07/08/2012 01:28:34
Bertoua. Comment Paul Biya a fauché des commerçants
Pendant le séjour du président de la République dans le chef lieu de la région de l’Est, tous les commerces ont été fermés au grand dam des tenanciers qui ont enregistré d’énormes pertes.
Le Messager
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Pendant le séjour du président de la République dans le chef lieu de la région de l’Est, tous les commerces ont été fermés au grand dam des tenanciers qui ont enregistré d’énormes pertes.

C’était un vrai calvaire que vient de vivre les populations de la ville de Bertoua chef lieu de la région. Pendant trois jours, du jeudi 02 au samedi 04 août 2012, le marché des vivres, les boutiques du centre commercial, débits de boissons call-box, restaurant…Tout est resté fermé. Pis, les taximen motos étaient généralement les cibles des éléments des forces de l’ordre qui en pareilles circonstances veillent à ce que le calme et la sécurité soient de mise dans la ville.

«Il nous est impossible de circuler en ce moment. Nos recettes sont restées les mêmes tout simplement parce que tous les artères de la ville sont bloqués de part et d’autres, par les éléments des forces de maintien de l’ordre alors que nous fondions des espoirs en cette visite du chef de l’Etat pour faire de bonnes affaires », expliquaient certains. Selon Robert Moukden un commerçant de la ville, l’autre facteur qui a contribué à plomber les affaires en cette période de la visite de Paul Biya à l’Est est, « le fait que depuis plus d’un mois, le préfet du Lom-et-Djerem avait imposé la fermeture de nos boutiques chaque jeudi pour faire la propreté jusqu’à 10heures. Une situation qui a habitué nos clients à nos absences les jeudis et contribué en une sorte de ville morte ce jour-là à Bertoua. » La morosité de ce jeudi 02 août 2012 observée avant l’arrivée de Paul Biya participe donc à cette posture de l’administration qui, en plus, a imposé la fermeture des bars et autres lieux de plaisir. Même si les populations étaient également contraintes d’aller à pieds durant le temps de ce séjour présidentiel, l’un des clichés le plus désagréable reste ces citoyens que les éléments de la garde présidentiel faisaient asseoir sur du goudron en plein  soleil quelques heures avant l’arrivée du chef de l’Etat. Au motif qu’ils ont  « traversé la route».

Le seul secteur d’activité qui peut se vanter d’avoir vu son chiffre d’affaires augmenter depuis plus d’un mois, c’est l’hôtellerie au point où durant cette période, il était difficile pour le visiteur ordinaire ou de passage de se trouver une chambre dans un hôtel voire une auberge de la ville. Les presque 500 chambres réquisitionnées par l’organisation ont été jugées insuffisantes.

De sorte que lors d’une réunion d’évaluation des préparatifs de cette visite, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, le gouverneur de l’Est, avait instruit la sous-commission en charge de ce secteur de « recenser des domiciles privés qu’on pourrait mettre à contribution pour l’hébergement des autorités d’un certain rang qui ne souhaiteraient pas se confiner dans des chambres d’hôtels dans lesquelles elles ne pourraient pas recevoir des amis et proches. » La fermeture temporaire de l’Hôtel Mansa pour des réfections a même favorisé l’émergence d’autres structures de la place devenues du coup des destinations très prisées de certains membres du gouvernement et militants du Rdpc venus des quatre départements que compte la région.

Ange-Gabriel Olinga B

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