03/09/2009 19:12:16
Gabon: tensions après la victoire d'Ali Bongo la présidentielle
"Tout ce que je peux suggérer, c'est que chacun accepte le verdict S'étant prêté au jeu, connaissant les règles du jeu à l'avance, chacun doit accepter le verdict des urnes"
Radio-Canada et THE ASSOCIATED PRESS
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LIBREVILLE, Gabon — La situation était tendue jeudi au Gabon, où Ali Bongo Ondimba, fils d'Omar Bongo, a remporté l'élection présidentielle. Le candidat du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), a obtenu 41,7%, devançant André Mba Obame (25,8%) et Pierre Mamboundou (25,2%), a annoncé le ministre de l'Intérieur Jean-François Ndongou. Ces résultats ont été immédiatement contestés par l'opposition, tandis que quelques incidents anti-français ont été signalés à Port-Gentil.

A Libreville, Pierre Mamboundou, qui avait déjà dénoncé "une farce frauduleuse", a été blessé par des policiers qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser un rassemblement de l'opposition devant le siège de la Commission électorale, selon Louis-Gaston Mayila, chef du parti UPNR allié à M. Mamboundou. A Port-Gentil (sud-ouest), capitale économique du pays, c'est la France, accusée d'avoir soutenu le fils d'Omar Bongo, qui a été visée. Le consulat de France a été partiellement incendié, alors que les groupes Total et Schlumberger ont été visés.

Face aux accusations de fraude lancées par l'opposition, Ali Bongo a estimé que les recours devant les instances compétentes étaient la seule voie légale, rejetant les appels à la contestation dans la rue. "La compétition est maintenant terminée. Il existe des instances pour les recours", a-t-il déclaré. "Le peuple gabonais ne peut être pris en otage, le peuple gabonais ne doit pas être exposé et personne n'a le monopole ni du peuple ni de la rue".

Et de poursuivre à l'adresse des opposants: "Tout ce que je peux suggérer, c'est que chacun accepte le verdict. S'étant prêté au jeu, connaissant les règles du jeu à l'avance, chacun doit accepter le verdict des urnes".

Par ailleurs, alors que le consulat de France à Port-Gentil a été attaqué par des manifestants, le Quai d'Orsay a précisé qu'aucune évacuation de ressortissants français n'était envisagée. "Il n'y a pas du tout d'évacuation en ce moment" et "nous assurons la sécurité de nos ressortissants", a-t-on indiqué au ministère des Affaires étrangères.

Les manifestants ont pillé des magasins voisins, emportant avec eux des réfrigérateurs et des postes de télévision. Ils ont également pénétré dans la prison et libéré des détenus, selon Dianney Madztou, un journaliste local.

"L'annonce des résultats provisoires a provoqué des troubles autour de notre chancellerie, qui a été incendiée et je sais aussi que les groupes Total et Schlumberger (...) ont été attaqués, qu'il y a eu des gens qu'il a fallu sortir de là, ce que les troupes gabonaises ont fait", a dit le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner. "Nous condamnons très fermement ces atteintes à l'ordre public et nous sommes prêts à aider les ressortissants français s'il en était besoin. Pour le moment, il n'y en a pas besoin", a-t-il souligné. La France dispose de 980 militaires au Gabon.

Le secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet a assuré pour sa part sur RTL que la France ne s'était en aucun cas impliquée dans le scrutin. Il a souligné que le consulat de France à Port-Gentil avait été "partiellement endommagé", et que les attaques contre la concession Total et un immeuble où est installé le groupe Schlumberger s'étaient produites "dans le même périmètre", "sur un secteur géographique isolé". Il a appelé les ressortissants français à rester confinés chez eux pour l'instant.

A Dakar, des étudiants gabonais se sont attaqués à l'ambassade du Gabon, bousculant le garde qui se trouvait à l'entrée. Une forte explosion a été suivie par un bruit de verre brisé, alors que le bâtiment semblait avoir été incendié. "Nous voulons le changement", a déclaré un étudiant. "Cette élection est une fraude".

Dix-huit candidats étaient en lice à l'élection présidentielle, organisée dimanche, devant désigner le successeur d'Omar Bongo, décédé en juin après un règne sans partage de 41 ans sur le Gabon. Quelque 816.000 électeurs étaient appelés aux urnes, sur une population d'un million et demi d'habitants, dont 40% est âgée de moins de 15 ans. Ali Bongo était présenté comme le favori du scrutin.

 


 

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