03/08/2012 01:55:23
Côte d'Ivoire. Les Dozos sèment encore la mort à Sinfra
Au moins un mort, onze blessés. Le récit d’une vendetta insensée.
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Milice Dozo, Côte d'Ivoire

Au moins un mort, onze blessés. Le récit d’une vendetta insensée.

Mercredi 1er aout 2012, aux environs de une heure du matin, les dozos basés dans le village de Sanégourifla, à 14 km de Sinfra, appuyés de renforts venus de la ville et de village environnants ont fait une descente expéditive. Même le chef du village en question n’a pas été épargné par la furie des dozos, milice pro-Ouattara. Le bilan provisoire établi par plusieurs sources concordantes fait état d’au moins un mort et de 11 blessés, dont 5 cas jugés graves, transférés au centre hospitalier régional (CHR) de Yamoussoukro. L’un d’entre les blessés graves y luttait contre la mort, de source médicale.

Tout est parti, selon des témoignages recueillis, d’un banal vol de bananes commis par un jeune autochtone, répondant au nom de Kouassi-Bi Romuald Roch, dans un champ qui appartiendrait à un ressortissant burkinabé, le mardi 31 juillet 2012. Ce dernier ayant pris le présumé voleur en flagrant délit, le remet aux dozos. Qui le conduisent chez le chef du village pour son jugement.

Toujours selon les témoignages, profitant d’un moment d’inattention de l’auditoire, le voleur prend ses jambes à son coup. Aussitôt un dozo se met à sa poursuite. Ce dernier tombe à la renverse, déséquilibré dans sa course-poursuite par un jeune du village, qui serait ami au présumé voleur. C’est donc en représailles à ce qu’ils ont qualifié d’extrême humiliation que les Dozos sont venus, peu après minuit dans la nuit du mardi à mercredi, en grand nombre des quatre coins de la région pour «corriger» le chef du village et ses administrés.

Selon les explications du 2e adjoint au maire de Sinfra, Lamine Sidibé, ce sont plutôt des amis et frères du voleur dissimulés dans la broussaille qui ont d’abord ouvert le feu sur des dozos qui poursuivaient le voleur. Si l’on en croit sa version, c’est dans leur riposte que ces derniers ont tué le voleur et blessé plusieurs de ses amis. Cette version appelle des questions.

Le chef du village blessé lors de cet évènement était-il aussi armé et embusqué ? Depuis quand une opération «classique» de «maintien de l’ordre» (même si l’on considère que les Dozos ont, dans la Côte d’Ivoire «nouvelle», le droit de se substituer aux gendarmes) se mène à une heure du matin ? Après le préfet de Duekoué qui a visiblement couvert les crimes des jeunes malinkés aidés de dozos et Frci, c’est le maire de Sinfra qui s’y met. Attention aux conséquences !

Frank Toti

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