17/07/2012 02:35:10
Usurpation de titres. Ils arnaquent au nom d'Olanguéna, Mebara, Abah Abah...
En se faisant passer pour ces célèbres prisonniers, des détenus de la prison centrale de Kondengui réussissent à allécher de jeunes filles qui vivent à l’extérieur de la prison. Les victimes casquent dans l’espoir qu’elles rouleront dans l’or une fois qu’ils seront libérés.
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Prison centrale de Kondengui

Usurpation de titres. Ils arnaquent au nom d’Olanguéna, Mebara, Abah Abah...

En se faisant passer pour ces célèbres prisonniers, des détenus de la prison centrale de Kondengui réussissent à allécher de jeunes filles qui vivent à l’extérieur de la prison. Les victimes casquent dans l’espoir qu’elles rouleront dans l’or une fois qu’ils seront libérés. 

« Il s’agit pour nous de contacter de jeunes filles externes à la prison et les arnaquer de la manière la plus douce qui soit », précise un détenu. Le procédé est simple : lorsqu’ils sont en possession d’un téléphone portable qui leur a été apporté par un membre de leur famille ou un ami par l’entremise d’un gardien de prison, ils composent à tout hasard des numéros de téléphone.

« Lorsque c’est un homme qui décroche, on s’excuse et raccroche. Mais, lorsque c’est une dame qui répond à nos coups de fil, on met en marche nos batteries de mensonge. On se présente en prenant le soin de donner des noms qui courent les rues. Ensuite, on se met en devoir de les convaincre qu’on se connait, et qu’elles doivent venir nous rendre visite pour discuter d’un sujet important ».

Ou alors, poursuivent-ils, ils se font tout de suite passer pour un prisonnier politique ou un de leurs complices. « Combien de filles de nos jours savent à quoi ressemble un Polycarpe Abah Abah, un Urbain Olanguena ou un Mebara, malgré que leurs photos pullulent les journaux des fois ? Elles sont rares ! Du coup on en profite pour se sucrer nous aussi. Vous êtes sans ignorer le pouvoir de l’argent sur les femmes », expliquent des prisonniers. Ainsi, ils promettent à leurs victimes un mariage pompeux, car précisent-ils, « tout l’argent qu’on a volé est caché à l’extérieur, et nous ne pouvons rentrer en possession de cela, parce que nous sommes détenus ici. Mais à notre sortie, nous vous offrirons tout ce que vous désirez grâce à cet argent ».

Les promesses les plus incroyables se succèdent et la seule condition posée à la future victime pour avoir cette vie de rêve, c’est qu’elle accepte de les aider. Aussi curieux que cela puisse paraître, il y en a qui acceptent et qui se prêtent à cet exercice à cœur joie.

« Elles nous payent alors nos cautions, nous apportent régulièrement à manger, nous lavent nos vêtements… ». Seulement à la sortie, rien de tout ce qui a été promis ne peut être respecté. Ils prennent un autre chemin, et s’assurent de ne jamais retomber sur le chemin de leurs victimes. « Ce sont nos amis qui nous racontent leurs réactions la prochaine fois qu’on se voit. Elles se rendent compte qu’elles ont été trompées et sont déçues. Mais que pouvons-nous bien y faire ? Nous avons aussi besoin de ça pour vivre », précise un détenu récidiviste.

Florette MANEDONG

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