22/07/2012 05:39:04
Côte d'Ivoire, « Pays de la Désespérance » sous Ouattara
« Donnez-moi cinq ans et je transformerai ce pays ! ». Ressassait Dramane Ouattara, l’actuel chef de l’Etat ivoirien il n’y a pas si longtemps.
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« Non, Ouattara n’apportera rien à la Côte d’Ivoire. Juste quelques temps et vous le découvrirai dans toute son incapacité. (…) Combien de fois vais-je vous le dire, cher monsieur. Ce type-là n’apportera rien à ce pays. (…) je suis sceptique quant à sa capacité à unir les Ivoiriens d’abord et à trouver les moyens pour réussir cette remise sur pieds du pays. Observez-le, vous retiendrez qu’il est friand du superflu, du cérémonial, du beau décor, du côté martial du pouvoir…que du travail lui-même. (…) Les plus enchantés de son camp commenceront bientôt à se poser des questions sur ses prétendues relations qui feraient pleuvoir des milliards sur le pays. Et puis, cela m’étonnerait qu’on l’ait installé pour le bonheur du peuple ivoirien…»
 
Le Président Laurent GBAGBO, lors d’une interview. in Aujourd’hui, N°75, du lundi 17 octobre 2011, pp. 2-5
         
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Alassane Dramane Ouattara« Donnez-moi cinq ans et je transformerai ce pays ! ». Ressassait Dramane Ouattara, l’actuel chef de l’Etat ivoirien il n’y a pas si longtemps. Après un peu plus d’un an de gestion même ses partisans les plus irréductibles commencent à déchanter. Se plaignant eux aussi de la cherté de la vie, du chômage, de l’insécurité... bref du désastreux état dans lequel leur champion a mis le pays et duquel il peine et semble incapable à le sortir. C’est une évidence, le nouveau régime ivoirien, imposé à coup de bombes par des armées étrangères, n’est pas à la hauteur. Pour vous en rendre compte faites simplement le bilan de l’an 1 des « Solutionneurs-rattrapeurs ».

L’insécurité est entretenue par ceux-là même qui devraient la combattre, l’école n’est plus la priorité du gouvernement, quant à l’économie où on devrait un peu espérer c’est la catastrophe bien que le sport favori de notre « Solutionneur-rattrapeur en chef » soit de chercher l’argent. Là où on s’attendait à de vrais débats contradictoires sur les véritables questions de fond, certains papiers de toilette affichent que des « pluies de milliards » seraient en train de tomber sur le pays.

Les denrées alimentaires sont hors de portée pour la grande majorité des Ivoiriens. Pendant ce temps le chef de l’Etat et son gouvernement font du tourisme lors de leurs incessants voyages à l’étranger. Si ces voyages ont un rôle, celui que nous savons, c’est la traque acharnée des ennemis du pouvoir : les partisans du président Gbagbo. Le débat politique est plus que très bas. En témoigne les sorties malheureuses d’Amadou Soumahoro, secrétaire général du RDR. On se souvient que ce dernier avait juré d’envoyer au cimetière tous ceux qui auront le courage de critiquer Ouattara. Ce qui lui a d’ailleurs valu le drolatique surnom d’« Amadou cimetière ».

Toujours dans sa logique vindicative, la violence tout azimut étant la marque déposée du RDR, notre « Amadou cimetière » affirmait encore : « Le FPI est une vipère dont nous avons définitivement coupé la queue. Qu'il renonce à ses menaces de déstabilisation. Là où le canon a échoué, ce n'est pas le verbe qui va réussir.» (Cf. L’Inter, N°4199 du Mercredi 30 Mai 2012, p.4) Si « Amadou cimetière » ignore que les plus Grands Changements dans l’Histoire de l’humanité ont été accomplis par la Parole, et que cette dernière est l’arme des forts et la violence dont il est l’apôtre l’arme des faibles, il y a de quoi s’inquiéter pour notre pays. Il faut bien le reconnaître, la Côte d’Ivoire sous Dramane Ouattara est devenue le « Pays de la désespérance ». Au grand dam des rédacteurs de notre hymne national qui avaient la vision de faire d’elle la « Terre d’espérance ».

Bienvenu dans la « république très très mythocratique » de Ouattara

Depuis le 11 avril 2011, un étrange système de gouvernement a été mis en place par Dramane Ouattara et ses ADOrateurs. Dans ce système politique le Mensonge et la Manipulation sont érigés en règles de gouvernance. C’est pourquoi je donne le nom de « mythocratie » au mode de gouvernance dramaniste. Allusion faite ici à la mythomanie qui est cette tendance pathologique à mentir.

Le premier des mensonges est celui de la prétendue « légitimité/légalité » et de la « popularité » des acteurs du nouveau régime. 81 % de taux de participation au deuxième tour de la présidentielle. MENSONGE ! 32% de taux de participation aux législatives. MENSONGE ! Concernant la participation aux législatives même l’Agence France Presse et France 24 (alliés objectifs et stratégiques de nos mythocrates) ont dû reconnaître son très faible taux malgré l’appel du chef de l’Etat lancé, sans doute de désespoir, à la télévision au journal de 13 h du 11 décembre 2011.

Alassane Dramane OuattaraOn se souvient cette phrase : « Désert électoral, Alassane Ouattara cherche électeur. » Arrestation et très proche extradition du ministre Koné Katinan. MENSONGE ! Pluie de milliards sur le pays. MENSONGE ! On annonce des coups d’Etat déjoués pour masquer son incompétence à régler les vrais problèmes des Ivoiriens. En fait, aucun membre de ce système n’est crédible car les mensonges viennent très souvent du sommet même: du chef de l’Etat et de son président de l’Assemblée nationale. Quelques preuves : le vendredi 30 mars 2012 le chef de l’Etat a donné une interview radiotélévisée sur la RT1, à la question de la journaliste Agnès Kraidy qui demandait : « Le mot de rattrapage  vous dit-il quelque chose ? », réponse : « J’ai vu ça dans la presse.» Quand la journaliste lui cite ad litteram ses propres paroles voici sa réaction : «Ce n’est pas moi qui ai utilisé le terme de rattrapage.»

Pourtant lorsque ce terme faisait couler encre et salive aucun démenti officiel n’a été produit. Le 20 mai 2012 lors d’une interview sur RFI Alassane Ouattara laisse entendre qu’il a payé 3 mois d’arriérés de salaire aux fonctionnaires ivoiriens. On sait que, non seulement le président Gbagbo avait régulièrement payé les salaires de décembre 2010 à février 2011, mais même le salaire de fin mars avait déjà été positionné. A propos des revendications des syndicats, on leur demandait d’attendre le point d’achèvement de l’initiative PPTE.

Aujourd’hui on leur explique que le PPTE n’est ni une valise d’argent ni ne servira à respecter les engagements de l’Etat quand à la satisfaction des revendications salariales. Rendez-vous au 1er mai 2013. En outre, lors de sa visite à l’Ouest Dramane Ouattara a promis que tous les criminels seraient jugés. On n’attend toujours les premières inculpations dans son camp. Plusieurs membres influents de l’ex-rébellion, à commencer par Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale, ont eu des promotions alors qu’ils sont soupçonnés, d’être responsables de graves crimes (de guerre, économique, contre l’humanité etc).

A propos des mensonges de Guilaume Soro, chef de l’ex-rebellion, président de l’Assemblée nationale, il nous a servi notre ration quotidienne de mensonge sur RFI lors du « Débat africain » d’Alain Foka le 8 juillet 2012. Pour ce dernier il y avait 3000 morts avant le début de leur offensive sur Abidjan, notamment le 27 mars 2011. Extrait : « J’ai été Premier ministre, ministre de la Défense. Et en ma qualité de ministre de la Défense, j’ai dû donner des instructions aux Frci pour stopper les tueries à Abidjan. Les 3000 morts, c’était avant l’offensive. Après l’offensive, il n’y a pas eu autant de morts. Il faut saluer les Frci.» Affirmait-il.

Il y a dit aussi qu’il était secrétaire général de la FESCI sous Ouattara ( ?). MENSONGE ! Si on s’en tient à son CV téléchargeable sur le site de la primature (au moment où il y était en tout cas), il mentionne dans la section trois « Parcours professionnel et scolaire » qu’il a été à la tête de ce syndicat de 1994 à 1998. Or, Ouattara a justement quitté la primature en 1993. Il dit une contre-vérité quand il dit au journaliste qu’il est un homme de gauche. De quelle Gauche parle-t-il ? Être de Gauche et être allié des impérialistes occidentaux, être de gauche et être membre du RDR, parti de centre-droit ?

Guillaume Kigbafory SoroSoro Guillaume croit-il que c’est pour un humanisme ou pour les beaux yeux de Ouattara que Sarkozy et ses alliés occidentaux ont imposé un embargo sur les médicaments, fermer les banques, bombardé la résidence officielle d’un président élu tuant ainsi des milliers d’Ivoiriens ? Aussi dans la même période lors d’un autre entretien accordé à un autre « média-mensonge », en l’occurrence France 24, entretien réalisé le mercredi 4 juillet par le fameux Gauthier Rybinski, il affirmait encore que la Côte d’Ivoire est devenue un pays démocratique depuis le 11 avril 2011.

De quelle démocratie parle-t-il ? Et dans quel pays ? Il ne s’agit sans doute pas de cette Côte d’Ivoire dans laquelle nous vivons depuis l’installation de son mentor. Car si ce sont les arrestations et emprisonnements arbitraires, les kidnappings et enlèvements avec demande de rançon, le terrorisme organisé, la torture de citoyens innocents, la justice des vainqueurs, le fait d’envoyer au cimetière tous ceux qui ne chantent pas les louanges de Ouattara, cette démocratie où le secrétaire général d’un parti politique affirme sans gêne que « Là où le canon a échoué, ce n'est pas le verbe qui va réussir » … si c’est cela que M. Soro appelle démocratie, il devrait revoir ses manuels.
              
Chômage, cherté de la vie et insécurité

Toutes les conditions sont mises en place par Ouattara pour soumettre les Ivoiriens au diktat de ses parrains qui ne sont autres que les puissances impérialistes occidentales. On licencie des milliers de fonctionnaires et on affirme crée des emplois. On affame le Peuple pour mieux le soumettre car un Peuple qui a faim peut très facilement être exploité. Le chômage est la règle et trouver un emploi une exception. Les concours de la fonction publique ayant été supprimés. Même s’ils sont organisés, si vous n’avez pas le bon patronyme ne rêvez pas d’être admis.

Le rattrapage ethnique et tribal fait rage. Rattrapage ethnique oblige. Les denrées alimentaires les plus élémentaires (riz, huile, lait, sucre, poisson, viande…) sont hors de bourse car plus de la moitié du Peuple vit dans la pauvreté. Même les ADOrateurs commencent aussi à se plaindre. Pendant ce temps, le gouvernement pléthorique joue à la comédie. On annonce des chantiers imaginaires car en réalité les seuls qui existent sont ceux du président Laurent Gbagbo. Un vrai génocide est organisé à l’Ouest du pays afin de faire chasser les autochtones et s’emparer de leurs terres. Des milices étrangères, burkinabé notamment, y font la loi avec sans doute la bénédiction donc la complicité du gouvernement et de la communauté internationale. Les forêts classées sont envahies par des milliers d’étrangers.

Dans quel pays vivons-nous ? Se demandent les Ivoiriens. Etant conscient de son impopularité et doutant surement de sa légitimité, le pouvoir organise des enlèvements, des camps de torture, des arrestations arbitraires pour terroriser ceux qui résistent. La répression sauvage des meetings de l’opposition, l’emprisonnement des opposants politiques et des militaires sont devenus la normalité. Quant à nos parents paysans (baoulés notamment) c’est la désillusion. Le prix bord champ d’achat du cacao est fixé à 700 f mais les multinationales achètent ce produit à 400 ou 250 f parfois et cela n’émeut personne en Ouattarandie. Que peut dire notre «Solutionneur-rattrapeur en chef » devant ceux qui fait la guerre pour son accession au pouvoir. Absolument rien. Le jour où il tentera de s’opposer à leur escroquerie, ce sera indubitablement le début de sa chute.     

Une Jeunesse abandonnée à son propre sort

A la vérité l’avenir de la Jeunesse ivoirienne n’est pas la priorité du gouvernement. Du moins une certaine jeunesse préoccupe plus la Ouattarandie. Il s’agit des ex-combattants et des « associés » des FRCI. Les universités publiques, où est formée l’élite du pays, sont fermées depuis 2 ans environ. Les étudiants, les bannis de la société. C’est devenu une honte de se présenter comme étudiant dans la Ouattarandie. Les universités ouvriront certes un jour mais les augmentations annoncées (on parle de 50.000 f pour l’inscription) par le gouvernement feront sans doute que certains étudiants renonceront à poursuivre leurs études.

Les cités universitaires, après avoir été pillées par les milices pro-Ouattara ne seront sans doute pas ouvertes avec la rentrée universitaire car c’est devenu les casernes des FRCI qui y demeurent malgré l’ultimatum du président de la République lui-même. L’Etat de droit est donc un leurre. Quant aux étudiants boursiers ils peuvent bien rêver. On se demande bien si le gouvernement qui n’arrive pas à trouver l’argent nécessaire à la réhabilitation des cités prendra le risque d’augmenter le budget alloué à la bourse. Quelques promesses sont faites par le ministre de l’enseignement supérieur mais on attend de voir. Les ministres nous ayant tellement habitué au mensonge. On se demande comment seront crée les millions d’emplois qu’on promet car les entreprises qui devraient logiquement employer les millions de chômeurs que comptent le pays sont en difficulté et sont écrasées par des impôts de toutes sortes. Il y a des visites de chefs d’entreprises venant d’autres pays.

Mais soyons réalistes qui viendra prendre le risque d’investir dans un pays où un ministre de la justice affirme qu’un citoyen a été emprisonné parce qu’il était avec son père ? Qui investira dans un pays dont les Etats-Unis même déconseillent la destination à leurs ressortissants ? Un pays où l’Etat est impuissant devant des milices étrangères qui envahissent ses forêts classées. Cela fait plusieurs fois que le gouvernement menace d’un ultimatum les nouveaux colons des forêts classées. Mais rien n’est fait concrètement pour les y déloger.

Pour toutes ces raisons, la Jeunesse semble avoir perdu tout espoir en un avenir meilleur. Elle s’interroge sur son avenir qui sera hypothéqué par les décisions actuelles du gouvernement. Le pays sera sans aucun doute bradé aux multinationales. Après tout, ce sont elles qui « dirigent et gouvernent » le pays maintenant. Comme l’a écrit récemment un journaliste averti, en l’occurrence Théophile Kouamouo : « Ceux qui ne le savent pas sont sans intelligence. Ceux qui le savent et se taisent sont des lâches.» Le régime sait bien que si les désirs de ces capitalistes ne sont pas satisfaits, si les affaires ne marchent pas très bien et si le Peuple se plaint beaucoup de sa gestion il partira comme il est venu. Mais que Ouattara sache que rien d’humain n’est éternel et qu’on peut tromper une partie du Peuple tout le temps, on peut tromper tout le Peuple une partie du temps. Mais on ne peut tromper tout le Peuple tout le temps. Le temps est un autre nom de Dieu !

Imhotep MAÂT, Penseur de Gauche
imhotep_ouhem.mesout@yahoo.fr

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