13/08/2012 18:47:50
Bravure. Maurice Kamto interdit de conférence de presse à Yaoundé
La police a, lundi à Yaoundé, la capitale camerounaise, interdit une conférence de presse organisée par l'ancien ministre délégué à la Justice, Maurice Kamto, démissionnaire en fin 30 novembre 2011, a constaté APA sur place.
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Maurice Kamto

La police a, lundi à Yaoundé, la capitale camerounaise, interdit une conférence de presse organisée par l'ancien ministre délégué à la Justice, Maurice Kamto, démissionnaire en fin 30 novembre 2011, a constaté APA sur place.

La conférence de presse projetée, a-t-on appris, avait obtenu une autorisation de manifestation publique.

Elle visait le lancement des activités du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), une formation légalisée depuis le 25 juillet 2008 et dirigé par l’universitaire Alain Fogue Tedom.

Le sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé III, Luc Ndongo, a débarqué dans la salle de réunion, sise dans un grand hôtel du centre-ville avec une escouade de policiers pour interdire la tenue de la manifestation.

Dans la foulée, le public déjà présent a été invité à quitter la salle en même temps que la voie était coupée aux nouveaux arrivants.

Face à l’insistance des organisateurs, l’autorité administrative a ordonné la suspension de l’énergie et l’évacuation de la salle, qui s’est faite sans violence physique.

Selon des sources proches de l’organisation, la conférence de presse de lundi visait à annoncer l’avènement d’une dynamique politique de petits partis de l’opposition.

Ce mouvement était appelé, en septembre prochain à Bafoussam (Ouest), à tenir une convention qui devait porter Maurice Kamto à sa tête pour les prochaines batailles électorales.

Voici quelques mois en effet, cet ancien membre du gouvernement avait déjà été l’objet d’une interdiction de parole publique à Yaoundé.

Dans la déclaration préparée à cet effet, et dont APA a pu obtenir copie, Maurice Kamto annonçait la présentation imminente à son pays d’idées et d’une «équipe d’hommes et de femmes acquis à la cause de la paix par la justice, respectueux des institutions de la République et résolument tournés vers l’avenir» pour les porter.

Dans une violente diatribe, celui qui soutint publiquement l’opposition à l’élection présidentielle de 1992 regrettait le fait «qu’une Nation naguère rayonnante de prospérité, crainte et respectée dans sa zone d’influence naturelle et au-delà, est désormais banalisée, débordée de toutes parts dans l’indifférence, ou peut-être l’impuissance».

La Nation camerounaise se fissure silencieusement, lançait-il, sous la puissance tellurique des haines grégaires incompréhensibles mais fantasmées, puis alimentées et rendues acceptables.

Il disait sa détermination à ne pas regarder, indéfiniment, instiller dans la société ce venin du tribalisme qui empoisonnerait l’âme et la vie du pays pour des générations encore.

«La tragédie se noue à nos portes et nous refusons de voir : les conditions de vie infrahumaine du plus grand nombre et le chômage massif des jeunes, mêlés au chaos urbain, annoncent les explosions sociales à venir.»

Pour lui, l’unanimisme politique a repris le dessus et la «démocratie camerounaise» régresse, n’offrant plus au peuple que le choix improbable entre un parti-Etat et lui-même.

L’Etat de droit, avait-il ajouté, «bégaie devant tant de violences inutiles et de familles qui crient justice en vain»

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Déclaration officielle du MRC à l'occasion de la conférence de presse de lancement du 13 Août 2012: « L’Union fait la force »

Face aux enjeux vitaux du Redressement et de la Prospérité du Cameroun ;

- Considérant, cinquante deux ans après les « indépendances », la situation de profonde misère morale, politique, économique, sociale et culturelle de notre pays ;

- Considérant, depuis le début des années 1990, l’impossibilité manifeste des partis de l’opposition pris isolément, à se mettre en capacité de réaliser, enfin, un véritable changement de système au Cameroun ;

- Considérant le pressant message du Cameroun profond, invitant les acteurs politiques promoteurs d’une véritable alternative à s’unir et à se fondre dans le cadre d’une robuste organisation politique, implantée à travers tout le pays et au sein de la diaspora camerounaise ;

- Considérant les obstacles liés aux égoïsmes individuels et aux manoeuvres de division, toutes choses qui, pendant trop longtemps, ont entravé toutes les tentatives d’union des forces de l’opposition ;

- Considérant la nécessité de consolider le socle de l’unité nationale mise à mal par des pratiques de division et de haine entre les communautés, en trouvant, dans le cadre de la dynamique nouvelle, des réponses adéquates concertées aux préoccupations exprimées en particulier par les populations des régions anglophones du pays ;

- Considérant la nécessité de promouvoir les valeurs républicaines notamment de justice, d’intégrité, de travail, de fraternité et de liberté, et l’impératif d’impulser une puissante prise de conscience nationale des défis redoutables qui se dressent devant le Cameroun ;

- Conscients de l’urgence à mobiliser et à mettre en mouvement l’ensemble des forces vives et des bonnes volontés du pays et de la diaspora, pour relever les défis d’un décollage économique solide et durable, assurant une prospérité partagée à l’intérieur et une puissance respectée à l’extérieur ;

- Affirmant notre volonté de placer la gestion de la chose publique au Cameroun sous le signe de la probité et de la bonne gouvernance ; Nous, partis politiques, organisations et personnalités de la société civile, hommes, femmes et jeunes issus de divers horizons socioculturels, linguistiques et professionnels, avons d’un commun accord, et dans élan patriotique, décidé de fusionner nos structures et nos capacités, pour créer un grand parti politique dénommé « Mouvement pour la Renaissance du Cameroun » en abrégé MRC.

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun est structuré autour d’un pragmatisme idéologique porté par les valeurs républicaines, patriotiques et panafricanistes sur le plan politique, la liberté d’entreprendre dans un cadre sécurisé par un Etat stratège sur le plan économique, et un humanisme profond reposant sur une puissante solidarité nationale et le partage équitable des fruits de la prospérité nationale sur le plan social.

Il s’agit-là de la grande synthèse des principaux courants de pensée qui ont structuré le progrès des peuples à travers l’histoire et qui sous-tend la Grande Vision de la Renaissance nationale. Dès aujourd'hui, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun invite toutes les Camerounaises, tous les Camerounais à la mobilisation. Nous devons quitter nos peurs ! Nous devons surmonter nos égoïsmes ! Nous devons dépasser les diktats du fatalisme ! Unissons-nous et agissons ! Que Dieu bénisse notre pays! Vive le Cameroun !

Le Président de la Coordination provisoire du MRC

Fait à Yaoundé, le 13 août 2012

 

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