04/07/2012 04:25:42
Cameroun. Revendications: Colère contre les Chinois à Lom Pangar
Les 218 ouvriers de la China water Electric corp (Cwe) sont en grève depuis le 25 juin 2012. Ils réclament entre autres l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail alors que la pose de la première pierre par le chef de l’Etat est annoncée.
Le Messager
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Lom Pangar

Les 218 ouvriers de la China water Electric corp (Cwe) sont en grève depuis le 25 juin 2012. Ils réclament entre autres l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail alors que la pose de la première pierre par le chef de l’Etat est annoncée.

Lundi 02 juillet 2012, Grégoire Owona, le ministre du Travail et de la sécurité sociale, (Mintss), Basile Atangana Kouna, de l’Energie et de l’eau, Samuel Ivaha Diboua, le gouverneur de la région de l’Est, et Théodore Nsangou, le directeur général de Electricity development corporation (Edc) sont descendus illico presto « sur hautes instructions du président de la République » sur le site de construction du barrage hydroélectrique de Lom Pangar. Il s’agissait de rencontrer les ouvriers de la China water electric corp (Cwe) en arrêt de travail depuis le 25 juin 2012 afin de trouver un terrain d’entente avec leurs employeurs dont ils se plaignent. Ces ouvriers exigent, avant l’arrivée du chef de l’Etat prévue dans quelques jours, «l’établissement des contrats de travail, le respect de la grille des salaires de la Convention collective des bâtiments et travaux publics, le paiement par bulletin de solde, l’existence d’une classification professionnelle, le paiement des heures supplémentaires et des indemnités de mission et de transport, l’immatriculation à la Cnps et la prise en charge des malades».

Dans la foulée, ils dénoncent « les logements mal construits (sol non lissé, ouvertures laissant passer froid et moustiques) et non sécurisés (absence de cadenas aux portes, lumière jusqu’à 22 heures et cohabitation avec des serpents) ».

Les salaires constituent l’autre motif de leur courroux avec une ration alimentaire dont le coût élevé influe gravement sur les salaires. On parle même «d’esclavage car  sur un salaire mensuel de 45.000 F Cfa, la ration alimentaire coûte 36.000 F Cfa. Ce qui nous fait un salaire réel de 9.000 FCfa. »

Ils poursuivent avec « l’inexistence d’une couverture sanitaire (absence de médecin et d’une pharmacie) et fourniture irrégulière et de mauvaise qualité de l’eau (eau trouble et jaunâtre) ». Enfin, ces ouvriers parlent «d’absence de récipients pour recueillir cette eau qu’ils boivent généralement dans un seul gobelet pour tous tandis que nos patrons se désaltèrent à l’eau minérale».

Cet ensemble de récriminations a courroucé le Mintss qui a exigé de Ding Wang Long, le directeur général de la Cwe, «le respect scrupuleux de la réglementation en vigueur au Cameroun et des résolutions que nous allons adopter au terme de cette séance de travail et dont les plus importantes sont la conformité des salaires avec la Convention collective des bâtiments et des travaux publics, et le paiement des heures supplémentaires effectif et automatique ». Pour une meilleure qualité de l’eau potable et son approvisionnement sans rupture, Edc avait demandé à la Cwe de réaliser des forages avant fin juin 2012. Un objectif non encore atteint à ce jour. Par ailleurs, instruction a été donnée aux Chinois de se conformer à l’arrêté n° 018/METPS/SG/CJ du 26 mai 1993 fixant les conditions de logements fournis aux travailleurs.

Ange-Gabriel Olinga B. (Cp), de retour de Lom Pangar

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