25/07/2012 01:44:00
Cameroun. Madame Kontchou Kouomegni et Paul Hiol aux arręts
Faux et usage de faux. Les deux personnalités et un déclarant en douanes passent leur deuxième jour de détention à la prison centrale de New-Bell à Douala après avoir été en partie interpellés à Yaoundé le 23 juillet 2012.
Le Messager
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Faux et usage de faux. Les deux personnalités et un déclarant en douanes passent leur deuxième jour de détention à la prison centrale de New-Bell à Douala après avoir été en partie interpellés à Yaoundé le 23 juillet 2012.

L’émotion est à couper aux couteaux ce matin du 24 juillet 2012 dans le hall de l’Hôtel Franco, non loin de la Délégation générale de la surêté nationale (Dgsn) à Yaoundé. L’ombre de la promotrice de ce centre hôtelier de trois étoiles emmenée à Douala par les forces de l’ordre la veille, plane.  Tant les employés de la maison ont déjà appris la nouvelle : « Madame Franco » n’y reviendra pas de si tôt. D’aucuns parmi les employés tiennent en main des journaux qui reviennent sur les ennuis judiciaires de la patronne. Ils veulent savoir pourquoi elle a été écrouée à New-Bell. D’autres personnes accourent, affichant la même inquiétude. « Qu’est ce qui est arrivé à Mami Nyanga, [son sobriquet, ndlr] », s’interrogent-elles. Elles n’ont pas de réponses précises à leur question. Juste apprennent-elles que la maîtresse des lieux a été happée avec Paul Hiol, maire de la commune de Massok Songloulou et un déclarant en douanes, Pierre Mbianga. Et… presque plus rien.

Mais d’après quelques indiscrétions glanées auprès de sources proches du dossier, Le Messager apprend que les faits reprochés à ce trio remontent à 2009. Dans le cadre d’un partenariat tissé entre la commune de Massock Songloulou et plusieurs villes occidentales, Paul Hiol aurait obtenu des appuis logistiques pour le fonctionnement de la mairie et sollicitait de la direction générale des douanes, des exonérations. Pour convaincre les préposés de cette administrations, il  aurait brandi avec Pierre Mbianda, un faux acte du secrétaire général de la  Présidence de la République instruisant le ministre des Finances de leur accorder les facilités sollicitées. La manœuvre réussie, c’est Françoise Puene, épouse Kontchou Kouomegni qui bénéficiera des engins  destinés d’une part  à la commune de Massok Songloulou d’après certaines sources, et  prétendument à la garde présidentielle, selon d’autres indiscrétions.

Cent millions Fcfa

On le sait l’affaire a tourné court. Inquiétés depuis trois semaines, les trois comparses ont été  déférés à la prison centrale de New-Bell par un juge d’instruction près le tribunal de grande instance du Wouri. D’autres sources affirment que Françoise Puene aurait sollicité, en vain, une liberté provisoire contre paiement d’une caution de cent millions de F Cfa. En rappel, Françoise Puene veuve d’un ex-chef du groupement Bana, dans la Haut-Nkam est connue à Yaoundé comme une audacieuse femme d’affaires ayant fait fortune en un temps record dans l’hôtellerie, la restauration et les marchés publics.

Redoutée par ses partenaires d’affaires, adulée par une classe de nouveau riches prêts à tout pour se faire de l’argent, elle aurait croisé le chemin de l’ex-ministre Augustin Kontchou Kouomegni, vers la fin des années1990. Au début des années 2000, l’ex-porte parole du gouvernement va procéder à un mariage traditionnel avec celle que le tout-Yaoundé présente comme sa deuxième femme.  Ils vivent en effet, sous le même toit au quartier Bastos (près du l’institut Goethe) depuis quelques années. En dépit d’un mariage sous le régime monogamique avec sa première épouse, le professeur Kontchou a toujours présenté Mami Nyanga comme sa deuxième… seconde épouse.

Rodrigue N. TONGUE

Prison centrale de Douala. Françoise Kontchou sous soins intensifs à l’infirmerie

Arrêtée à Yaoundé et conduite au sein de ce pénitencier, l’épouse de l’ex-ministre de la Communication est accusée de faux et usage de faux au Port autonome de Douala.

C’est sur un «mandat», une planche recouverte d’une légère mousse que Françoise Kontchou Kouomegni a passé sa première nuit à la prison centrale de Douala, assistant malgré elle au concert de musique distillée par l’orchestre des anophèles de cette maison d’arrêt. Admise à faire valoir ses droits à la Spéciale XVII (quartier des femmes) de cette maison d’arrêt qui ne paie pas de mine, l’épouse en seconde noce ( ?) de l’ex-ministre de la Communication et non moins ex-président du conseil d’administration de l’université de Douala a eu toutes les peines du monde à accepter sa novelle condition de bagnard. Un gardien de prison témoigne.

«C’est autour de 18 heures qu’elle a été conduite ici car je l’ai vue vers 19 heures. Elle avait l’air visiblement abattu. Après les formalités d’usage, elle a été conduite à la Spéciale XVII où les femmes habitent. Elle n’a pas eu droit à un traitement de faveur car toutes les femmes sont logées à la même enseigne. Je peux parier qu’elle a dormi sans ventilateur pour sa première nuit». C’est ainsi que loin de l’air conditionné des splits, loin d’un lit douillet et d’un service traiteur à sa disposition, Françoise Kontchou Kouomegni aurait subi un traumatisme.

Aux dernières nouvelles, dame Françoise Kontchou n’aurait pas apprécié sa première nuit à New-Bell.  «Il est quasiment impossible de la voir puisqu’elle ne se sent pas bien et est sous perfusion, suivie de très près par le médecin de la prison. Pour l’instant, elle est très mal en point. Elle dit avoir passé une mauvaise nuit, qu’elle est malade ici mais il faudrait bien qu’elle s’habitue. Toutes les femmes disent cela au début». Que reproche-t-on à la promotrice de l’hôtel Franco de Yaoundé et ex-prestataire de service au Port autonome de Douala (Pad) ?

«Elle est accusée de faux et usage de faux. Les enquêteurs ont découvert des documents du Port autonome de Douala qui la compromettent. Elle est en prison à cause des dédouanements (présumés, ndlr) des bulldozers et engins lourds à problème. Les détournements sont estimés à plus de cent millions Fcfa», affirme une source interne à la prison proche de ce dossier. Des propos confirmés par des responsables de cette maison d’arrêt qui ont interdit pour l’instant toute communication avec la présumée coupable.

Après Edouard Etondè Ekoto, Alphonse Siyam Siwé, Me Abessolo qui plaident tous non coupables bien que condamnés et internés dans les prisons centrale (New-Bell) et secondaire de Douala (légion de gendarmerie du Littoral), et maintenant Françoise Kontchou Kouomegni, l’opération Epervier n’a pas encore dit son dernier mot au Pad.

Etame Kouoh

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