05/07/2012 01:09:01
Contribution aux luttes africaines contre les mauvais dirigeants
Contribution aux luttes africaines contre les mauvais dirigeants et pour les changements et la libération totale de l’Afrique.
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Léon Tuam

Contribution aux luttes africaines contre les mauvais dirigeants et pour les changements et la libération totale de l’Afrique.
 
Nombreux sont les Africains vivant en Afrique et à l’extérieur qui face aux incompétences, aux négligences, à la mauvaise gestion des affaires de l’Etat et du fiasco sur tous les plans, n’essaient pas de s’enkyster dans l’inaction sans se sentir en partie  coupables du recul et du pourrissement de leurs sociétés. Et des sentiers et rues des villages et villes africains ou de l’occident ils sont debout en différentes manières pour dire Non à l’ordre chaotique en cours sur leur continent.

Qui est mauvais dirigeant africain et qui ne l’est pas ? Il ne s’agit pas ici de pointer du doigt et à tâtons ceux du Nigéria, de Tunisie ou du Cameroun, etc. Il s’agit ici de laisser à chacun le soin de les découvrir.
Laissons d’abord tomber un faisceau de lumière sur l’expression « mauvais dirigeant » car une fausse identification peut conduire à des actes et dérives aux conséquences désastreuses pour l’Afrique. Cela s’est produit à maintes reprises et il faudra désormais éviter de replonger dans les mêmes erreurs.
Les patriotes africains doivent impérieusement comprendre que les dirigeants occidentaux et leurs médias se sont disqualifiés irrémédiablement et ne sont plus ceux-là qui peuvent leur dire lesquels de leurs dirigeants sont mauvais et lesquels ne le sont pas. 

Les patriotes africains engagés dans les luttes pour le changement et la libération du continent doivent, sans se laisser traverser par aucun sentiment d’infériorité, comprendre que les pays africains sont en arrière à cause du manque çà et là de la volonté politique et que le grand retard accusé peut être rattrapé en un laps de temps.
Ils doivent garder à l’esprit que l’Afrique jusqu’ici représente la vache de l’occident et que tout dirigeant africain qui tient solidement en main un énorme récipient pour recueillir du lait destiné à son peuple ne sera jamais un bon dirigeant aux yeux des dirigeants, des milieux d’affaires, et des médias de l’occident. Il sera sankarisé, mougabérisé ou kadhafisé. Des exemples passés et présents abondent et l’attestent qu’il est inutile d’énumérer. 


Le mauvais dirigeant africain. Quand les Africains comprendront qui l’est et qui ne l’est pas, la voie du véritable changement qui débouche sur la libération africaine deviendra plus courte, plus facile de parcourir et de faire de grands pas dans tous les domaines ; puisqu’une telle reconnaissance généralisée apporte à un tel dirigeant plus de soutien, plus de confiance et assez de sécurité et barre la voie aux forces réactionnaires.  

Le mauvais dirigeant africain est celui-là qui se montre incapable d’amener son peuple à produire tous les aliments et les biens de consommation possibles dont il a besoin sur son sol, et choisit d’engloutir ou de faire engloutir l’argent du pays dans les importations.

Le mauvais dirigeants africain est celui-là qui choisit ou continue de faire rouler l’économie de son pays sur l’utilisation d’une monnaie qui n’est pas sienne.

Le mauvais dirigeant africain est celui-là qui reste hostile à l’idée de fédéralisation des Etats africains globalement ou d’abord de façon progressive en commençant par les niveaux sous-régionaux. 

Le mauvais dirigeant africain est celui-là qui affiche un désintérêt à doter son pays d’écoles, des infrastructures et des moyens pour des recherches nécessaires.

Le mauvais dirigeant africain est celui-là qui laisse le soin aux étrangers d’exploiter anarchiquement et de façon destructive les terres et matières premières sans penser à ce que le pays deviendra dans vingt , quarante, cinquante ou cent ans, et se partage les retombées financières avec eux et des amis.

Le mauvais dirigeant africain est celui-là qui par des mesures ouvertes ou secrètes devient un obstacle à l’épanouissement des cerveaux et leur ouvre les portes de la misère ou de l’exil, ou empêche et bloque les initiatives privées locales des hommes d’affaires et des entrepreneurs.

Le mauvais dirigeant africain est celui-là qui laisse de côté les mêmes biens qui sont produits en Afrique et va les chercher en Europe, en Asie ou en Amérique.

Le mauvais dirigeant africain est celui-là qui refuse de moderniser les armées nationales et n’encourage pas la production par le pays de la plupart des armes, de l’équipement militaire et du matériel de défense. C’est celui-là qui laisse les ennemis de l’Afrique utiliser son espace terrestre, maritime ou aérien pour nuire à un autre pays africain, ou celui-là encore qui soutient des forces nuisibles africaines contre un autre dirigeant africain. 

Le mauvais dirigeant africain est celui-là qui sans encourager la promotion d’une ou deux langues nationales pour en faire des langues de communication du pays (sans sûrement laisser tomber les langues internationales) choisit sa ou ses tribu(s) et s’y accroche pour en faire ses chevaux de bataille, laissant se développer et fleurir la corruption, les haines tribales et le favoritisme.

Le mauvais dirigeant africain est, enfin, celui-là qui, apprenant qu’un ou qu’une ressortissant(e) de son pays a été injustement détenu(e) ou traité(e) à Paris, à Londres, à Washington… ou a été à tort ou à raison violenté(e), ligoté(e) et mis(e) dans un vol, ne s’en indigne pas publiquement et demande des comptes aux autorités desdits pays.

C’est sur une telle base que les patriotes africains doivent déterminer qui est un mauvais dirigeant et qui est bon ou s’efforce a l’être. Et sur cette base, il appert que l’Afrique des patriotes africains demeure un grand chantier. L’honnêteté nous oblige a avouer que du cote même des Africains luttant pour le changement, la libération et les indépendances politique et économique, il y a bien des choses a leur reprocher.

Les luttes contre les mauvais dirigeants africains ne se montreront plus efficaces que si les patriotes africains s’aperçoivent des bénéfices d’une approche panafricaniste ou afrocentriste de leurs luttes et tissent des toiles complexes et fortes de solidarité et d’échanges constants. 

Certains Africains sans être patriotes luttent contre leurs mauvais dirigeants non pas pour changer ce qui caractérise ces dirigeants africains, mais simplement pour le changement d’individus avec l’espoir d’obtenir eux-mêmes des postes juteux. Ce sont des combattants qui, si souvent ne vont pas tres loin parce qu’ils sont  vite attirés et captés par ces dirigeants, ou parce qu’ils succombent très vite au découragement quand perdure la lutte.

Au fur et à mesure que le changement conduisant à la libération tarde à venir et que la lutte sur des années, voire des décennies s’allonge, d’autres Africains en lutte s’y accrochent, s’y oublient, s’y écorchent. La lutte devient leur vie et leur vie devient la lutte. Ils mettent toutes leurs forces et vertus dans la lutte. Ils mettent aussi toutes leurs faiblesses et tares dans la lutte. Ils n’ont pas songé de se faire des tabourets desquels ils pourront mieux déguster le soleil naissant. Ils luttent, ils s’y oublient au point de ne se retrouver nulle part quand la nuit qu’ils combattent se dégage et cède place au jour, ou bien trouvent qu’il fait toujours nuit sous le grand jour.

Avant ou au cours de la lutte pour le changement dans leurs pays, les patriotes africains ont grand intérêt à se secouer fortement non seulement pour faire tomber les grains nocifs qui se cachent en eux et pour se purifier, mais aussi afin de rester  debout et forts moralement, intellectuellement, spirituellement et matériellement dans une certaine mesure, et prêts pour les défis du futur. Sinon, des frustrations personnelles pourraient sérieusement faire entorse au changement en cours ; ou bien le pouvoir pourrait tout simplement quitter les mains des fossoyeurs des peuples pour retomber tel un cadeau dans les mêmes mains.

Léon Tuam,
Ecrivain, activiste des droits humains et enseignant.
Boston, le 4 juillet. 2012.

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