10/07/2012 12:51:08
Port en eau profonde de Kribi. La digue de protection engloutie par la mer !
L’ouvrage a cédé sous la poussée de l’océan Atlantique. Etudes géotechniques mal réalisées ou colère des esprits mécontents ?
Le Messager
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Etudes géotechniques mal réalisées ou colère des esprits mécontents ?

L’ouvrage n’a pas résisté à la fureur des eaux qu’elle était censée contenir. Ce qui pose le problème de la qualité des travaux…

Cinq jours déjà que la digue de protection du port en eau profonde de Kribi  est  noyée dans  les eaux de l'océan Atlantique. Il y a deux semaines qu'elle avait été fracturée en trois avant d'être frappée une nouvelle fois et d’être engloutie par la mer. Cette digue de protection a pour rôle de reconstituer un plan d'eau stable sur lequel les navires peuvent être immobilisés et permet entre autres que les travaux puissent être conduits en éliminant la houle. Selon des spécialistes, la digue de protection  constitue l'un des équipements clés et fait partie des ouvrages lourds de la construction du port en eau profonde de Kribi. Pour quelques observateurs avisés, l’incident aura un impact sur les délais de livraison prévue en juin 2014 comme initialement prévue par l'entreprise China harbour engeenering company,  la digue de protection étant un maillon essentiel pour l'accessibilité des bateaux dans ce port en profonde.

Cet incident ne pouvait plus mal tomber en cette saison de pluies. Les mois d’août et septembre étant les plus pluvieux, d’aucuns tablent déjà sur une prorogation  des délais de livraison du complexe industrialo-portuaire de Kribi sur lequel le régime fonde beaucoup d’espoir dans le cadre de ses « grandes réalisations ». D’autant que depuis cet incident, aucune équipe compétente des pouvoirs publics, notamment des Travaux publics n’est descendu sur les lieux ne serait-ce que constater de visu les dégâts, évaluer l'avancement des travaux et des problèmes rencontrés dans l'exécution de ce projet. Incompétence ou laxisme ?

Esprits mécontents

Les quatrièmes journées africaines de la géotechnique qui se sont déroulées à Kribi  du 25 au 28 juin  dernier ont d’ailleurs fait le constat selon lequel les ingénieurs camerounais en particulier (africains en général) n’étaient pas toujours arrimés aux normes internationales et beaucoup gagneraient après leurs formations à suivre une formation digne des ingénieurs. Au  Cameroun, il n’existe pas selon les résolutions des travaux de Kribi, une véritable école de formation digne ce nom. Ceci explique-t-il cela ? En tous les cas, le constat des quatrièmes journées africaines de la géotechnique peut s’illustrer parfaitement dans ce qui est arrivé à Kribi.

Pour de nombreux habitants pourtant, la rupture de la digue de protection n’a rien à voir avec la science ou la technique : elle serait l'œuvre des esprits des ancêtres mécontents de la façon dont les choses se déroulent. Jusqu’à ce jour, les personnes déguerpies ne sont toujours pas en possession de leurs indemnisations. Les esprits cartésiens se refusent à envisager cette hypothèse et planchent plutôt pour des études géotechniques mal éffectuées.                 

Alex  NGINKAL

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