant son attitude inélégante envers le PR. » Nous a confié notre source. Elle ajoute que, notre confrère avait aussi marqué son admiration pour le style mi badin mi sérieux du magistrat. « Avec ça, il a réussi à m’avoir sur les nerfs, sans élever la voix. Ce qui n’est pas donné à n’importe qui !» avait-il conclu. On a en tout cas noté comme une paix des braves entre les deux, la nuit portant conseil, selon le PR.



Me Bopda : renvoyé à ses études

« Je n’ai pas fait des grandes études » a confessé cet avocat d’entrée de jeu. Absent de la précédente audience, ce député de la région de l’Ouest, voulait sans doute faire de l’effet. Raté ! Dans un langage approximatif et un accent à couper au couteau, il est celui qui aura fait le plus de tort à sa cliente. En revenant sur de larges extraits du journal qu’il maladroitement lus, il a fait rire la salle plus d’une fois. Extrait : « Selon ses anciens voisins, elle.... ». après avoir lu cette partie de l’article, Me Bopda demande ce que le journaliste entendait par là. « Maître, vous lisez bien ‘’selon ses voisins’’. Ce n’est pas moi qui parle. A plus d’une occasion, notre confrère a envoyé cet avocat dans les cordes. Et lorsqu’il lui a demandé lequel des multiples sens de « crime » devait-il retenir, Michel Mombio l’a cloué. « Désolé Maître, allez en fac apprendre ces choses élémentaires. » lui a-t-il repondu.
La vérité est que l’avocat avait des vieux comptes à régler avec le journaliste. Selon nos informations, le nommé Sitchueng Innocent, jeune commerçant de Bafoussam et ancien très proche de Me Bopda, avait accusé ce dernier de lui avoir détruit le derrière par des pratiques homosexuelles. Accusations reprises par les médias locaux. En représailles, l’avocat avait abusivement fait incarcérer son petit ami. Chose que Michel Mombio, intervenant dans les radios locales, avait condamnées. « Un bon avocat ne fait pas enfermer son client, tout comme un bon politicien ne fait pas enfermer son électeur. Par ailleurs, Sitchueng présente toutes les garanties pour comparaître libre. Son incarcération est donc abusive. Bopda fait honte à notre parti ! » Avait-il notamment déclaré.  Me Bopda croyait alors tenir une occasion de se venger. Il est rentré la queue basse.



Me Tagne: perd son latin

C’est le plus calme du trio d’avocats de Madeleine Tchuinté. Sans paraître lui-même convaincu de la pertinence de ses question, il est apparu perdu derriere ses lunettes lorsque Michel Mombio lui a parlé du Taro à la sauce noire. Face à l’hilarité de la salle à cette réponse, un rire jaune s’est fiché sur son visage. « Je ne crois pas que c’est ce que vous pensiez… » a déclaré ce Nostradamus des temps modernes avant de s’asseoir, le regard vitreux.

Me Souop : souffleur d’opérette

Les tonneaux vides font beaucoup de bruits. Me Souop, qui est le plus agité de ses confrères, non seulement bruisse beaucoup, mais il a la vacuité communicante. Ainsi, tel un souffleur de théâtre, il passe son temps à souffler des choses au PR. Ainsi, indiquant un individu dans la salle, il lui a fait croire qu’il s’agissait Kelbakal, de l’ancien collaborateur de Michel Mombio. Et lorsque, avec beaucoup d’assurance le PR a demandé au prévenu quel était le monsieur en saillons derrière lui, il a dû être bien surpris de la réponse : « C’est mon frère aîné. Il s’appelle Nkemegni François ». C’est que, malgré la ressemblance, Me Souop a depuis le début confondu l’homme. Selon une source, à chaque procès, il s’est arrangé pour le provoquer par des paroles « attaquatoires » du genre : « La ministre a décidé. Ce Mombio là fera un en en prison sans être jugé, puis il sera condamné à trois ans » « Il se croit très fort ! il va voir. Nous avons le pouvoir » etc. Les deux ont failli en arriver aux mains. Quand il a donc fallu faire son travail, sa nullité est remontée à la surface. C’est lui qui a donné à Mme la juge l’occasion de renvoyer la cause. Avant cela, par un raisonnement circulaire digne d’un disque rayé, il posait les questions attrape-nigauds d’une navrante banalité.



Docteurs Frankenstein


On ne peut pas dire que la défense fait preuve d’intelligence dans cette procédure. Son action est encore plus nuisible pour l’image de la ministre qu’on ne le croit. Des études médiamétriques ont montré qu’au Cameroun, un exemplaire de journal acheté par un lecteur, est consulté par une dizaine d’autres personnes. Selon nos enquêtes, L’Ouest Républicain qui est ici mis en cause, bien qu’il soit écrit dans une langue châtiée comme le reconnaît le PR, reste une modeste feuille qui tire à 500 exemplaires (Source proche du distributeur). A supposer que tout le tirage incriminé ait été vendu, environ 5 000 personnes en aurait donc pris connaissance. En lui intentant un procès, ce lectorat a été décuplé. C’est le monde entier qui en a eu connaissance grâce à internet. La pauvre Madeleine Tchuinté elle-même, a découvert ce portrait (qu’on nous dit véridique) peu flatteur de sa personne par la toile à l’étranger. Le procès en cours continue de l’exposer aux yeux du public. A chaque audience en effet, des extraits en sont lus, au grand amusement du public, lequel rit à gorge déployée.

Ce public, on le sait, varie constamment, au gré des affaires inscrites au rôle. Ils sont environ trois cent dans la salle à découvrir, par les soins de ses conseils, Madeleine Tchuinté sous ses mauvais traits. On en est à une dizaine de renvois, soit environ 3 000 personnes supplémentaires qui sont informées. C’est l’accusation, notamment les avocats, qui lisent ces larges extraits. Faut-il que Madeleine Tchuinté ait un sens sado masochique prononcé pour ainsi payer des gens pour la salir ! A moins qu’elle ait agi sans réfléchir, ce qui est grave pour une ministre. Encore heureux que Michel Mombio, en refusant de répondre à certaines de leurs stupides questions, limite les dégâts !

Didier Tchuenkam Bekolo

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