02/08/2012 00:02:41
Mésaventure. 112 infortunés venant du nord-Cameroun en détresse à Kribi
Ils ont été transportés de Mora à l’Extrême-Nord pour Kribi dans l’Océan dans l’optique de se faire recruter à la société d’Hévéa du Cameroun (Hévécam) à Nyété situé à 80 Km de la cité balnéaire.
Le Messager
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Ils ont été transportés de Mora à l’Extrême-Nord pour Kribi dans l’Océan dans l’optique de se faire recruter à la société d’Hévéa du Cameroun (Hévécam) à Nyété situé à 80 Km de la cité balnéaire.

Ce n’est plus un secret pour personne. Le chômage au Cameroun sévit avec une extrême acuité. Face à la quête effrénée d’un emploi, des milliers de jeunes camerounais se livrent à des aventures de toutes sortes. C’est dans cette dynamique que 112 jeunes gens, venus de Mora dans la région de l’Extrême-Nord ont atterri, tels de colis à Kribi dimanche 29 juillet 2012 avec pour espoir de se faire recruter à la société hévéa du Cameroun (Hévécam) par l’entremise de son partenaire en charge de la gestion des recrutements, Jean Claude Kenga, par ailleurs promoteur d’une structure dénommée Afrique-Europe.

C’est sous la férule de ce partenaire privilégié d’Hévécam que les 112 aventuriers ont été convoyés à Kribi dans un bus estampillé «le touristique». Une fois dans la cité balnéaire, les choses semblent ne pas se passer comme ils subodoraient. Selon leurs déclarations, ils avaient convenu avec le préposé au recrutement de percevoir chacun, la somme de 50.000Fcfa dès l’arrivée à Kribi et un peu plus tard un salaire mensuel de 150000Fcfa, une fois injectés dans le gros des effectifs d’Hévécam. Coup de théâtre, le sieur Kenga leur ordonne plutôt de poursuivre la route en direction de Nyété où se trouve la direction générale d’Hévécam, à environ 80 km du chef lieu du département de l’Océan.

Les 112 s’opposent. Conséquence, ils sont abandonnés à eux-mêmes. Contraints de passer la nuit à la belle étoile, ils ont lancé des cris de détresse en direction de l’élite de l’extrême-Nord, notamment, le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yéguié Djibril, le vice-Premier ministre chargé des relations avec les Assemblées, Amadou Ali et autres. Même la médiation des autorités locales n’ont rien pu faire. «Faites quelque chose pour nous. Nous sommes abandonnés à Kribi car nous recherchons du travail. Nous voulons retrouver nos familles à Mora », ont-ils lancé. Approché, Jean Claude Kenga est sans ambages : «je n'ai jamais promis leur donner cinquante mille francs à Kribi, puisque le transport a coûté trente mille Fcfa. Si on ajoute les cinquante mille ça fait quatre vingt mille. Quelle est la contre partie ?» S’interroge le partenaire d’hévécam.

Cette mésaventure des chercheurs d’emploi vient propulser de nouveau, Hévécam devant les projecteurs de l’actualité. On se souvient encore de la grève de deux mois qui avait paralysé cette société au point où le ministre du Travail et de la sécurité sociale, Grégoire Owona, a effectué plusieurs descentes à Kribi enfin de calmer la situation. En rappel, les ouvriers réclamaient de meilleures conditions de travail. Au moment où nous allions sous presses, nos sources ont fait état de ce que les 112 infortunés ont été mis en route  via le bus «Le Touristique» en direction de Mora. On a eu chaud !

Alex NGINKAL

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