02/08/2012 00:10:40
Carburants. Les prix inchangés à la pompe au Cameroun
Ajournement ou recul du gouvernement ? La société civile appelle à la vigilance
Le Messager
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Oilibya Cameroun

Ajournement ou recul du gouvernement ? La société civile appelle à la vigilance
 
Pour beaucoup, la suppression des subventions des carburants devait prendre effet hier mercredi 1er août 2012, avec comme incidence une éventuelle hausse des prix à la pompe.

«Nous n’avons aucune information concernant la hausse des prix des carburants. Nous pratiquons toujours les anciens prix que vous connaissez sous réserve du contraire. Tout le monde serait au courant s’il y avait changement». Tels sont les propos de Claude Eliane Possi, pompiste dans une station service Total à Akwa. En pointant le doigt au babillard de cette station service, elle donne la structure des prix maintenus en l’état. A savoir 569 Fcfa, 520 Fcfa et 350 Fcfa respectivement pour le super, le gazole et le pétrole lampant. Et même du gaz qui n’a connu aucun mouvement.

Un statu quo qui se pose comme une prise de conscience ou une attitude citoyenne des pouvoirs publics qui prônaient auparavant une indispensable hausse des prix des hydrocarbures à cause de l’arrêt des subventions des produits pétroliers. Car face à l’entrée en scène des médias (à travers des débats organisés) dans leur combat acharné contre la vie chère, les plaidoyers  de la société civile, les récriminations du citoyen lamda qui n’y comprend pas grand’chose et surtout les manifestations étouffées dans l’œuf à Bépanda omnisports vendredi dernier, et celles en gestation, avec cerise sur le gâteau des tracts qui ont inondé la capitale économique, le gouvernement a mis la pédale douce.

D’après Paul Gérémie Bikidik, président du réseau associatif des consommateurs de l’énergie (Race) à qui on reconnaît la paternité des tracts qui inspirent prudence au régime de Yaoundé quant à cette hausse annoncée des prix des hydrocarbures, «nous avons reçu des assurances selon lesquelles le prix des carburants ne sera pas augmenté, du moins de sitôt. C’est la raison pour laquelle toutes les activités que nous avons prévues ce jour (1er août 2012, date officieuse de la hausse des prix, ndlr) ont été reportées. C’est deux responsables au sommet de la Primature et du ministère du Travail et de la sécurité sociale qui nous ont saisis pour nous informer que des solutions appropriées seront trouvées dans un délai d’un mois, afin que nous ne descendions pas dans la rue. Nous sommes satisfaits de cette mesure car le gouvernement a finalement compris ce que pense la majorité des Camerounais et a reculé sous la pression de la société civile. Mais nous demandons aux consommateurs de rester vigilants car le gouvernement n’a pas les mains libres, il subit la pression des bailleurs de fonds qui tiennent à affamer les Camerounais. La société civile dans son ensemble va se mobiliser pour faire échec à ce projet suicidaire».

En attendant la probable hausse de ces prix, la société civile s’organise. «Nous tenons des réunions quotidiennes avec les associations des consommateurs, les syndicats des taximen et mototaximen ainsi que d’autres forces vives du département du Wouri. Dès que la hausse sera rendue officielle dans un mois, tout le monde descendra dans la rue, ce que je ne souhaite pour rien au monde», dit Paul Gérémie Bikidik président du Race. Ce dernier qui dit avoir été menacé hier au téléphone par un numéro inconnu n’entend pas baisser les bras. «Les menaces ne me font plus rien car je marche avec mon cercueil. Si je meurs pour la bonne cause, d’autres prendront le relais pour que le consommateur qui doit être au centre des priorités, ne soit plus considéré comme n’importe qui.», tranche-t-il.

Etame Kouoh

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