08/08/2012 01:06:05
Tousse pour un, rhume pour tous ! (Musique de Tchana Pierre)
Il n’est jamais trop tard. Alors, à défaut d’un podium olympique, levons-nous et levons nos verres pour chanter à l’unisson : « chaire patriiiiiiiiiiiiiiye, taire chériiiiiiiiiiiiiiiye, à toi la moue et l'écran d'honneur ». Il n’est jamais trop tard. Tousse pour un, rhume pour tous !
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Tousse pour un, rhume pour tous ! (Musique de Tchana Pierre)

Il n’est jamais trop tard, mes voisins de la forêt sont en pétrole, mes voisins du désert sont en pipeline, ils reçoivent des dividendes, organisent des coupes d’Afrique, ils ont le Smig a 150 mille balles, mais moi je m’en fous, ‘petit à petit le nid fait son oiseau’. Je dis que jamais il ‘nait’ tard, les ambitions vont s’ambitionner, les réalisations vont se réaliser, les illusions vont s’illusionner, les barrages vont se barrer, nous auront moins de délestages, sur les monts Mbankolo coulera de l’eau, mais si tu veux, tu t’en fous, petit à petit l’oiseau fait son nid.

Il n’est jamais trop tard, 2012 année de barrages, 2013 ce sera comment ? Les Chinois 'chinetoquent' à la porte, avec manœuvres, chauffeurs et ingénieurs. Les chapelles font du régionalisme épiscopal, les loges de la rose+croix se vident, les francs-maçons ont cassé le compas, les satanistes ont trouvé le point ‘G’, mais moi je suis resté. Je suis le gardien de la tradition. Alors je m’en fous, mais oui je m’en fous. On va agrandir l’axe lourd, et les morts vont ressusciter. Je dis qu’il n’est pas encore tard, le carburant va carburer, On cherche le bonheur quoi. Et le bonheur n’a pas de prix ni de temps, car il n’est jamais tôt ou tard. Douala Manga Bell, Martin Paul Samba et le chef Madola, ont été pendus ce 8 août de 1914. Les lamibé de Kalfu et de Mindif ont subi le même sort. Mais je m’en fous de notre mémoire oublieuse

Il n’est jamais trop tard. Mbappe Lepe est décédé. Roger Bessala a fait son temps, Ndongo Ebanga est un lointain souvenir, Enanga Barnabas et ses redoutables basketteurs ont vieilli. Les Lions indomptables sont domptés, le sport ne fait plus rêver, mais moi je m’en fous, la relève se fera un jour. Car ce n’est jamais une tare, de partir d’un bon pied.

Françoise Mbango a franchi le Rubicond, elle est récupérée par la France, elle se dit déçue par ses compatriotes, malgré sa médaille d’or mondiale, malgré notre fierté, malgré notre drapeau, mais moi je m’en fous, on n’est pas prophète en son pays. Je dis qu’il n’est même pas tard, si les footballeuses se font la malle aux jeux olympiques, c’est parce qu’elles vont voir ailleurs ce que l’on ne trouve pas chez nous, mais un jour elles reviendront, comme les hirondelles qui font le printemps, et les jacinthes d’eau sous les pirogues de sable d’un fleuve sans poisson. Au retour des grandes ambitions olympiques, ce sera le début des grands chantiers de la course des tortues, on jouera au songo en attendant, et moi je m’en fous des petits appétits et des gros cœurs. Le bonheur c’est au Camer, la paix c’est au Camer, la démocratie c’est au Camer, le Camer c’est le Camer, mais moi je m’en fous, ‘petit appétit’ et vogue l’oiseau. petit à petit le nid fait son oiseau.

Qui t’a dit qu’il est trop tard ? Ho Jah ! Est-il si tard ? Lève-toi et marche ! S’il te plait lève-toi Jah ! Mes amis sont en prison, mes médecins sont en exil, mes ingénieurs sont au chômage, ils laissent travailler les Chinois, d’autres cherchent le pouvoir tabou. Il n’est jamais trop tard, mes compatriotes en avion ‘crashent’ en silence. Mais un jour on fera les obsèques des ‘crasheurs’. Ils auront des médailles, de préférence en toc, en chocolat ou en maquereau. Sur leur tombe, on lira les graffitis.« Ci-git Mongo Beti. Il a tant aimé le Cameroun qu’il est né dans une ville cruelle ». Père Engelbert Mveng : « c’était Moïse l’africain. La table de lois était dans son cerveau ». Jean Marc Ela : « ô morts, de quel exil vous réclamerez-vous ? »Pius Njawe : « il cherchait le renouveau originel, il a trouvé l’immortalité ».

Il n’est jamais trop tard, jamais, jamais trop tard. Il naît toujours trop tard, quand certains ont mécanisé leur agriculture ; d’autres ont fait leur révolution industrielle, s’arrimant aujourd’hui à l’informatique, sautant à travers la fenêtre Internet pour entrer au village planétaire. Mais moi je m’en fous, mais oui je m’en fous. Petit à petit l’oiseau va nidifier. Il pose des pierres partout. Surtout des premières pierres. Sur ces pierres il bâtira son effigie. Car jamais tard, il ‘nait’ tard. Le nid a déjà fait son oiseau, l’oiseau est tombé des nues, la ménagère a perdu son panier, c’était un panier percé. Les sportifs ne font plus rêver, ils marchent ou crèvent. Ils font les cent mètres en 30 secondes, 30 minutes, 30 heures, 30 mois et 30 ans. Mais moi je m’en fous, de ses rentes vivra la nation. La fourmi dira à la cigale malingre danseuse du bikutsi, qui squatte la banque mondiale et le Fmi : « Eh bien, ‘tanguez maintenant’ ».

A Londres, le monde s’effondre. Clopin-clopant les Camerounais croyaient participer aux jeux paralympiques. Mais ils ont oublié leur équipement à la maison. Tu sais, mon ami Tchana Pierre, du ciel où tu es, tu sais que les béquilles sont très pratiques pour faire les 400 mètres haies, ou le triple saut, ou encore pour fracasser la tête d’un concurrent à la boxe…Avec les béquilles, nous aurions pu glaner quelques médailles, wouallaï ! Il n’est jamais trop tard. Alors, à défaut d’un podium olympique, levons-nous et levons nos verres pour chanter à l’unisson : « chaire patriiiiiiiiiiiiiiye, taire chériiiiiiiiiiiiiiiye, à toi la moue et l'écran d'honneur ».

Il n’est jamais trop tard. Tousse pour un, rhume pour tous !

Bon mercredi et à mercredi

Edking

Le Messager

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