26/07/2012 01:21:09
Côte d'Ivoire. Les FRCI s'affrontent à Abobo. Bilan 3 morts
Abobo – Anonkoi Kouté. Affrontements sanglants hier entre factions Frci
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Frci à Abobo

Abobo – Anonkoi Kouté. Affrontements sanglants hier entre factions Frci

Les populations riveraines du village d’Anonkoi Kouté dans la commune d’Abobo, ont vécu un après-midi très difficile hier mardi 24 juillet 2012, avec des affrontements entre deux factions des Frci.

Les populations martyres d’Anonkoi Kouté, à l’instar de celles de l’ouest du pays, n’étaient jamais sorties jusque-là de la situation d’occupation et de guerre dans laquelle elles étaient maintenues depuis la grave crise qu’a connue la Côte d’Ivoire en 2011. Elles étaient l’otage d’une faction des Frci dirigée par un certain commandant Féré, maître incontesté des lieux. Et qui avait établi son «camp militaire» en face du centre de santé communautaire du village. C’est en début d’après-midi, hier, qu’un détachement des Frci est venu dans le village pour déloger manu militari Féré et ses hommes.

Mais comme il fallait s’y attendre, l’opération ne s’est pas déroulée sans heurts. Il s’en est suivi en effet un affrontement sanglant entre les deux camps. Selon des témoignages recueillis, ce sont les hommes du Cdt Féré qui vont ouvrir le feu les premiers sur leurs «frères d’armes», parce qu’ils refusaient de se faire désarmer publiquement. Dans leur entendement, cet acte est une humiliation inacceptable pour eux qui réclament la paternité de la «victoire» à Abobo au plus fort des combats dans la guerre post-électorale. Après quelques heures de combats, Féré et ses hommes se fondent dans la nature.

En fin d’après-midi, on parlait d’un combattant tué et de plusieurs blessés, quand une autre source avançait le chiffre de deux voire trois morts. Pour l’heure, une chose semble certaine, le Cdt Féré, qu’on dit proche de IB, et ses hommes ont été délogés du village d’Anonkoi Kouté, où ils avaient établi leurs quartiers, tenant pratiquement la cité en otage. Ses éléments avaient, selon les témoignages, érigé des barrages où ils rackettaient et rançonnaient les paisibles populations qui ne savaient plus à quel saint se vouer. En tout cas, Féré faisait la pluie et le beau temps dans cette partie d’Abobo et même au-delà de son «territoire ». Plusieurs fois rappelé à l’ordre sur les dérives de ses éléments et lui, il n’a jamais voulu rentrer dans les rangs, apprend-on auprès des populations. Et il ne manquait pas de défier, dit-on, le Cdt Jah Gao qui, dans la structuration des Frci, avait en charge le commandement de la poudrière à ciel ouvert qu’est la commune d’Abobo.

«Aucun chef FRCI ne peut me déloger de là où je suis. Nous nous connaissons tous. Nous savons aussi qui a combattu à Abobo aux heures chaudes de la crise», ne cessait-il de répéter à qui voulait l’entendre. Dans leur fuite, relate un habitant joint au téléphone ; ils (les éléments de Féré, ndlr) n’ont pas manqué de menacer de représailles la population qu’ils accusent d’être à la base de cette descente armée de leurs frères d’armes en vue de les déloger. Les Ivoiriens sont loin en réalité de retrouver une armée nationale et disciplinée, quand des factions Frci s’affrontent en pleine ville, sans tenir compte des populations civiles. C’est cela aussi la nouvelle armée qui fait la «fierté» du camp Ouattara.

Frank Toti

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