03/09/2009 03:34:58
Petit Sako: Eto'O l'a adopté
On n’avait plus de ses nouvelles depuis un moment. Il était porté disparu dans le paysage musical ivoirien. L’auteur de la chanson, “François”, avait posé ses valises au Cameroun, à la faveur des «gombos très gluants» qui lui ont pris plus de temps que prévu. Près de trois ans après, le zouglou, Petit Sako, est de retour sur les bords de la lagune Ebrié. Il raconte son périple au pays des Lions indomptables.
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• On est surpris de te voir à Abidjan...

- Je me cache pour faire la surprise à mes fans. C’est tout !

• Avec un accent très camerounais, hein ?

- Oui, mon français a un peu changé car j’ai passé un peu de plus de temps que prévu au Cameroun. J’ai fait deux ans et demi. Il faut dire que j’aimais déjà la manière de s’exprimer de mes frères camerounais.

• Tu exagères un peu ou bien tu as adopté aussi facilement l’accent camerounais ?

- Non, je ne fais pas exprès. C’est comme ça que je parle. J’ai été adopté par les camerounais et une star comme Samuel Eto’O. Je partais de temps en temps en Espagne avec Eto’O. Je l’ai aussi accompagné au Tchad, au Gabon et en Guinée.

• Depuis combien de temps tu es au revenu en Côte d’Ivoire ?

- Ça fait un petit moment que je suis là. Mon producteur m’a seulement dit de ne pas me faire voir partout en attendant que je sorte mon nouvel album.

• Comment tu t’es retrouvé au Cameroun ?

- J’étais parti pour un concert à Douala, il y a trois ans. Après Douala, je suis allé jouer à Yaoundé. Mais, les sollicitations n’arrêtaient pas. J’ai presque fait toutes les grandes villes du Cameroun. Tout le staff qui m’avait invité m’a adopté et j’étais devenu comme un enfant du pays. Au Cameroun, on m’a montré comment on respecte une star.

• Par rapport à ta chanson, François ?

- Oui ! C’est le seul pays où j’ai coulé des larmes. A l’aéroport, les fans étaient venus nombreux pour m’accueillir. Quand j’arrivais, François était presque l’hymne national du Cameroun.

• Qu’est-ce qui touche tant les Camerounais dans François ?

- Je crois que c’est l’histoire. Chacun a dit qu’il se retrouvait dans le texte et que cette situation se vit chez eux. A l’aéroport, j’étais vraiment abasourdi de voir un monde fou qui m’attendait. Imaginez qu’à cause du public, je suis resté à l’aéroport de midi à 19 heures. Dès que je regarde dehors, je vois le monde amassé. Je n’en revenais pas et on me disait que tous ces gens sont là pour moi et pour François. Je ne pouvais plus me retenir, j’ai commencé à couler des larmes. Quand j’arrive enfin à regagner ma chambre d’hôtel, on me supplie de passer à l’édition de 20 heures du journal de la télé nationale (CRTV). C’était comme dans un rêve. Ce que je n’aurais jamais imaginé dans mon propre pays.

• Entre-temps, on a annoncé aussi ton décès à Abidjan.

- Oui, moi aussi, j’ai appris cette nouvelle sur le net : Petit sako est décédé. Patati patata...J’ai immédiatement appelé mon père, ma mère et mon producteur pour les rassurer que j’étais bien vivant. Ils m’ont dit que c’est une bonne chose. Cela voudrait dire que je vais vivre longtemps. J’arrive en Côte d’Ivoire, on m’annonce encore pour mort. J’ai encore les sms dans mon téléphone.

• Pourquoi finalement, tu as décidé de revenir au pays ?

- Louké, mon producteur à Abidjan, m’a demandé de revenir au pays pour ne pas qu’on m’oublie. Et là, j’en profite pour finir mon deuxième album. Je bosse avec Athanase Koudou. Je me fais discret. Disons que je me cache. Je vais faire au moins dix chansons. Les messages tourneront toujours autour des faits de société. L’album s’appellera Un cri à Dieu.

• Pourquoi Un cri à Dieu ?

- Je suis de la famille Abbis d’Abidjan- Koumassi. Ma mère, mes sœurs, mes frères et moi, lorsque ça ne va pas, on crie : «eh dieu !» C’est ce cri-là que j’ai donné à mon album. Il sortira avant les fêtes de fin d’année.

• Tu parlais de Samuel Eto’O Fils. Qu’est-ce que tu as fait avec lui ?

- C’est mon parrain. J’ai joué plusieurs fois dans sa boîte à Yaoundé et il aime bien ce que je fais. Il m’a adopté. Il adore le zouglou. Quand il est au Cameroun, je suis toujours avec lui.

E. Cossa et O.A.Kader

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