13/07/2012 02:02:11
Res-Republica !
La chose du peuple! La chose de mon peuple, la chose de la Côte-d’Ivoire, mon pays bien aimé!
Pourquoi m’est-il si difficile de te reconnaître maintenant?
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Milice Dozo, Côte d'Ivoire

La chose du peuple! La chose de mon peuple, la chose de la Côte-d’Ivoire, mon pays bien aimé!
Pourquoi m’est-il si difficile de te reconnaître maintenant?

Je chemine à travers campements, villes et villages de mon pays et partout, je  rencontre, en bandes serrées et la mine patibulaire, des hommes en armes, ceints de cauris, d’amulettes, de miroirs et avec, accrochés à leurs poignets, des « bissa » ou queues d’animaux, des machettes et des coutelas.

Ils portent des habits en peau d’hyène, ont, en bandoulière, des mousquets arabes et aux pieds, des espèces de chaussures traditionnelles faites également de peaux d’animaux.

D’où viennent-ils et pourquoi sont-ils si nombreux, avec leur aspect de chasseurs traditionnels, leur langage si difficilement intelligible et leurs fusils qui crachent du feu, pour un oui ou pour un non, contre quiconque est différent de leurs maîtres et donc d’eux?

Où êtes-vous, habituelles forces de défense, de sécurité et de l’ordre de ma république, que je ne vois nulle part: gendarmes, policiers, militaires, dont le comportement –il est vrai- révoltait le peuple; vous qui, malgré votre exaspérant trop grand penchant au racket, êtes, pourtant, paradoxalement, plus réconfortants, pour la sécurité de chacun de nous, que ces envahisseurs semblant tout droit descendus d’une planète lointaine?

Res-Republica !

La chose du peuple!

La chose de mon peuple, la chose de la Côte-d’Ivoire, mon pays bien aimé!
Pour quoi dois-je cligner des yeux plusieurs fois de suite, tel un incrédule qui a peine à croire en la réalité de ce qu’il voit?

Je parcours les bureaux, les entreprises, les champs ou tout autre lieu d’embauche, à travers mon pays, mais je n’y vois que des hommes et des femmes, majoritairement robotisés et ayant les mêmes caractéristiques: ils ont presque tous, des noms à consonance nordique, quelques rares fois, on trouve parmi eux, des originaires du centre, et à un degré moindre, quelques rescapés des autres ethnies!

Et ils ont tous la même obligation: se convaincre,  en toutes occasions, que leur tour est venu d’être servis, d’être au pouvoir, de gérer le pouvoir et de se servir, enfin! Ils doivent se persuader-les uns et les autres- qu’ils ont trop longtemps été les oubliés des hommes politiques des autres ethnies de ce pays ; mais, ils ont surtout intérêt à se rappeler que ce qu’ils sont maintenant, les postes qu’ils occupent, la chance d’être encore en vie qui leur est laissée, ils le doivent à une seule personne, qui est leur bienfaiteur, et qui est venue pour rétablir leur justice dans ce pays!

Et, le nom de ce réparateur de torts pour nordiques et leurs suiveurs, doit être repris, tel un leitmotiv, par tous ces gens qui se disaient opprimés et qui peuvent, maintenant, se montrer en public grâce à lui, l’homme qui a solution à tout, pour tout  et pour tous ses partisans! Alassane OUATTARA!

Où êtes-vous passées braves populations du SUD, de l’EST et de l’OUEST, vous qui, avant la prise du pouvoir par ce sauveur, fourmilliez dans tous les secteurs d’activités du pays et qui formiez, avec vos frères du NORD et du CENTRE, la si enviée mosaïque humaine de mon pays?

Où êtes-vous, frères de mon pays, aussi divers et différents que les régions qui le composent ; vous qui, naguère, bras dessus, bras dessous, mangiez ensemble, buviez ensemble, riiez ensemble, vous fâchiez les uns avec les autres mais, toujours, viviez ensemble et travailliez ensemble?

Res-Republica !

La chose du peuple!

Guillaume Kigbafory SoroLa chose de mon peuple, la chose de la Côte-d’Ivoire, mon pays bien aimé!

Je jette un regard anxieux dans toutes les instances de direction des institutions républicaines de mon pays  et je ne vois plus les ruches que formaient les divers animateurs de la politique nationale; et j’ai beau me frotter les yeux, comme pour sortir d’un mauvais rêve, elle est plus que jamais présente, la fracture sociale: d’un côté, le PDCI de Bédié, le MFA de ANAKI KOBENA, l’UDPCI de MABRI TOIKEUSSE, qui, arrimés aux Forces Nouvelles et au RDR de Guillaume SORO et de Alassane Ouattara,  gèrent seuls le pays. Et, tous ensemble, réunis au sein du RHDP, s’exercent, sur les populations n’appartenant pas à leur cercle, à un mortel jeu de chasse à courre!

De l’autre côté, réduits à jouer un rôle de figurants, confinés dans un jeu de fantômes politiques, le FPI, parti de Laurent GBAGBO et ses alliés,  occupés à chercher les moyens de leur survie devenue chaque jour plus hypothétique, ces mouvements politiques dont les cadres, ne se résolvant pas à courber l’échine pour recevoir l’aumône qu’à cette seule condition, leur consentira le pouvoir, sont, presque tous, soit en exil soit en prison; des hommes dont les avoirs de presque tous, amassés à la sueur de leur front, ont été gelés par le pouvoir pour les empêcher de vivre et de survivre aux traitements inhumains réservés à leur chef captif et déporté à La Haye!
Je regarde cette société nouvelle qui sort des canaux habituels du «vivre ensemble» et je m’interroge:
Est-ce là la Côte-d’Ivoire que nous voulions construire avec tous les Ivoiriens? Est-ce là la Côte-d’Ivoire dont rêvait Gbagbo et qu’il avait commencé à ébaucher avec l’aide de tous les bras valides de la nation, sans exclusive?

Est-ce là la Côte-d’Ivoire pour la paix de laquelle Gbagbo avait jugé indispensable de sortir de leurs exils, Alassane Ouattara, président du RDR et Henri KONAN BEDIE, président du PDCI qui y vivaient reclus, sans espoir de retour?

Des hommes, foncièrement méchants dans leur opposition à sa politique, auxquels il a pourtant décidé de restituer la dignité et la respectabilité que leurs propres actes, comme dirigeants du pays, avaient conduit le peuple à leur retirer?

Des opposants qui ont pu bénéficier -bien que forclos à l’élection présidentielle de 2010, du fait de son âge, en ce qui concerne  Bédié, et, pour Ouattara, à cause de sa propre indécision sur sa nationalité- une fois de plus, de la magnanimité d’un Gbagbo, grand seigneur, qui leur a permis de présenter leurs candidatures à la magistrature suprême de Côte-d’Ivoire contre lui?

Est-ce là la Côte-d’Ivoire pour l’avancement démocratique de laquelle Gbagbo a décidé de financer tous les partis représentatifs et d’associer, dans les différents gouvernements de son mandat présidentiel, tous ses opposants bien qu’il ait su que c’étaient eux qui manigançaient pour déstabiliser son pouvoir?

Est-ce là la Côte-d’Ivoire pour la liberté des fils de laquelle, Gbagbo est allé jusqu’à dépénaliser les délits de presse pour que plus aucun journaliste ne soit emprisonné pour ses écrits, alors que les journaux de l’opposition à son régime, voulant le prendre à défaut sur sa prétention démocratique, publiaient, chaque jour, sur lui, sa famille et tous les siens, des articles orduriers, attentatoires à la respectabilité de sa fonction de président de la république et à sa dignité d’homme tout court?

Res-Republica !

La chose du peuple!

Milice Dozo, Côte d'IvoireLa chose de mon peuple, la chose de la Côte-d’Ivoire, mon pays bien aimé!

J’ai de la peine à croire que tu sois devenue ce pays où, chaque jour qui se lève, nous apporte son lot de morts dans les rangs de l’opposition au RHDP, sa liste de journaux pro-Gbagbo suspendus et d’exactions commises par les tristement célèbres Forces Républicaines de Côte-d’Ivoire!

J’ai peine à voir comment les dirigeants actuels tentent d’effacer de nos mémoires, les couleurs (orange-blanc-vert) du drapeau de mon pays: la RTI1 est maintenant aux seules couleurs du RDR (orange-blanc), le parti de Alassane Ouattara et la RTI 2 porte celles (vert-blanc) du PDCI de Konan Bédié! Les deux plus grands partis du RHDP!

Res-Republica !

La chose du peuple!

La chose de mon peuple, la chose de la Côte-d’Ivoire, mon pays bien aimé!

Est-ce bien toi, patrie mienne qui, à l’Ouest, vois débarquer quotidiennement du Nord de notre pays, des hordes de conquistadors, envahisseurs sanguinaires et ingrats des terres ancestrales de mes frères Guéré, Oubi, Yacouba et Wobè?

Est-ce bien toi qui comptes, à en perdre le souffle, les corps de tes enfants de l’Ouest massacrés pour la richesse de leur patrimoine?   

Est- ce-bien toi, ma Côte-d’Ivoire bien aimée, qui souffres le martyre à cause de ton hospitalité, et de ton adhésion aux idéaux de paix, de liberté, d’humanisme de Gbagbo, le leader qu’entre tous, tu as décidé de suivre?

Res-Republica !

La chose de la Côte-d’Ivoire, mon pays bien aimé !

Le jour n’est plus loin où ton calvaire va prendre fin, car des quatre points cardinaux de ta patrie en danger, montent les soupirs d’une population qui ne te reconnaît plus et qui s’attelle à faire de son vécu actuel, un passé à oublier à jamais, pour revenir à la fraternité d’antan; celle que nous vivions tous avant que ces despotes, sortis des viscères de Lucifer, ne prennent les rênes du pays!

Elles sont également de plus en plus audibles et encourageantes, les complaintes des Ivoiriens du Nord principalement, au nom desquels Ouattara a prétendu avoir pris le pouvoir; et ils sont de plus en plus nombreux, ces musulmans et ces «Dioula», qui ne se reconnaissent pas dans la dictature de celui qui nous dirige et ne veulent pas continuer, par leur mutisme, à paraître comme une caution de leur région et de ses cadres  aux dérives totalitaires du plus grand commun diviseur que la Côte-d’Ivoire ait connu!   

Res-Republica !

Tu seras donc rétablie par la volonté pacifique mais résolue de tes fils du Nord qui, eux aussi, ayant vu les souffrances que les hommes au pouvoir  infligent au reste de la population, par la malheureuse politique de rattrapage ethnique de Ouattara, réfléchiront par deux et même trois fois avant de se laisser séduire, de nouveau, par les sirènes d’un homme politique qui privilégie la religion et l’ethnie et la région plutôt qu’un programme de gouvernement capable de conduire notre pays sur les voies du développement!

RES-PUBLICA !

Ta vie, mon peuple, a été un calvaire, quelques fois, par ta propre faute, mais, ayant touché le fond de la méchanceté humaine, ayant vu ce que ton pays est sur le point de devenir et ayant compris que le dessein de nos dirigeants actuels est de nous opposer les uns aux autres, tu te relèveras et tu reprendras courageusement  les commandes de ton pays pour les remettre à celui qui a les moyens et la volonté de te faire sortir de ta misère; alors, elle sera de nouveau à toi ; et elle redeviendra, dans tes mains, la chose qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une REPUBLIQUE!

Res-Republica !
La propriété du peuple!
La propriété de mon peuple, la propriété de la Côte-d’Ivoire, mon pays bien aimé! 
Res-Republica !
Toi, la propriété inaliénable de mon peuple!

Ce jeudi, 12 juillet 2012,        
RATGO Emilio, (Espagne)

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