03/07/2012 03:54:59
Difficile de chasser Gbagbo des esprits
Le difficile exercice du pouvoir actuel de chasser gbagbo de l’esprit des ivoiriens et des africains
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Le difficile exercice du pouvoir actuel de chasser gbagbo de l’esprit des ivoiriens et des africains

Le vendredi 29 Juin 2012, la remise officielle des clés par la SICOGI, aux propriétaires des nouvelles maisons de l’opération CONCORDE à Abobo PK18, s’est déroulée en présence des autorités gouvernementales, municipales, des élus, des travailleurs de cette entreprise, des bailleurs de fonds étrangers et nationaux, etc. Ce fut l’occasion pour les invités de visiter ces maisons et de se rendre compte de certaines réalités de cette commune.

Cette commune a été à cette cérémonie appelée Abobo martyr par le représentant du Président du Conseil Economique et Social, l’influent membre du RHDP Monsieur Kakou Guikahué. Il serait alors judicieux de connaître pour quelle cause sont morts ces martyrs d’Abobo dont parle Monsieur Guikahué.

Ibrahim Coulibally IBIl faut rappeler que, dès le début de la guerre post-électorale, Abobo a été très tôt la proie des assaillants rebelles dirigés par le tristement célèbre criminel IB (Photo), assassiné, au lendemain du renversement du régime de Gbagbo, par la coalition rebelles-Onuci-Licorne. Il a alors été donné de voir des colonnes de déplacés portant des baluchons sur leurs têtes et tenant des enfants à bout de bras, quitter, parfois au péril de leur vie, cette commune. Beaucoup d’ivoiriens et surtout des ressortissants de l’Ouest et du Centre-Ouest y ont été assassinés par les rebelles. Les témoignages abondent.

S’agit-il alors de ces martyrs de la République défendue par Gbagbo, dont ceux du village d’Anonkoi-kouté de la commune d’Abobo, tués froidement, dans leur sommeil par les hommes du commando dit invisible, pour lequel un Ministre de l’actuel gouvernement félicitait publiquement Soro Guillaume, le chef annoncé de la rébellion? De quels morts voulait donc parler Guikahuié devant ces hôtes de la SICOGI, dirigé par un Directeur Général (D.G.), bénéficiaire du rattrapage ethnique de Ouattara?

C’est donc à juste titre qu’il n’a pas été donné de voir à cette manifestation, une quelconque cérémonie de libation et même des représentants des chefs traditionnels propriétaires terriens, qui ne passent pas inaperçus à de telles occasions car toujours somptueusement drapés de leur habillement spécifique.

De plus, à cette cérémonie, le Directeur Général de cette entreprise, s’est plu à présenter ou à citer les anciens DG de cette société. Mais surprise! Il n’a point mentionné le nom de Monsieur Libi Koïta, son prédécesseur sous Gbagbo ; celui -là même qui a mis en chantier cette première tranche de logements. Pourquoi tant de méchancetés et d’ingratitudes? Pourquoi vouloir forcément ignorer ces hommes qui, sous le Président Gbagbo, ont permis à ce pays malgré la guerre, la rébellion de Ouattara et Soro soutenue par la France, de réaliser des infrastructures indispensables au développement?

Pourquoi chercher à ignorer à tout prix le régime précédent? L’administration n’est-elle pas une continuité?

Il appartient seulement aux nouveaux gouvernants d’apporter humblement leur pierre à l’édifice Côte d’ivoire. C’est là, le vrai challenge à relever et non chercher malhonnêtement à ignorer les bienfaits de l’ère Gbagbo, une décennie de l’affirmation de la dignité de l’ivoirien et de l’africain. Ce serait impossible, intellectuellement malhonnête, car Gbagbo demeure et demeurera dans l’esprit et le cœur des ivoiriens et des africains, quoique fera ce nouveau régime imposé aux ivoiriens dans le sang par la Communauté Internationale. Ce n’est pas le fait d’emprisonner des hauts dignitaires et des militants de l’ancien régime, de semer la terreur, de détruire ses réalisations, ses œuvres d’arts de l’aéroport, devant la cathédrale d’Abidjan ou bien d’autres réalisations qui donnera une bonne image de ce pouvoir dictatorial et sanguinaire et surtout auteur de cette insécurité jamais vécue en Côte d’Ivoire.

Un autre élément est aujourd’hui très frappant dans la commune d’Abobo; il s’agit des nombreux soldats FRCI, sinon plus précisément, des rebelles et miliciens de Ouattara présents aux abords des routes dans des tenues toujours bigarrées, délavées, volées à tous les corps des ex-FDS. Ces hommes se font passer pour les nouveaux policiers et gendarmes de la République balafrée de Ouattara; c’est là encore une autre façon de porter atteinte à l’honorabilité des forces de défense et de sécurité. A la vérité, ces rebelles constituent les supplétifs de la milice du pouvoir actuel et se maintiennent dans cette commune par peur car se sachant minoritaires dans ce pays.

Devant l’incapacité par ces hors la loi d’assurer la sécurité, les personnalités continuent, aujourd’hui encore, plus d’un an après le coup d’état de la coalition Sarkozy-ONU-Obama contre le Président Gbagbo, de se faire garder par les soldats de l’ONUCI; ces derniers ont certainement vu à l’œuvre leurs «collègues» d’Abobo.

Abobo n’est aujourd’hui que l’ombre d’elle-même, défigurée par la présence à chaque kilomètre de ces militaires FRCI aux abords des routes, évidemment pour terroriser et racketter les habitants de cette commune.
Chers gouvernants actuels, bénéficiaires du dosage hétéroclite du rattrapage ethnique du RDR et autres haineux du RHDP, sachez que, aussi longtemps que dure la nuit, le jour viendra sûrement et votre méchanceté inqualifiable vous retournera sur la tête. Que ceux qui ont des oreilles, entendent bien et sachent que le difficile exercice de faire oublier Gbagbo dans l’esprit des ivoiriens, des africains et des démocrates du monde est déjà voué à un échec cuisant.

NANWOULET G. Simone

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