03/08/2012 02:08:10
Affaire Marafa. Le «one man show » d'Otelé Essomba pour noyer Y.M. Fotso
Le « principal » témoin de l’accusation a été une fois de plus appelé à la barre hier pour  poursuivre ses éclaircissements.
Le Messager
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Yves Michel Fotso

Le « principal » témoin de l’accusation a été une fois de plus appelé à la barre hier pour  poursuivre ses éclaircissements.

« Voler ce n’est pas seulement casser les maisons des gens, les dépouiller de tous leurs biens, les voler, les tuer ou les violer au passage. Voici le vrai banditisme ici ! au lieu d’être jugé et probablement punit, ce monsieur devrait être félicité, garder l’argent détourné comme récompense qui nous sera plustard présenté comme un cadeau de l’Etat camerounais à son endroit et enfin, utilisé conséquemment par notre pays, à notre profit pour « fey » (abuser Ndlr) d’autres pays pour notre développement. On meurt dans le sous-développement alors que les moyens de nous développer ne sont pas loin ! Comme ça, l’affaire d’augmentation de carburant là et les autres galères seront terminés ici au pays », lance avec une apparente admiration pour l’accusé Yves Michel Fotso, un badaud venu assister à l’audience d’hier  jeudi 02 août 2012, au sujet de l’affaire  Marafa Hamidou Yaya, Yves Michel Fotso, Julienne Kounda et Cie opposés à l’Etat du Cameroun, pour détournement et du détournement en coaction de la somme de 29 millions de dollars perpétrés courant 2001 à 2004 dans le cadre du processus d’acquisition d’un aéronef présidentiel, le Bbj-2.

Cette réaction ne naît pas ex-nihilo. En fait, elle part des arguments apportés par le témoin Otélé Essomba. Il a une fois de plus été rappelé à l’audience d’hier pour continuer de démontrer par quels procédés, les accusés ont détourné le montant qui leur est reproché. Ayant fait partie de la commission d’audit dans cette affaire, il intervient en tant qu’expert et parle principalement, avec assurance, des sociétés écrans mises sur pieds par Yves Michel Fotso (Ymf) pour transférer l’argent dans ses comptes personnels, tant ici qu’à l’étranger.

La première question du parquet est relative au rapport d’expertise mentionnant une demande de transfert de la somme de 2 milliards, 757 millions 550 milles 208 Fcfa en faveur de Gia, extrait du compte de la Camair domicilié à la Cbc, pour location des avions Boeing 767-200 et 747-200. «Quel commentaire vous suggère ledit document ?», poursuit le ministère public. Le témoin explique alors au tribunal que c’est en réalité un ordre de virement de la Cbc adressé à l’attention de Mme Komnang, qui n’est autre que dame Julienne Kounda. Cette somme était sensée être virée à Gia par la Camair avec pour objet de régler les échéances du Boeing 767-200. Le problème avec ce virement est qu’il n’est jamais parvenu à Gia car réorienté, contrairement aux instructions de la Camair à la société Beith Limited (Bl) (une société écran, selon le témoin, montée par Ymf).

Pro-Marafa ?

Le fait extraordinaire dans cette histoire poursuit-il, est qu’alors qu’au même moment, Bl encaisse ladite somme, celle-ci est entièrement décaissée par 02 chèques : un premier de 2 milliards 300 millions 342 milles Fcfa au profit de sieur Saïd Davoun et un deuxième chèque d’1milliard 442 millions 342 milles Fcfa 560 Fcfa au profit de sieur Pimkié.

Par la suite, le ministère public s’inquiète de ce qu’une somme de 02millions de Fcfa aurait été virée 02 fois pour une même fin. Otelé Essomba, en expert, expliquera par quelle alchimie, Tll (une autre société écran) est née, en remplacement de Gia, une société au départ crédible, qui s’est avérée par la suite, un montage, un simple arrangement entre l’ex Administrateur directeur général de la Camair et un simple paysan américain au nom de Mek. De bout en bout, il est clairement démontré la naissance de plusieurs sociétés fictives, appartenant à des directeurs qui au fond n’étaient que des marionnettes ou n’existaient pas du tout, et dont à la réalité, le véritable ayant-droit de ces sociétés n’est autre qu’Ymf.  

En date du 08 septembre 2008, une lettre entre Ymf et l’ex Minatd (Marafa) est échangée. Celle-ci fait l’objet d’une longue interrogation par le ministère public car, Ymf y rend compte à Marafa de la suite de l’affaire de l’acquisition de l’avion présidentiel alors qu’il n’est plus en service à la présidence de la république. Le parquet veut savoir si le Minatd exerce une quelconque tutelle à l’endroit de la Camair «  non », apprend-t-on. Mais tout de suite, Otelé Essomba renchéri qu’il peut comprendre l’intérêt de l’ex Minatd pour cette affaire alors qu’il n’est plus aux reines, car il avait dit « vouloir continuer à suivre le dossier d’acquisition de l’avion présidentiel »

Au bout de près de 04h de débat, le tribunal annonce qu’il ne désire plus auditionner les autres témoins de l’accusation, qu’on s’en tiendra aux dires des 04 qui sont déjà passés.  Il se retire après les réquisitions intermédiaires où le parquet a demandé qu’il soit mentionné que les 03 co-accusés ont détourné en coaction, et que c’est ce qu’ont visé à démontrer leurs témoignages. Le tribunal va refaire son entrée après une courte pause pour dire si les débats doivent se poursuivre, avec notamment les questions de la défense et des accusés au témoin.

Florette MANEDONG

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