24/07/2012 03:23:53
Une question troublante et toujours d'actualité
Une question troublante et toujours d’actualité qui erre sur la scène politique camerounaise et au-delà: « D’où viendra le futur chef d’Etat camerounais après Paul Biya? » C’est sur cette question à la fois brûlante et intéressante que nous nous penchons ici.
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Une question troublante et toujours d’actualité qui erre sur la scène politique camerounaise et au-delà: « D’où viendra le futur chef d’Etat camerounais après Paul Biya? » C’est sur cette question à la fois brûlante et intéressante que nous nous penchons ici.

L’actualité de cette question, le piège qu’elle comporte et les insomnies qu’elle soulève et laisse chez le peuple camerounais font comprendre que le pays repose sur un volcan somnolent qui à tout moment peut se mettre en éruption et causer des ravages inestimables.

Toutefois, il s’agit d’un volcan qu’on pourrait étouffer, émasculer et rendre définitivement impuissant, si chaque patriote camerounais venait à dépasser les pensées et considérations divisionnistes et basses, pour servir la vérité aux nombreux Camerounais qui restent enchaînés à la partialité et à l’erreur.

C’est une question qui s’accompagne si souvent de craintes et de spéculations et se retrouve autant dans les esprits et sur les cœurs loquaces  que sur les langues taciturnes. Tout ceci est fermenté et brassé par le flou politique où nage le Cameroun depuis la déclaration de son indépendance frelatée et fictive.

Paul BiyaCette question peut amener ceux qui ne connaissent pas ou connaissent mal le Cameroun à croire que les Camerounais se demandent ici de quel parti politique sera le nouveau chef d’Etat, ou quel en sera le profil. Grosse erreur. La plongée abyssale du pays dans les crises politique, spirituelle et dans des divisions ethniques et claniques a phagocyté la capacité d’analyse et de compréhension chez la plupart des Camerounais et les a rendus inaptes à penser librement, objectivement, patriotiquement et honnêtement pour leur pays.

Cette amnésie multidimensionnelle qui est devenue une endémie nationale frappe les Camerounais de toutes les couches sociales, professionnelles et de tous les âges : villageois, citadins, travailleurs, chômeurs, instruits, sous-instruits, religieux, athées, enfants, jeunes, vieillards, etc. Les passions et considérations ethniques ou tribales se sont exacerbées sous le régime de Paul Biya et les uns et les autres ont tout simplement fini par se donner inconsciemment la mission d’enterrer le rêve de faire du Cameroun une véritable nation.

Avant d’aller au fond de la question « D’où viendra le futur chef d’Etat camerounais après Paul Biya » il ne faut pas écarter de l’esprit que la question de « Par quelle voie arrivera celui ou celle-là ? » se pose également et trouble tout le monde ; car la confusion, la personnalisation des institutions de l’Etat et la mutation incessante des dispositions d’un changement politique pacifique et juste se trouvent à la souche de cette autre interrogation.
Rien n’est éternel. Personne n’est éternel. Et tous les Camerounais savent que Paul Biya s’en ira ; que quelqu’un ou quelqu’une d’autre viendra. Mais ils ne savent pas si celui ou celle-là arrivera par un semblant d’élections, par un remplacement en cas de vide, ou par une épreuve de force.

Le volcan que représente le Cameroun se trouve ici : Pour certains Camerounais, le premier président du pays était originaire du Nord, le deuxième vient du Sud, et le troisième devra venir soit de l’Est, de l’Ouest, du Nord-Ouest ou du Littoral. D’autres par contre croient que le prochain chef d’Etat doit être à nouveau du Nord, ou qu’il doit être encore du Sud.

Tous ces raisonnements et vœux ou requêtes sont à mon avis badins, rétrogrades, destructifs, nocifs pour la construction de l’unité du pays ainsi pour son progrès ; et il convient de les balayer et de les laver des esprits. Ceux qui perçoivent l’avenir du Cameroun sous cet angle frappent misérablement à côté. Ce sont ces propos défendus si souvent fervemment par les uns et les autres que les patriotes camerounais doivent combattre. C’est ce volcan national que les dignes fils du Cameroun doivent s’atteler à en empêcher l’éruption.

Que le futur chef d’Etat du Cameroun vienne du Nord, du Sud, de L’Est, de l’Ouest, du Littoral ou du Nord-Ouest, peu importe. Aussi longtemps qu’il ne tombera plus dans les mêmes pièges où Paul Biya s’est volontairement et insoucieusement jeté, peu importe. Aussi longtemps qu’il corrigera les injustices qui ont eu cours au Cameroun sous M. Biya et abordera les affaires du pays avec une bonne vision et avec assez de courage tout en mettant les intérêts de son pays au-dessus de tout dans toute entreprise, celui-là aura le soutien de tout son peuple.
Peu importe de quelle région du pays viendra le futur chef d’Etat du Cameroun après Paul Biya. Aussi longtemps qu’il sera porteur d’une mission noble et grandiose pour le Cameroun, aussi longtemps qu’il travaillera inlassablement pour l’indépendance du Cameroun, celui-là sera accepté de tous et entrera dans l’histoire comme le premier grand chef d’Etat du Cameroun.

Le futur chef d’Etat du Cameroun après M. Biya peut venir de n’importe quelle région du Cameroun. Le peuple ne pourrait s’inquiéter que si un étranger lui était imposé comme chef d’Etat. C’est cette idée que les patriotes Camerounais doivent véhiculer auprès de leurs compatriotes de l’intérieur et de l’extérieur. Les inquiétudes de tous les Camerounais sur cette question se dissiperaient très vite si Liberté et Justice tombaient de leurs futurs dirigeants, s’enracinaient et se développaient sur tout le sol camerounais. 

Léon Tuam,
Ecrivain, activiste des droits humains et enseignant.
Boston, le 23 juillet 2012   

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