13/08/2012 02:02:37
Syrie : la France est-elle en train de se venger ?
Nous sommes donc replongés dans le bourbier syrien, et le porte-voix de cette « Syrie française » est bien l’ex de la République, M. Sarkozy qui joue le rôle d’ultra, cependant que Fabius –le vrai conducteur des affaires, le Tartuffe de la maison France- et les « socialistes » reprennent leur ancienne partition, et chantent, comme au temps de l’Algérie et de l’Indochine...
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Sarkozy et Hollande

La chaine syrienne « Syrian drama », sur satellite Hotbird, diffuse depuis quelques semaines  un  très bon film de série feuilleton  télévisé produit maintenant en  2012 sur le mandat français en Syrie ;  et les drapeaux tricolores y reprennent leur place historique de couleurs  de l’occupation étrangère, comme ils le furent en Europe, puis outre- mer- sous couvert de diffusion des droits de l’homme !

On y voit des manifestations, et des assassinats commis par les forces françaises de l’armée et de la gendarmerie, des manifestations populaires,  sans du reste, par pudeur, montrer les troupes coloniales, non seulement nord- et ouest-africaines et malgaches, mais asiatiques, tonkinoises etc.  à l’œuvre ! Le tout s’élevant à près de 28.000 hommes !

Ce témoignage du feuilleton syrien télévisé, qui n’ a rien d’une caricature,  sur la répression française est un coup sérieux porté à l’influence  politique de la France qu’une « diplomatie arabe » équitable avait su faire resurgir dans les années 60; et il est vrai que « chasser le naturel, il revient au galop ! » : qu’allions nous faire, Français, dans cet Orient nullement libéré par nous, sinon promener l’inquiétude de nos échecs d’influence sur le continent européen ? Ou continuer en Syrie l’expérience algérienne, et du protectorat marocain ?

Ceci explique que le général Gouraud qui s’illustra brutalement au Maroc en 1911 fût devenu un pilier – nommé par Clémenceau -  haut commissaire en Syrie de 1919 à 1923,- 1922 ayant vu la formation d’une « Fédération syrienne »- de cette administration mandataire  dont il faut redire qu’elle fut imposée à la Société des Nations le 24 juin 1922  et non pas créée ou décidée –seulement reconnue de facto- par elle, tout comme le mandat anglo-sioniste en Palestine.. !.

C’est en 1926 que le Liban sous ce mandat français, forma une « république » indépendante, traduisez dépendante de la puissance mandataire et séparée de la Syrie !

Nicolas SarkozyNous sommes donc replongés dans le bourbier syrien, et le porte-voix de cette « Syrie française » est bien l’ex de la République, M. Sarkozy qui joue le rôle d’ultra, cependant que Fabius –le vrai conducteur des affaires, le Tartuffe de la maison France- et les « socialistes » reprennent leur ancienne partition, et chantent, comme au temps de l’Algérie et de l’Indochine qu’ils martyrisèrent (leur Président et frère maçon Vincent Auriol ayant conduit, sous la IVème république cette guerre) ,  que la démocratie s’exporte, ou que la tyrannie, c’est l’indépendance des autres, des réfractaires au droit de prendre ce qui ne m’appartient pas !

Il n’y a pas là de jeu de mots, mais une réalité grotesque qui a fait que l’Europe a été pillée par la première  République française sous prétexte que les tyrans et ceux qui leur étaient asservis n’avaient pas la dignité de  jouir  de leurs biens et notamment des œuvres d’art rassemblées ainsi , de la Vénétie à la Belgique,  au Louvre, puis redistribuées en 1815 par exigence autrichienne!

 Ce nouveau mandat français ou franco-otanien préparé avec fébrilité s’appuie, comme hier, sur une Turquie contrôlée militairement, et l’article  de cette semaine  du « Canard enchaîné » sur les bases de la CIA et de l’OTAN en Turquie équipant et instruisant, payant les rebelles n’est qu’un changement de moyens, une augmentation de puissance, mais le principe est identique : la Syrie indépendante doit disparaître, le reste est affaire de propagande, et de terreur.

 Il y a néanmoins un avantage à cette situation : les jeux sont clairs ; d’un côté les 29 pays de la conférence de Téhéran où ce ne sont plus les Américains qui donnent le ton comme en novembre 1943, mais les gouvernements indépendants eux-mêmes, et de l’autre, la monarchie arabe, et ses satellites, - l’Algérie résistant comme toujours au Maghreb- ,  à l’opération ! Bien sûr, chacun a ses instruments : à la monarchie le soin de parler au nom des Musulmans et de lancer une guerre sainte contre les Assadiens, à savoir  de la majorité du peuple rassemblé autour de l’héritage de  Hafez el Assad, et  contre « L’Iran » devenu le mal en soi ; et aux autres, aux contribuables américains  etc. et l’éternelle asservie en Europe, , l’Allemagne « vache à lait » , de fournir argent et moyens !

 Déjà, au temps du mandat français en Syrie, l’Allemagne déclarée arbitrairement seule coupable de la guerre, au Traité de paix de Versailles, payait les pensions de guerre, la reconstruction de la France, et même rééquilibrait le budget annuel –la belle époque, les twenties !; nous étions en effet dans les années 20-30, jusqu’à la crise économique quand De Gaulle était envoyé en Syrie, s’occuper du renseignement militaire de novembre 1929 à novembre 1931  d’où il a laissé des notes militaires, qui marquent l’ampleur de la révolte contre nous !

Une réflexion de cet homme, discipliné et surtout philosophe, comme son professeur de père l’était, s’impose ici : il écrit au colonel Emile Mayer (1851-1938) – issu de la grande bourgeoisie israélite de Nancy, qui joua un rôle dans l’affaire Dreyfus,  et proche de Léon Blum,  le 24 avril 1930, cinq ans après la grande révolte druze de 1925,  sur l’armée   «  Vraiment comment ne pas croire à l’armée quand on la voit achever l’Empire ? Est-ce un bien de devenir un Empire ? Ceci est une autre histoire ! »   C’est par ce sentiment qu’ «une autre histoire » est possible que la France a eu un éclair de grandeur, un intérêt mondial, mais nous sommes retombés dans le bourbier impérial, soit dans la filière de l’alliance US et anglaise !

C’est donc cette vengeance  envers ceux qui nous ont expulsés que nous exerçons aujourd’hui en terre syro-libanaise, de l’affaire Hariri jusqu’à l’armement et l’instruction des mercenaires envahisseurs- et chaque coup de feu de la rébellion en Syrie et demain contre le Hezbollah au Liban, est une reconquête de la Puissance mandataire grossie de son ancienne complice anglo-sioniste en Palestine et surtout de l’héritier US qui conclut avec les Séoudiens une alliance géopolitique dont la Palestine d’après-guerre  fit les frais, et dont, car ils ne sont jamais loin des intrigues, comme les rapaces  des charniers-   les seuls possesseurs d’armes atomiques –et qui ne rêvent que du cadavre de Assad, de l’abaissement de la Syrie  et de l’Iran dans la région tirent  un bénéfice croissant, si l’on peut dire !

Il faut dire un mot de la vie de la Syrie depuis le départ de nos troupes en 1946, qui laissèrent le pays dans une anarchie permanant, chaque pays étranger ayant son réseau : officiers socialistes contre officiers conservateurs, oulémas contre laïques etc.. rendirent la Syrie ingouvernable. Ainsi en 1965 une nationalisation des industries entraina des grèves d’artisans et de commerçants ; une voix d’autorité se fit déjà entendre ; en 1967,  80.000 Syriens quittèrent leurs villages occupés par les  Sionistes ;  il fallut que la montée au pouvoir de Hafez el Assad,le père de Bachar, mit l’unité de la Syrie au premier plan des intérêts, -tout n'était pas parfait, mais plus sain (comme dit Goethe, mieux vaut une injustice qu'un désordre, le contraire est une hypocrisie, car le désordre est diabolique)  et les étrangers se virent forcés de reculer, puis reprirent par les monarchies du Golfe Persique et aujourd’hui la Jeanne d’Arc Clinton leur ambition de sacrer roi des Arabes à Damas celui qui veut avaler l’Iran et le Golfe persique, « notre homme à Djedda » !

Pierre Dortiguier

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