27/07/2012 04:05:56
Cameroun. A quoi sert la Sonara ?
La question est pourtant importante à plusieurs égards. C’est que, contrairement au Nigéria, au Gabon et autres pays du Golfe de Guinée, le Cameroun produit un pétrole dit trop «lourd» que l’usine de la Sonara ne peut raffiner, ayant été équipée depuis sa construction, pour traiter uniquement le pétrole «léger».
Le Messager
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Plateforme pétrolière

Impact social

Comme argument, le gouvernement explique que le cumul des subventions des produits pétroliers au cours des cinq dernières années auraient pu permettre au Cameroun de boucler près de dix grands projets structurants sans recourir à un endettement quelconque. 

Les défenseurs de cette cause citent alors le Port en eau profonde de Kribi dont le coût est estimé à près de 244 milliards Fcfa; les 1500 logements sociaux (33,5 milliards Fcfa ); les stades de Bafoussam et de Limbe (17,870 milliards Fcfa ) ; l’hôpital gynéco-obstétrique de Douala (3,7 milliards Fcfa ) ;l’adduction d’eau potable de Douala , phase II (50 milliards Fcfa) ; la construction de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen (48 milliards Fcfa) l’autoroute Yaoundé /Douala (250 milliards Fcfa, phase I). La construction du Ring Road pour 200 milliards Fcfa, la réhabilitation du barrage de Lagdo dans le septentrion estimé à 38 milliards Fcfa ainsi que  l’adduction d’eau potable à partir du fleuve Sanaga à 200 milliards Fcfa, etc.

 Ces explications ne satisfont pas les populations sous l’emprise de la pauvreté. «Nous sommes d’accord qu’on supprime les subventions. Mais, que ferons-nous des 400 milliards Fcfa desdites subventions?», interroge Axel Ambani, chauffeur de taxi. Comme l’essentiel des Camerounais, notre interlocuteur redoute l’impact de la hausse du prix des carburants sur le coût de la vie. «Il est évident que cette suppression entraînera la hausse des tarifs de transport. Tout comme elle va se répercuter dans celui des produits de consommation courante.»  De sources crédibles estiment que cela impactera d’environ 30% le coût des marchandises sur le marché. Le prix du litre de carburant se situerait à environ 700 Fcfa pour les prévisions les plus optimistes, notamment celles du ministère du Commerce. Quelles seraient alors les solutions alternatives ? D’aucuns espèrent au relèvement des salaires des fonctionnaires et la baisse celui des taxes et autres impôts auxquels sont assujettis les acteurs du transport les commerçants dans leur grand ensemble. Pistes invraisemblables…

Par ailleurs, plusieurs personnes se montrent d’autant réticentes à cette suppression annoncée des prix des carburants que la gestion même des produits pétroliers reste une affaire réservée au Cameroun. Qu’est-ce qui dit que les chiffres officiels brandis ci et là sont vraiment sincères ? A cet effet, le Cameroun a lamentablement échoué à l’Initiative de transparence dans les industries extractives (Itie) aux motifs que les paiements matériels dans ce secteur ne sont pas présentés ainsi que nous l’indiquions dans l’édition de Le Messager N° 3634 du 13 juillet 2012.

Focal. A quoi sert la Sonara ? 

Des travaux d’extension et de modernisation de la Société nationale de raffinage (Sonara) à Limbé, dans la région du Sud-Ouest, sont en cours pour un coût global de quelque 350 milliards Fcfa. Lesdits travaux permettront-ils à cette entreprise, de raffiner le pétrole extrait du sous-sol camerounais ? Visiblement cet aspect n’a pas été pris en compte.

La question est pourtant importante à plusieurs égards. C’est que, contrairement au Nigéria, au Gabon et autres pays du Golfe de Guinée, le Cameroun produit un pétrole dit trop «lourd» que l’usine de la Sonara ne peut raffiner, ayant été équipée depuis sa construction, pour traiter uniquement le pétrole «léger». Mais surtout, la Sonara a été construite pour stocker le pétrole raffiné par l’entreprise. A cet effet, l’entreprise vient d’ailleurs de signer une convention lui permettant d’acquérir deux stockeurs de haute capacité.

Fort de ces insuffisances techniques de la Sonara, le Cameroun, pays producteur de pétrole, est  obligé d’importer des hydrocarbures du Nigéria ou de la Guinée équatoriale pour sa consommation locale. Avec toutes les contingences qui vont avec, notamment les réalités du prix du cours mondial. Ceci explique sans doute cela.

Joseph OLINGA

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