02/08/2012 00:09:50
Craignant d'être livré à la CPI. Wattao se prépare au pire
Son avocat est déjà prêt et en lieu sûr. Ses confidences sur la rébellion enregistrées sur CD. Ambiance délétère au sein du camp Ouattara...
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Wattao

Son avocat est déjà prêt et en lieu sûr. Ses confidences sur la rébellion enregistrées sur CD. Ambiance délétère au sein du camp Ouattara...

En dépit des apparences, ce n’est pas la grande sérénité au sein du camp Ouattara où les chefs de guerre craignent d’être extradés à la CPI.

Au-delà de l’unité de façade, un climat de paranoïa généralisée règne au sein du clan au pouvoir en Côte d’Ivoire. Et le malaise tourne autour de deux questions. Alassane Ouattara sacrifiera-t-il à ses alliés occidentaux certains de ses lieutenants aux mains entachées du sang qu’il a fallu verser pendant près de dix ans pour le hisser au pouvoir ? S’il se décide à le faire, qui enverrat- il à la Cour pénale internationale (CPI) ?

Lors de sa tournée européenne, Guillaume Soro n’a cessé d’entendre des Français «généralement bien informés» évoquer un éventuel transfert à la CPI comme une possible entrave à sa carrière politique. Cela ne l’a pas rassuré. Issiaka Ouattara alias «Wattao», l’ex-Comzone qui est le plus proche de lui selon de nombreux observateurs, a déjà pris ses dispositions si l’on en croit des récentes confidences du périodique La Lettre du Continent. «Ex-chef de la rébellion des Forces nouvelles (FN), Issiaka Ouattara, alias Wattao, a consigné sa part de vérité sur la longue crise politico-militaire ivoirienne, depuis septembre 2002, dans un mémo confié à l'un de ses avocats basé à Dubaï. Excaporal chef passé au rang de commandant n°2 de la Garde républicaine, Wattao est un témoin privilégié de cette période», écrit la lettre confidentielle basée à Paris.

Où l’on se rend compte que Wattao a déjà consigné et mis en lieu sûr, sa «part de vérité», que l’on imagine gênante pour ceux qui pourraient le «lâcher». Le fait de confier ses «mémoires» à quelqu’un qui est manifestement hors de portée du régime d’Abidjan et de le faire savoir à travers une «fuite» savamment orchestrée est un signe, assurément.

Non seulement Wattao prépare un éventuel transfèrement, mais il a aussi anticipé une situation où il ne serait pas en mesure de témoigner directement. Il n’exclut donc pas le fait qu’on puisse essayer d’attenter à sa vie.

Benjamin Silué

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