10/08/2012 02:44:29
Après Yopougon et Akouedo. Une attaque fait 2 blessés FRCI à Agboville
La vague de violences qui s’abat sur la Côte d’Ivoire depuis quelques jours s’est étendue, dans la nuit du mardi à mercredi, à la ville d’Agboville, avec une attaque qui a fait au moins deux blessés graves dans les rangs des FRCI. Ces éléments ont été évacués d’urgence à Abidjan dans un centre d’hospitalier où ils reçoivent des soins
intenses.
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Frci à Abobo

La vague de violences qui s’abat sur la Côte d’Ivoire depuis quelques jours s’est étendue, dans la nuit du mardi à mercredi, à la ville d’Agboville, avec une attaque qui a fait au moins deux blessés graves dans les rangs des FRCI. Ces éléments ont été évacués d’urgence à Abidjan dans un centre d’hospitalier où ils reçoivent des soins
intenses.

Pour l’instant, c’est le mystère sur leur situation ; ce qui donne du poids aux rumeurs faisant étant d’au moins un mort dans l’attaque survenue après celles de Yopougon et d’Akouédo qui ont endeuillé la célébration du 52ème anniversaire de la Côte d’Ivoire.

Les affrontements ont eu lieu entre 2h et 5h du matin à Erymakouguié, village situé à quelque trois kilomètres d’Abidjan, et qui abrite le corridor d’entrée de la ville d’Agboville. Les populations ont été tirées de leur sommeil, aux environs de 2h du matin, par les tirs nourris entre les FRCI et le commando mystérieux. Les assaillants qui auraient pris pied dans la localité avant la tombée de la nuit ont, de source militaire, ouvert le feu sur les éléments FRCI au poste d’observation, faisant des blessés dont deux cas graves dans leur rang. Les échanges dureront jusqu’au petit matin ; soit vers 5h du matin, quand le commando mystérieux, fort d’une dizaine d’hommes, se fond dans la nature.

Selon le commandant en second des forces républicaines basées à Agboville, Thierry Junior, les assaillants sont partis en direction du village de Guessiguié. Malheureusement, et comme c’est le cas dans chaque localité où les Frci essayent des attaques, d’innocentes personnes sont tout de suite indexés, malmenés et mis aux arrêts. Des fouilles opérées sur les voyageurs et des jeunes des localités environnantes, ciblées à l’avance par le préfet comme abritant des miliciens pro-Gbagbo, ont été arrêtés et mis à la disposition de la gendarmerie pour nécessité d’enquête. Selon le ministre Paul Koffi Koffi, délégué à la Défense, le calme est revenu dans la ville où les populations sont libres de vaquer à leurs occupations.

Un avis qui ne compte surement pas pour les populations qui ont pris au sérieux les rumeurs de couvre-feu et qui se sont terrées chez elle dès la tombée de la nuit. Dans la journée déjà, ce sont les rumeurs d’attaque et les ballets des FRCI qui ont occupé les populations. Il a fallu la publication des résultats du baccalauréat pour les égayer quelque peu, le temps que la psychose d’une attaque sanglante reprenne le dessus.

Emmanuel Akani

Impuissantes face aux assaillants. Les FRCI sombrent dans la répression

Depuis lundi matin, après l’attaque des camps d’Akouédo par des assaillants qui se sont évaporés quelques heures plus tard dans la nature, les villages d’Akouai-Santé et d’Akandjé subissent la furia des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci).

Un village à moitié désert. Quelques rares populations composées majoritairement de femmes assises ici et là, l’air apeuré parce que traumatisées après le passage d’éléments Frci qui ne cessent d’opérer des incursions depuis lundi… C’est le visage que présente Akouai-Santé. Cette bourgade qui se situe dans la commune de Bingerville est accusée, par les responsables des Frci, d’avoir servi de cache d’armes et d’avoir hébergé les assaillants des camps d’Akouédo.

Depuis lundi, les éléments des Frci envoyés en mission à Akouai-Santé, selon les témoignages recueillis dans le village, investissent les habitations à la recherche, disent-ils, d’armes qui auraient été dissimulées. Enlevant des jeunes qu’ils n’hésitent pas à passer violemment à tabac pour leur arracher des aveux. «Ils arrivent, tirent dans tous les sens, entrent dans les maisons, au lieu de s’en tenir aux armes qu’ils disent rechercher, ce sont les portables et des sommes d’argent qu’ils arrachent à leurs propriétaires. C’est à un véritable pillage en règle que nous assistons ici depuis lundi dernier», explique un habitant du village, sous le couvert de l’anonymat.

«Vous-mêmes voyez comment le village est désert. Tous nos jeunes ont été pris par eux et convoyés dans une ferme appartenant à un Libanais où des éléments Frci les torturent pour leur arracher des aveux. Lorsque ceux qui ont la chance d’être libérés reviennent dans le village, ils sont méconnaissables. Un jeune baoulé et le fils du directeur de l’école du village qui venait de prendre son résultat du baccalauréat ont été accusés d’être des miliciens. Ils ont été copieusement bastonnés et relâchés après. Malgré l’intervention du prêtre de la paroisse, le père Jean-Camille Bationo, et des éléments de l’Onuci dont l’un a son épouse originaire du village, la traque ne s’estompe pas. C’est la psychose !», expliquent un groupe de femmes rencontré devant la résidence du chef de village résident.

Harcèlement, enlèvements, torture...

Le drame du village d’Akouai-Santé, c’est d’être sur la voie qu’auraient emprunter les assaillants qui ont attaqué les camps d’Akouédo dans la nuit du dimanche à lundi. Dans leur repli, ces assaillants seraient passés, selon le témoignage d’un officier à l’état-major, par la cité Feh Kessé, les villages Akouai-Santé et Akandjé.

«Très tôt le matin, nous avons entendu des tirs et des vrombissements de véhicules qui nous ont contraints à rester cloitrés dans nos maisons. Nous n’avons pas pointé le nez dehors. C’est quelques instants plus tard que les Frci sont arrivées et sous la menace des armes, nous ont accusés d’avoir hébergé leurs ennemis», explique A. K. Selon lui, le motif avancé par les Frci qui motive leur acharnement sur les villages Akouai-Santé et Akandjé, c’est que, selon l’état-major, les services de renseignements généraux auraient indiqué que ces deux villages servent de cache d’armes aux assaillants.

Depuis lundi, aucune cache d’arme n’a été découverte, mais en lieu et place, c’est à un harcèlement avec son corollaire d’enlèvements et de torture que les jeunes (majoritairement) sont soumis. La notabilité et le curé de la paroisse qui tentent de raisonner en vain les hommes de Koné Zakaria et de Chérif Ousmane, sont impuissants. Le chef du village lui-même, lors du passage du Nouveau Courrier dans le village d’Akouai-Santé, était encore à l’état-major des Frci pour plaider la relaxe des jeunes injustement enlevés et en train d’être torturés.

Gilles Naismon


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