05/07/2012 15:05:24
Visé par la CPI, Guillaume Soro menace la France et l'ONU
Si on m’attaque, je mouille tout le monde. Telle est visiblement la ligne de défense que Guillaume Soro a choisi d’adopter face aux menaces de transfèrement à la Cour pénale internationale qui planent au-dessus de sa tête. Cette ligne de défense s’est très clairement exprimée lors d’un entretien diffusé hier par France 24...
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CPI - Guillaume Soro répond aux questions de France 24 - 4 juillet 2012
Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale ivoirienne en visite en France. Interviewé par FRANCE 24 le 4 juillet 2012

Si on m’attaque, je mouille tout le monde. Telle est visiblement la ligne de défense que Guillaume Soro a choisi d’adopter face aux menaces de transfèrement à la Cour pénale internationale qui planent au-dessus de sa tête. Cette ligne de défense s’est très clairement exprimée lors d’un entretien diffusé hier par France 24, au milieu de propos propagandistes sans aucune prise avec la réalité ivoirienne d’aujourd’hui.

Face à un journaliste qui notait son double parcours «de seigneur de guerre et d’homme politique», qui pourrait avoir d’autres ambitions «à moins que la justice internationale le rattrape»,et qui évoquait «des soupçons qu’on peut qualifier de commanditaire de crimes de guerre», Guillaume Soro a très clairement mis en lumière la sorte de «joint-venture» guerrière que le duo qu’il formait avec Alassane Ouattara avait noué avec les forces françaises et onusiennes. «J’ai dirigé en tant que Premier ministre, ministre de la Défense, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire qui ont agi de concert avec la communauté internationale, je dis bien la communauté internationale en légitime défense…» S’il a commis des crimes, c’est que ces crimes ont été commis de concert avec la communauté internationale, laisse entendre supposer l’ancien secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire… Rappelons que le même argumentaire avait été utilisé pour réagir à la plainte déposée par Maître Habiba Touré en France pour le compte de Michel Gbagbo : «Attaquer Guillaume KigbaforiSoro et les officiers supérieurs des FRCI en tant qu'individus, est une hérésie.

Michel Gbagbo et tous les membres du clan Gbagbo (…) ont été arrêtés en exécution d'un ordre présidentiel. C'est cet ordre présidentiel ferme qui leur a permis de ressortir vivant du bunker, bien qu'ils aient occasionné des milliers de morts. Si Habiba Touré et Alain Toussaint veulent s'offrir un quart d'heure de célébrité au détriment de Michel Gbagbo, je leur conseille d'attaquer en justice l'Etat ivoirien, le Conseil de Sécurite de l'Onu qui a ordonné les frappes contre les armes lourdes de Gbagbo, l'Etat français qui a agi en tant que force d'appui à l'Onuci, la CEDEAO qui a ordonné la neutralisation des forces  pro Gbagbo ainsi que l'Union africaine qui a saisi le Conseil de Sécurité de l'Onu aux fins d'intervenir militairement en Côte d'Ivoire.»

Soro met également le doigt sur les contradictions et les compromissions de la fameuse communauté internationale, qui lui a déroulé le tapis rouge avant d’être tentée de l’utiliser comme mouton de sacrifice. «Je suis surpris qu’on dise qu’il y ait des soupçons. (…) . La Cour pénale internationale ne s’hasarderait pas à inviter une personnalité à sa tribune à New York, officiellement, s’il y avait le moindre début de soupçon sur cette personnalité», a-t il argué. Dira-t-il demain que s’il a été reçu par le quatrième personnage de l’Etat français, cela signifie qu’il est au-dessus de tout soupçon? L’on voit bien pourquoi Soro recherche et instrumentalise les rencontres au sommet, pour se protéger d’une sorte de manteau de respectabilité… et d’impunité.

Benjamin Silué

Benjamin Silué

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