01/08/2012 02:52:01
Selon l'accusation... Voici comment Y. M.Fotso a détourné de l'argent
Otelé Essomba, un accusé audité comme témoin, a réédité ses charges contre le milliardaire
Le Messager
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Yves Michel Fotso

Affaire Marafa et Cie. Otelé Essomba réédite ses accusations contre Yves Michel Fotso

Comme lors de son audition en tant que accusé, Otele Essomba s’est attelé à montrer comment Yves Michel Fotso à travers des sociétés, prétendument prestataires de services de la Camair a détourné l’argent destiné à un aéronef présidentiel.

La fièvre semble être tombée ce mardi, 31 juillet 2012 au tribunal de grande instance du Mfoundi. C’est la cinquième audience relative à l’affaire ministère public et Etat du Cameroun contre Marafa Hamidou Yaya, Yves Michel Fotso et autres. Matée par le déploiement quasi spectaculaire des forces de sécurité et surtout l’arrestation des personnes annoncées par notre confrère Le Jour. Toujours est-il que ce 31 juillet 2012, la foule de supporters de Marafa est quasi absente des abords du palais de justice. Mais la salle est quant à elle toujours aussi pleine. Mais, contrairement aux audiences précédentes, on peut avoir une place assise même en arrivant à 11h. L’encombrement des portes et fenêtres observé par le passé a disparu. Dans la salle d’audience qui attend les accusés et les juges, sont déjà présents les avocats des deux parties (civile et défense). Ils échangent et parfois compulsent leur document. Outre les membres de la famille des accusés, des curieux sont présents. Des hommes en tenue sont toujours aussi nombreux.

Après l’heure annoncée (11h) pour la reprise de cette audience suspendue  vendredi 27 juillet dernier, certains commencent à trouver le temps long. Ils ne sont pas encore habitués au retard enregistré par le tribunal. 12h42, un mouvement est observé et l’on reconnaît Gérôme Mendouga, ambassadeur du Cameroun à Washington aux Etats Unis entre 2001 et 2003. Il est escorté. Car encore en détention. Il va déposer comme témoin de l’accusation. Et est interrogé sur son intervention dans le cadre de cette affaire.

Le diplomate au cours de son audition indique à la cour que le 27 mars 2003, sur hautes instructions du chef de l’Etat, transmis par le ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République au moment des faits, Jean Marie Atangana Mebara, il se rend au siège de Boeing à Seattle pour « sauver » une situation. Il expliquera comment il a rencontré les responsables de cette compagnie à qui le Cameroun avait fait la commande d’un aéronef. Lequel selon ces responsables n’avait pas été livré pour cause de défaut de paiement. « Vous avez déjà donné 4millions de dollars. Pour ce qui reste, nous vous demandons un acompte supplémentaire de 4millions de dollars et un échéancier de paiement pour le reliquat », apprend-il desdits responsables selon ses dires au tribunal. A la cross examination, Marafa veut savoir si l’appareil vu par l’ambassadeur au cours de sa mission est « pimpant neuf » et non de seconde main comme le laisse penser l’accusation. Qui était l’intermédiaire du Cameroun auprès de Boeing avant lui ? Le témoin soutient ne pas être là pour répondre de ce qui ne relève pas de son intervention dans cette affaire.

De Yaoundé à Singapour

Moins d’une heure plus tard, Gérôme Mendouga cède son siège de témoin à Otélé Essomba Hubert Patrick Marie. Lequel en sa qualité d’expert et auditeur pour le compte de l’Etat à la Camair s’est retrouvé à un moment mêlé à cette affaire. Bien qu’acquitté dans le procès qui opposait Mebara ; lui et d’autres à l’Etat du Cameroun dans le cadre de cette même affaire de détournement de deniers publics dans l’achat d’un avion présidentiel, il est toujours détenu à la prison centrale de Yaoundé.

Il va donc s’évertuer à démontrer comment Yves Michel Fotso alors Administrateur général de la Camair a réussi a déjouer l’attention et détourné l’argent destiné à l’achat de l’avion pour les déplacements du président de la République. Notamment à travers la mise en place des sociétés écrans. Pendant plus de deux heures, on entend ainsi citer des noms tels : Bith Limited ; Pcm ; Rottwell, Shanmunga basée à Singapour, Gia, etc. Lorsque nous allions sous presses, ce témoin de l’accusation était encore devant la barre. Nous y reviendrons !

Nadège Christelle BOWA

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