07/08/2012 00:52:06
Si M. Biya quittait le pouvoir vivant, que ferait-on de lui ?
...Pendant ce temps, la nouvelle équipe dirigeante du pays sous l’impulsion créatrice du nouveau chef d’Etat devrait rapidement remettre le pays debout et le bâtir solidement en créant les conditions d’épanouissement justes pour tous et en stimulant le génie qui sommeille en chaque citoyen...
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À l’heure de penser l’après Paul Biya. Si M. Biya quittait le pouvoir vivant, que ferait-on de lui et de sa vaste bande ?

Les souffrances et frustrations récoltées çà et là par les Camerounais sous le long régime de Paul Biya ont mis dans la tête de nos citoyens que ce monsieur devra être arrêté, jugé, condamné et emprisonné ainsi que d’autres « criminels » qui ont servi sous lui. De mon point de vue, je ne souhaiterais voir aucun d’eux en prison.

Je ne souhaiterais non plus voir Paul Biya et sa bande être condamnés à mort. Ce serait être trop généreux à leur endroit.  Je comprends la position et la fermeté de beaucoup de nos compatriotes qui demanderaient des châtiments exemplaires pour ces grands criminels du Cameroun.

Les crimes économiques, politiques, sociaux, écologiques et les discriminations qui ont coulé à profusion sous le long règne de Paul Biya font qu’il devienne une pièce de curiosité pour le Cameroun. Je reste favorable à des procès contre lui et sa bande. Toutefois, ceux-ci ne devraient en aucun cas ouvrir sur des peines d’emprisonnement.

Il faut être diminué pour ne pas penser comme ces frustrés ou pour ne pas les comprendre. Mais penser au-delà de ce qu’ils pensent est légitime et peut être bénéfique pour le pays.

Pour qu’un pays plein de potentialités humaines, économiques et naturelles comme le Cameroun arrive à l’état de délabrement poussé et de misère actuels en cette fin du régime néocolonial RDPC, il faut qu’il y ait eu à sa tête un être exceptionnel, un être extraordinaire, inoubliable ; bref, un phénomène. Et justement, M. Biya est un phénomène, un humain trop inhumain aux forces de destructions massives comparables à celles du feu Mobutu du Zaïre. 

La culpabilité de M. Biya et des autres ne devra pas être une clef qui leur ouvre les portes de prison ou de la mort qu’ils convoiteraient comme un lieu décent pour le repos. Non. Le Cameroun est un grand chantier qui doit être construit autant par les victimes que les bourreaux du régime RDPC. Mettre ces gens en prison reviendrait à les faire vivre aux crochets du peuple camerounais qu’ils ont longtemps et trop desservi. Leur réserver d’espace en prison reviendrait àles choyer après leurs forfaits et forfaitures inoubliables.

Après création des conditions d’une justice non ordurière pareille à celle que le Cameroun connaît sous l’ère Biya, des procès justes pour le déchu et tous ceux soupçonnés de crimes contre le pays doivent se dérouler partout dans le pays. À l’issue de ces procès, personne ne devra aller en taule.

Paul Biya et sa bande devraient être détachés et dispersés dans des centres d’élevage, d’agriculture et d’artisanat communautaires du pays d’où ils apprendraient, pour la première fois, à travailler dans les conditions et avec les mêmes outils dont se servent nos paysans et artisans. Ils devraient travailler auprès et avec nos paysans qu’ils ont toujours exploités et négligés.

À l’avenir, l’Etat camerounais sous la direction des patriotes devra rendre les criminels plus utiles et productifs pour le pays, que de les laisser être des êtres à sa charge. En prenant place auprès des travailleurs et bâtisseurs du pays, ils bénéficieront de l’accès à de bons médecins et des repas proportionnels à leur rendement.  

Pendant ce temps, la nouvelle équipe dirigeante du pays sous l’impulsion créatrice du nouveau chef d’Etat devrait rapidement remettre le pays debout et le bâtir solidement en créant les conditions d’épanouissement justes pour tous et en stimulant le génie qui sommeille en chaque citoyen. C’est de remords suivis de crises multiples que devraient mourir un à un les criminels déchus de l’ancien régime, éblouis par la rapidité et l’effectivité de la reconstruction nationale.  

Léon Tuam,
Ecrivain, activiste des droits humains et enseignant.
Boston, le 06 août 2012.

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