03/07/2012 02:28:03
Crash de Camair en 1995. Une rescapée remercie Marafa et dit n'avoir pas été indemnisée
Une des survivantes de l’accident d’avion  de la défunte Camair en 1995, Marguerite Wellisanè salue le signe de solidarité de l’ex secrétaire général de la présidence de la République (Sgpr) et affirme n’avoir jamais été indemnisée. Pourtant,  l’enquête parlementaire voulue par le Sdf a été bloquée « en raison d’une indemnisation des victimes ».
Le Messager
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Cameroon airlaines

Une des survivantes de l’accident d’avion  de la défunte Cameroun Airlines (Camair) en 1995, Marguerite Wellisanè salue le signe de solidarité de l’ex secrétaire général de la présidence de la République (Sgpr) et affirme n’avoir jamais été indemnisée. Pourtant,  l’enquête parlementaire voulue par le Sdf a été bloquée « en raison d’une indemnisation des victimes ».

Le jeudi 14 juin 2012, la proposition de résolution du Social democratic front (Sdf) portant commission d’enquête parlementaire relativement à la non indemnisation des victimes du crash du Boeing 737-200 de la Camair est soumise en séance plénière à l’Assemblée nationale. Déjà contrecarré au cours de son examen en  commission des pétitions et des résolutions de la chambre, deux jours plus tôt par les députés de la majorité, le projet du Sdf revient ainsi à l’hémicycle pour la forme. C’est d’ailleurs une question de forme qui est soulevée par le Rdpc dès la lecture  intégrale du rapport.

Par la voix du député Amougou Mezang, la majorité explique dans une motion préalable de rejet  qu’en tant qu’assureur, il peut affirmer « que les victimes du crash ont été indemnisées ». Et donc qu’une enquête sur le même sujet est sans objet. La motion préalable du député Rdpc est votée à 91 voix pour  contre une dizaine de voix seulement contre. La discussion générale sur le texte ne peut donc se tenir comme le prévoit le règlement intérieur de la chambre. Le Sdf et les victimes du crash de Camair sont envoyés paître. En tout cas, ils sont priés d’aller pleurnicher hors de la maison du peuple. Dans la foulée, une stratégie de communication élaborée par la technostructure du « parti du flambeau » « démontre » que la proposition du député Mbah Ndam et du Sdf  a été mal montée puisque les indemnisations évoquées ont été reversées aux victimes. Pis, que ledit projet de résolution s’appuyant sur les déclarations « d’une personnalité nationale, [Marafa Hamidou Yaya, ndlr]   en difficulté avec la justice »,  il ne pouvait prospérer.

71 morts

Mais coup de tonnerre ! Madame  Marguerite Wellisanè Ebossè, personnelle d’équipage et survivante du vol de Camair en provenance de Paris le 3 décembre 1995 qui échouera dans la mangrove de Youpwè  plutôt que sur le tarmac de l’aéroport de Douala sort de sa réserve. Elle affirme « n'avoir jamais vu un centime de dédommagement. Que ce soit du gouvernement ou de la Camair ». Et estime  par ailleurs, devoir une fière chandelle à Marafa Hamidou Yaya   pour avoir remué le couteau dans la plaie de ses frustrations. En tout cas, l’hôtesse de l’air «remercie le ministre d’État qui a été le seul à [lui] ouvrir ses portes» au plus fort du traitement des dossiers d’indemnisation des victimes du crash de Camair qui avait fait 71 morts en 1995.

Après ce rebondissement, de nombreux observateurs se demandent qui du régime Rdpc ou de l’un des quatre survivants  du crash et même de Marafa, Sgpr à l’époque du transfert des fonds de l’assureur « dit la vérité » au sujet des  fameuses indemnisations des victimes du  crash de Camair. Le débat sur la fortune des 32 milliards versés dans un compte connu exclusivement par Jean Foumane Akame et Paul Biya ; les pots de vin distribués dans le cadre du marché d’entretien des avions Camair ; la qualité des contrats passés entre cette entreprise et la défunte Camair refont ainsi surface.

Mais à la clé, si Mme Wellisanè qui dit prendre, elle-même, en charge ses soins en France et n’avoir jamais rencontré le ministre des Transports de l’époque manipulait l’opinion, que le gouvernement indique pour clore peut-être le débat dans quelles circonstances elle aurait été indemnisée ou tout au moins, pourquoi tout le monde sauf elle, l’a été. Doit-on retourner à l’enquête parlementaire pour tenter d’élucider ce gros scandale qui survivra peut-être au régime de  Yaoundé ?

Rodrigue N. TONGUE

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