26/07/2012 00:34:52
Cameroun. Charades un sou
Question à un sou: Mon premier est un ponte du régime. Mon second est un ponte du Rdpc, accessoirement édile d’une commune de brousse perdue dans la juteuse forêt de l’Est. Mon troisième va bientôt tirer sa révérence après avoir hanté longtemps la télévision publique. Qui suis-je?
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Palais d'Etoudi

Question à un sou :

Mon premier est un ponte du régime. Il se croit même ministre et pourrait le devenir pour de bon, son ascension ayant toujours  été une surprise et une « curiosité » pour ceux qui ont suivi sa trajectoire, mais qui savent pertinemment que sous le Renouveau, les meilleurs ne sont pas toujours à la place qu’il faut.

Mon second est un ponte du Rdpc, accessoirement édile d’une commune de brousse perdue dans la juteuse forêt de l’Est.  Il ne fait pas spécialement de vagues, mais croit depuis une vingtaine d’années qu’il va y arriver.

Mon troisième va bientôt tirer sa révérence après avoir hanté longtemps la télévision publique.

Qui suis-je?

Mon premier est à la présidence.

Mon second au comité central du Rdpc, mon troisième à la Crtv. Vous y êtes maintenant ? Pas encore?

Reprécisons les données. Il y a une place à prendre au gouvernement. Une place forte qui est loin d’être une sinécure. Certains  avaient placé la barre trop haute et en matière de manipulation de l’opinion publique, et jusqu’ici on n’a pas encore fait mieux. «D’une fidélité absolue à Hitler, d’une activité prodigieuse, Goebbels aura réussi à faire de la propagande une véritable technique, exerçant ainsi sur les Allemands une influence considérable». «La propagande de Goebbels, dira Hitler, est une de nos armes de guerre les plus efficaces.» Pourtant, toutes proportions gardées, Goebbels aurait pu prendre des leçons chez Kontchou Kouomegni, ce grand commis de l’Etat aujourd’hui tombé dans l’anonymat.

Depuis le départ du ministre Kontchou, le président Biya n’a trouvé jusqu’ici que de pâles copies de Goebbels, susceptibles de vendre son image en expliquant l’inexplicable. Biyiti Bi Essam s’est englué dans la cupide médiocrité. Moukoko Mbonjo n’a rien trouvé d’autre que de chercher à mettre un corset à la presse. Fame Ndongo ? 

A quelques exceptions près, il est le parfait prototype des diplômés dont nous a affublés le Renouveau.  Quitte à se renier, leur réussite s’explique non par leurs compétences, mais par la fidélité ‘sans faille’ au premier d’entre eux. Ils sont sans conteste la réplique de la ‘bonne gestion d’une vie’ qu’incarne si heureusement notre bien aimé président qui, de 1962 à ce jour, est resté sans coup férir au sommet de la hiérarchie de la République, avant de devenir la personnalisation de la très haute hiérarchie, homme fait dieu d’une République agonisante et entièrement privatisée au service d’un clan.

Mais revenons à notre charade. Y a t-il une place à prendre au gouvernement ? Si on lui proposait un département ministériel, le directeur adjoint du cabinet civil, Joseph Anderson Le ne cracherait pas sur le morceau,  et il a déjà le pied à l’étrier, lui qui a supervisé la grand’messe de l’inauguration du barrage de Memve’ele n’a pas hésité dans un article, à mouiller sa chemise récemment en ramant à contre courant pour dire que l’opération épervier est tout sauf politique. Initiative risquée?  Démarche calculée ?

Après quelques jours de flottement, Anderson Le, qui est loin d’avoir la carrure d’un Koungou Edima sera suivi dans cette activité épistolaire, chacun en ce qui le concerne, par son patron, Belinga Eboutou et  Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur parlant sous sa casquette d’intellectuel organique du Renouveau. Journaliste principal, de manière surprenante, Anderson Le, est parti de la Crtv pour occuper le poste de chef de division de la Communication à la présidence.  Cet ancien chef de la division des Reportages spéciaux de la Crtv avait mis moins d’un an pour gagner des galons prestigieux de ministre-fonctionnaire.  Selon le principe de Peter, il se rapproche un peu plus, chaque jour de son seuil d’incompétence...

Journaliste au talent indiscutable du temps où il hantait la Sopecam, Christian Mien Zock n’est pas non plus loin des cercles du pouvoir. Le directeur de l’Action, organe de propagande du Rdpc a fait ses classes sous l’aile tutélaire de Joseph Charles Doumba, ce ‘blanc de l’Est’ qui adorait les ‘Nègres’ et en faisait des porte-plume personnel.

Malgré l’absence de Joseph Charles Doumba son père spirituel, s’il navigue bien,  Christophe Mien Zock,  éternel maire d’Angossas, une commune de l’Est,  ferait aussi un ‘bon’ ministre version Renouveau. «Ils ne peuvent pas attendre. Pas même que sèchent leurs larmes. En plus de s’accommoder de la brutale disparition de leur mentor, les héritiers de Pius Njawe doivent ouvrir, sans délai, le débat sur la survie du Free Media Group et son titre phare Le Messager. C’est leur premier vrai et grand test d’aptitude. Les lignes qui suivent participent d’une manifestation de soutien à ces orphelins. Le Messager, ce journal emblématique du paysage médiatique camerounais faisant désormais partie, d’une certaine manière, du patrimoine de la Nation, il ne faut pas s’étonner que, dans une démarche citoyenne, je me sente fondé à faire entendre ma voix». Ainsi parlait Charles Ndongo,  Directeur de l'information à la Cameroon Radio Television (Crtv).  Charles Ndongo qui pourrait prendre sa  retraite dans deux mois environ.

Retraite, qui a dit retraite ? Charles Ndongo à la retraite ? Après de bons et loyaux services à ‘galérer’ en deçà de son talent reconnu ? Dans le dithyrambe biyaïste, qui remplacerait ce petit homme fluet à qui on ne donnerait pas le bon Dieu sans confession ? Le Renouveau sans Charles, c’est comme un moteur sans habillage. Et ce n’est pas par hasard qu’il a choisi d’annoncer ’l’événement’ en direct, en plein commentaire du défilé militaire au boulevard du 20 mai. Il disait alors, avec un brin de tremolo dans la voix qu'il commentait là son dernier « 20 mai ». Le Sos a-t-il été reçu 5/5 à Etoudi ?

Charles fut des décennies durant le « journaliste du président » avant de sombrer dans les contradictions d’un régime qui l’a cloué sur place tandis que les meilleurs s’en allaient et que les moins disant grimpaient quatre à quatre l’échelle socioprofessionnel. Charles Pythagore Ndongo avait été pressenti il y a quelques années au poste de directeur de la station régionale du Littoral. Pourquoi ne le repêcherait-on pas au poste de ministre? Sa fidélité vaut bien un strapontin…

Si mon premier n’est pas ministre, mon second pourrait le devenir. Si mon second ne l’est pas, mon troisième est bien sur la short-list. A condition qu’il y ait un poste de libre. A condition que le poste de ministre de la Communication soit bientôt libéré d’un Goebbels version jactance fumeuse  et ignominies, qui a réussi à mettre tout le monde d’accord que sa place est ailleurs. Mais où ?

Bon mercredi et à mercredi

Edking

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