02/09/2009 14:32:26
Le jour le plus long pour la démocratie
"S'il faut brûler, on brûlera. S'il faut casser, on cassera. On ne peut pas nous voler notre victoire", affirme Landry Biyogo
LCI.fr
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Les opérations électorales pour désigner le successeur d'Omar Bongo au Gabon (30 août 2009)"S'il faut brûler, on brûlera. S'il faut casser, on cassera. On ne peut pas nous voler notre victoire", affirme Landry Biyogo, habitant du quartier populaire d'Okala au nord-ouest de Libreville où la population attend fébrilement le résultat de la présidentielle de dimanche. Lors du scrutin présidentiel de dimanche, Landry, 26 ans, étudiant, a voté pour André Mba Obame dit "AMO", l'ancien ministre de l'Intérieur, un des trois candidats à revendiquer la victoire avec Ali Bongo Ondimba, le fils du président Omar Bongo décédé en juin, et l'opposant Pierre Mamboundou. A l'autre bout de la ville, à Awendjé, les militants de Pierre Mamboundou sont remontés. "Si les autorités donnent Ali Bongo vainqueur et envoient les militaires, nous deviendrons les militaires et eux les civils. Le peuple vaincra", menace Aimery Mbinah, forestier.

L'atmosphère est tendue à Libreville alors que les résultats du scrutin présidentiel doivent être annoncés d'ici ce mercredi soir - à partir de 18 heures, selon l'horaire prévu. Le gouvernement se veut rassurant sur la sécurité : "Nous n'avons peur de rien", affirme le ministre de l'Intérieur également chargé de la Défense, Jean-François Ndongou, en assurant que l'important déploiement de force observé depuis lundi dans la capitale ne vise qu'à "garantir la sécurité des hommes et des biens".

Les craintes d'un "coup d'Etat électoral"

Malgré ces assurances, beaucoup au Gabon craignent des troubles après la présidentielle qui, selon les 35 observateurs de l'Union africaine, s'est déroulée "conformément aux dispositions légales" malgré des "irrégularités" et des "faiblesses". Depuis dimanche soir, les trois favoris qui ont chacun proclamé leur victoire se livrent à une bataille de chiffres avec tous les moyens de communication possibles. Dans la nuit de lundi à mardi, le camp de Mba Obame a assuré dans un SMS avoir gagné avec "50,1%" des voix. La veille, celui de Mamboundou déclarait à la presse l'avoir remporté avec "39,15%" des voix. Plus tôt lundi, Bongo fils s'affirmait "largement gagnant".

Mba Obame et Mamboundou ont fait part de leur crainte d'une falsification des résultats par le parti au pouvoir ayant investi Ali Bongo. Ils centralisent à leurs sièges les PV de chacun des 3000 bureaux de vote au Gabon et à l'étranger. Les partisans d'André Mba Obame, qui a mis en garde contre "un coup d'Etat électoral", ont pris des mesures similaires de protection devant le domicile de leur candidat, près de l'aéroport.

Depuis Paris, où l'on s'était félicité dès dimanche des conditions du scrutin, on attend la publication des résultats. Dans un entretien au Parisien, le secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet a estimé que le nouveau président gabonais devra exercer "un mandat de rupture" après Omar Bongo pour répartir les richesses de façon plus équitable.

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