19/07/2012 03:44:46
Ouattara veut il réconcilier les ivoiriens?
(...)Il apparait aujourd’hui clairement à tous que cette réconciliation ne peut se faire sous Ouattara.
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C’est Houphouët dont Alassane Ouattara fut l’unique Premier Ministre qui déclarait: «la paix n’est pas un mot, c’est un comportement». Aujourd’hui, ses principaux disciples sont les membres du RHDP «Rassemblement Hétéroclite des Destructeurs de la Paix» créé par Chirac, pour former un conglomérat politico-rebelle de forces hétéroclites farouchement opposées à Gbagbo.

Voilà des gens, se réclamant d’Houphouët, lequel pour montrer son attachement à la paix a financé et fait créer par l’UNESCO un prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, qui démontrent par leurs agissements une politique de violence qui éloigne de plus en plus la Côte d’Ivoire de la paix. Et pourtant, en apparence leurs paroles et leurs actions propagandistes laissent toujours croire aux communs des mortels qu’ils sont attachés à la paix. Que nenni!

Charles Konan Banny
Charles Konan Banny

C’est ainsi que, pour la forme et non par conviction ni par désir réel de rechercher une véritable réconciliation, Ouattara a mis sur pied la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR). Il apparait aujourd’hui clairement à tous que cette réconciliation ne peut se faire sous Ouattara.

Les actes actuels posés par ce gouvernement montrent, à n’en point douter, que ce régime ne veut et ne peut réconcilier les ivoiriens. Ouattara ne veut pas se réconcilier avec les ivoiriens ni entamer la moindre action de paix entre les ivoiriens, mais plutôt régner par la terreur sur ce pays que lui ont offert, dans le sang, les puissances occidentales impérialistes. En effet, le conflit est né de l’affrontement entre deux camps; l’un conduit par le Président Laurent Gbagbo et l’autre par Alassane Ouattara. Avec qui veut négocier Ouattara, en jetant en prison son principal adversaire et tous les poids lourds de l’opposition, en soumettant à des conditions inhumaines de détention ses opposants dans les goulags du Nord ivoirien, les obligeant à cohabiter dans une atmosphère fétide avec des serpents, des scorpions, des bandits de grand chemin; ces otages politiques sont obligés de se contenter de la «mort subite» comme rythme alimentaire et de repas ne respectant aucune règle d’hygiène. Pour preuve, leur santé est devenue très précaire.

Comment peut-on se réconcilier avec des adverses politiques traités comme des ennemis? Pendant que le pouvoir parle de négociation par la CDVR et le Premier Ministre, Ouattara lui-même prend la tête de la chasse aux exilés, en émettant de nouveaux mandats d’arrêt internationaux, et en marchandant avec ses pairs le retour manu militari des exilés politiques.

De plus, les services de police envahis de rebelles FRCI traitent ses opposants avec beaucoup de mépris et de violence. La presse écrite ne manque d’ailleurs pas de témoigner des pires exactions que subissent les opposants de la part des hommes de Ouattara. Est-ce ainsi qu’il faut manifester le désir de dialoguer et de prôner la réconciliation? Chaque jour, des opposants sont enlevés à leurs familles et jetés en prison dans des lieux tenus secrets où ils subissent les pires atrocités et sont empêchés de recevoir l’aide des leurs et le secours d’un avocat. Ces exactions inhumaines opérées avec la complicité de l’ONUCI conduisent à la mort plusieurs sympathisants de Gbagbo. Quelques-uns s’en sortent avec des marques indélébiles les handicapant à vie. C’est là la cruauté de ce régime sanguinaire et c’est ainsi que ce pouvoir marque son désir de réconciliation par des enlèvements ciblés et par la chasse aux membres de l’opposition.

Le désir de réconciliation de Ouattara se manifeste également dans le rattrapage, une forme de gouvernance et de promotion ethnique. Pire, pour caser les originaires du Nord, le régime chasse des milliers de ressortissants de l’Ouest, du Centre-Ouest, du Sud-Ouest, du Sud et de l’Est, presque tous suspectés d’être des militants du parti de Gbagbo. Voilà un mode de gouvernance original jamais vu en Côte d’Ivoire, en Afrique et rare dans le monde si ce n’est avec l’homme de main des puissances occidentales. La seule référence disponible n’est que le nazisme d’Adolf Hitler duquel ce rattrapage a été inspiré. Et on parle de réconciliation! En plus du rattrapage qui éloigne de plus en plus les ivoiriens de la réconciliation, le pouvoir actuel continue sa guerre contre la Côte d’Ivoire et particulièrement à l’Ouest pour chasser les autochtones Wê, déjà victimes d’un génocide dès la prise du pouvoir par le «candidat de l’Etranger». C’est ainsi que des cars en provenance du Burkina Faso déversent des milliers de Burkinabè dans cette région pour occuper illégalement les plantations, les forêts classées, les forêts sacrées, les forêts encore inexploitées des populations de cette région.

En chassant ces populations, en occupant de force leurs biens, quelle réconciliation leur propose le pouvoir actuel dans cette Côte d’Ivoire où l’insécurité est généralisée, où les armes prennent le dessus sur la loi et où une justice expéditive faite d’assassinats est exercée par des dozos et des miliciens membres des FRCI. Il ne s’agit donc pas de rechercher une quelconque réconciliation mais d’imposer une capitulation de tous les ivoiriens opposés à Ouattara.

En outre, pour montrer son désir de discuter avec le pouvoir en place, le FPI fait des propositions dont ne tiennent nullement compte Ouattara et les faucons de son parti. Il aurait été simple de rechercher des compromis et non chercher toujours à nuire le plus possible aux opposants: blocages des comptes bancaires, dégels de quelques comptes préalablement vidés de leurs avoirs, séquestrations suivies de tortures des opposants, justice aux ordres des bénéficiaires de la guerre de la France, emprisonnements arbitraires des pro-Gbagbo.

Pour montrer qu’il ne veut nullement de la réconciliation, Ouattara n’ose pas recomposer la CEI, une commission actuellement entièrement aux mains du groupement hétéroclite destructeur (RHDP, rebelles). Et pourtant, Gbagbo, pour montrer sa bonne foi, avait permis à ces opposants civils et militaires d’être majoritaires à la CEI. Si Gbagbo a su, par ses actions, œuvrer pour la réconciliation entre les ivoiriens, le régime de Ouattara, au contraire, n’a posé à ce jour aucun acte laissant croire qu’il désire la réconciliation des ivoiriens. On peut même dire que la vision politique du nouveau régime, fondée sur le mensonge, la méchanceté, la torture, les tueries, le bâillonnement de l’opposition, atteste que Ouattara ne veut et ne peut réconcilier les Ivoiriens.

En effet, la réconciliation suppose un dialogue franc et sincère faisant l’étalage de la vérité pour conduire au pardon et à la réconciliation. Or, il se trouve que le pouvoir actuel se nourrit chaque jour de mensonges. Acceptera-t-il que ces mensonges soient dévoilés? Assurément non. Déjà le forum du dialogue initié par Gbagbo en 2001 a été l’occasion pour ses opposants d’alors d’étaler de grossiers mensonges. Pour Ouattara, certaines vérités lui seront sûrement préjudiciables, le mensonge ayant été exploité comme moyen d’accession et de maintien au pouvoir.

Alassane Dramane Ouattara
Alassane Dramane Ouattara

Quelques exemples sont assez édifiants:

- sa nationalité douteuse selon la Cour Suprême Ivoirienne, à ce jour, non levée par cette institution;

- le charnier de la prison civile d’Abidjan constitué par le RDR (le témoignage du conducteur commis à cette œuvre macabre est encore vivace dans l’esprit des ivoiriens);

- l’origine de ses parents pour lesquels il a été donné de voir des passeports de l’époque coloniale encore flambant neufs en ce 21ème siècle;

- ses escadrons de la mort qui ont assassiné des militants du RDR nullement gênants pour Gbagbo pour accuser faussement et ternir l’image de ce dernier ;

- son refus d’assumer le leadership de la rébellion qu’il a financée;

- l’élection de Novembre 2010 qu’il a bel et bien perdue mais dont la victoire lui a été faussement octroyée par ces mandants Sarkozy, Obama et leur instrument l’ONU.

Il faut avoir beaucoup d’humilité pour reconnaitre ses mensonges. A l’analyse, pour ces gouvernants qui continuent d’exploiter le mensonge (encore récemment l’arrestation fictive du porte-parole de Gbagbo), il serait surhumain de se dédire à un forum de vérité. C’est pourquoi, on peut affirmer que sous Ouattara, la CDVR ne pourra enclencher la moindre action de dialogue, de vérité et de réconciliation. En clair, cette commission offerte à Banny, son compagnon de la communauté internationale, n’est qu’un moyen de donner des ressources financières à ses suiveurs et de redorer son image auprès de ses parrains occidentaux.

Aujourd’hui, le camp Ouattara ne veut manifestement pas d’une réconciliation, les hommes choisis par lui pour conduire la CDVR l’attestent. Comment pour réconcilier deux parties, peut-on choisir uniquement les représentants d’un camp? Aussi bien le Président Banny imposé à Gbagbo comme Premier Ministre que les membres, qu’ils soient religieux ou de la société civile, tous ont déjà montré leur aversion contre le Président Gbagbo et leur accointance avec les fossoyeurs de la Côte d’Ivoire.

Réconcilier les ivoiriens suppose aussi sanctionner les coupables de tous bords. Mais Ouattara jusqu’à ce jour n’accepte pas de punir les crimes de ses fidèles. Cette parodie de justice qu’il exploite avec violence et sans retenue, ne peut permettre un début de réconciliation des Ivoiriens. Car à la vérité, les plus grands coupables de crimes depuis 2002 dans ce pays se retrouvent parmi les affidés de Ouattara et même parmi ces suiveurs les plus proches.

L’expérience passée, du forum du dialogue initié par le Président Gbagbo, ne permettra pas au FPI d’accepter une réconciliation de façade. Il faudra crever une fois pour toute l’abcès. Ouattara et son clan savent bien que cette puanteur qui s’en dégagera leur sera totalement défavorable dans les opinions publiques Ivoirienne et Internationale. C’est pourquoi, cette réconciliation n’est pas voulue par le RDR. Sinon, pourquoi le Premier Ministre de Ouattara se donne-t-il, lui aussi cette vision de dialogue et réconciliation avec le FPI?

Maintenant que Banny veut remplir ses fonctions, les soldats de Ouattara continuent de jeter en prison les interlocuteurs pro-Gbagbo de la négociation. Banny fait l’amer constat du sabotage orchestré volontairement par ce dictateur sanguinaire. Devant ces agissements, Banny, au lieu de la dénonciation, pratique la politique de l’autruche en gloussant. Ouattara ne veut pas de la réconciliation des Ivoiriens. Il veut continuer de régner par la terreur. Ces deux personnages, Ouattara et son compère Banny, pour leurs propres intérêts, continuent de faire mourir les ivoiriens par les tueries des dozos et autres miliciens du RDR. Toutes ces atrocités se déroulent aussi au nez et à la barbe des chefs traditionnels et religieux, de la majorité des ONG de défense des droits de l’Homme et de l’ONUCI qui, tétanisés restent muets comme des carpes.

Les raisons de la création de la CDVR sont donc à rechercher ailleurs. La responsabilisation de Banny permet à Ouattara de récompenser celui qui lui a donné le maximum de voix dans les régions de Yamoussoukro et de Sakassou. Dans ces régions où Gbagbo s’était illustré de belle manière en réalisant des actions de développement au bénéfice des populations, la dernière présidentielle a donné l’occasion à celles-ci de montrer leur ingratitude à l’homme de Mama.

Laurent Gbagbo
Laurent Gbagbo

La nomination de Banny à la tête de cette commission a donc pour objectif de le pousser à l’échec afin de briser toute velléité de concurrence en salissant son image d’homme politique et de l’empêcher d’obtenir l’aval du PDCI-RDA pour une probable candidature à l’élection présidentielle de 2015.
Malheureusement, Banny adhère à cette vision malicieuse de Ouattara sans rien y comprendre et ne fait aucun effort de dénonciation des obstacles que Ouattara pose volontairement contre la réconciliation:

- Occupations illicites et expropriations de forêts, de plantations, de domiciles;

- arrestations, tortures et parfois assassinats des opposants;

- rapatriements manu militari des pro-Gbagbo;

- blocages des comptes bancaires;

- insécurité généralisée entretenue par les dozos et (ex)-rebelles FRCI, aujourd’hui milice de Ouattara;

- bâillonnement de l’opposition qui est empêchée d’exercer la moindre action politique pour dénoncer auprès des populations ivoiriennes les plans machiavéliques de Ouattara ;

- aucune action concrète n’est posée pour un début de réconciliation des ivoiriens.

Pour finir, il faut retenir que Ouattara et les faucons de son parti du Rassemblement Des Rattrapés (RDR) ne veulent pas de la réconciliation des Ivoiriens. Ses affidés et lui savent très bien qu’il n’y a ni complot ni coup d’état en préparation mais exploitent des putschs imaginaires pour justifier des arrestations arbitraires, leur incapacité à réconcilier les ivoiriens, à impulser une véritable démocratie et une politique de développement dans ce pays.

La peur, de voir leurs œuvres macabres mises à nu sur la place publique, de dévoiler les fondements de leurs actions politiques fondées sur le mensonge, la diffamation, la violence, le rattrapage ethnique, le non respect de la constitution, la déliquescence de l’Etat…, les entraîne à demeurer dans le mal. Et pourtant, l’échec de ses habitués à la calomnie et au mensonge ne saurait tarder.

C’est pourquoi, sous Ouattara, la réconciliation des ivoiriens ne se fera pas car il faut éviter que le FPI puisse être toujours présent auprès des vaillantes populations ivoiriennes, ses électeurs. C’est pourquoi aussi, il est plus qu’urgent pour les chefs traditionnels et religieux, les responsables de la société civile, de dénoncer et faire arrêter cette dramaturgie de la vie politique ivoirienne en rappelant à l’ordre ces assoiffés de pouvoir qui veulent gouverner ce pays de paix dans la violence et l’exclusion.

Dans tous les cas, avec l’aide de Dieu, la réconciliation des ivoiriens se fera un jour. Mais sans Ouattara.
Que Dieu bénisse ce pays, le seul que L’Eternel a donné aux ivoiriens!


NANWOULET G. Simone

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