08/09/2009 12:06:37
Gabon : 15 candidats font bloc contre le "coup de force électoral"
15 des 18 candidats à l'élection présidentielle du 30 août se sont réunis le 7 septembre à Libreville pour dénoncer la fraude électorale massive ayant conduit à la proclamation de la victoire d'Ali Bongo Ondimba, et la violente répression des autorités envers la population et les leaders de l'opposition.
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15 des 18 candidats à l'élection présidentielle dénoncent une fraude électorale massive © AFP

Dans un communiqué, que nous publions in extenso, les candidats appellent au recomptage des voix et à la mise en place d'une enquête internationale pour déterminer la gravité de la répression des émeutes post-électorales, dont ils affirment qu'elle serait bien plus importante que ne le relaient les informations officielles.


DÉCLARATION DES CANDIDATS à L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

Libreville. le 7 septembre 2009.

«Nous, Anna Claudine AYO ASSAYI, Yvette NGWEVILO, Victoire LASSENI DUBOZE, Jean EYEGUE NDONG, Pierre MAMBOUNDOU, Casimir OYE MBA, Paul MBA ABESSOLE, Jules Aristide BOURDES OGOULIGUENDE, Jean NTOUTOUME NGOUA, Bienvenu Erick MAURO-NGUEMAH, Marcel Robert TCHORERET, Bruno Ben MOUBAMBA, Luc BENGONO NSI, André MBA OBAME, Zacharie MYBOTO, candidats réunis ce jour, réaffirmons sans ambages notre rejet des résultats de l'élection présidentielle du 30 août 2009 tel que proclamés par la Cour Constitutionnelle.

Il est constaté en effet, à mi-parcours de l'examen des procès-verbaux des bureaux de vote et de centralisation que de graves manipulations des-dits résultats, de scandaleux bourrages des urnes, ainsi que d'incompréhensibles gonflements des listes électorales ont contribué à fausser les résultats en faveur du candidat du PDG, raison pour laquelle les représentants de l'Opposition à la Commission Électorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP) ont refusé de signer le procès-verbal de centralisation des résultats.

Ces pratiques devenues habituelles sont inacceptables alors même que les Gabonais ont largement effectué leur choix en faveur du changement, lors de ce scrutin, il ne saurait en être autrement.

Ce coup d'État électoral, encore un de plus, de la part du PDG a été à l'origine de la légitime colère des populations. Tout en déplorant les dommages causés aux biens, nous condamnons avec la plus grande rigueur, la répression sauvage, inhumaine et aveugle des troupes armées, composées essentiellement de mercenaires étrangers, envoyées à Port-Gentil.

Pour rappel les premières violences perpétrées contre les populations, des candidats dont deux parlementaires, et un conseiller municipal l'ont été par ces mêmes troupes jeudi le 3 septembre 2009 à 8 heures avant l'annonce des résultats et l'éclatement des manifestations à Libreville et Port-Gentil.

Par ailleurs, nous tenons à dénoncer les destructions des locaux et des matériels de diffusion de deux télévisions privées pour bâillonner l'information.

Le nombre de morts occasionné par la répression de l'armée est bien plus élevé que ne veut bien le dire le pouvoir. De ce fait, les candidats demandent instamment la mise en place d'une commission d'enquête internationale pour déterminer la gravité des faits, les violations des droits de l'Homme ainsi que les responsabilités de ce véritable bain de sang.

Aux Gabonais de la diaspora, nous leur affirmons notre engagement et notre solidarité à leur côté pour la lutte qu'ils mènent pour le rejet des résultats officiels de cette élection présidentielle.
En ce qui concerne le scrutin, nous exigeons le recomptage des voix interrompu par le président de la CENAP sur la base des procès-verbaux de tous les bureaux de vote.

Pour notre part, nos experts continuent à travailler à la centralisation de tous les procès-verbaux des bureaux de vote en notre possession et au recomptage des voix pour donner les résultats de cette élection présidentielle.

Le Gouvernement serait très avisé de garantir la sécurité de tous et surtout celle des responsables politiques ainsi que les représentants de l'Opposition à la CENAP qui se sentent depuis le jeudi 3 septembre 2009, menacés dans leur intégrité physique.

Enfin, nous demandons au peuple gabonais de rester mobilisé et vigilant pour des actions graduelles».

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