14/08/2012 03:01:24
Pourquoi Fatou Bensouda veut rencontrer Dlamini-Zuma
Fatou Bensouda peut-elle plier Dlamini Zuma ?
La nouvelle expression
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Fatou Bensouda

Un entretien en tête-à-tête pourrait avoir lieu le mois prochain entre la nouvelle présidente de la commission de l'Union africaine (Ua) Nkosazana Dlamini-Zuma et la procureure de la Cour pénale internationale (Cpi) Fatou Bensouda. 

Selon Jeune Afrique, la procureure de la Cour pénale internationale(Cpi) depuis juin dernier, la Gambienne Fatou Bensouda a demandé à rencontrer la nouvelle présidente de la Commission de l'Union africaine, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, élue en juillet dernier à Addis-Abeba. Elle tient à faire la connaissance de sa «sœur africaine»  qui prendra ses fonctions au début de l'année prochaine et à discuter de certains sujets importants avec elle.

Un accord de principe accordé à Fatou Ben Souda lui aurait permis de confirmer cet entretien en tête à tête qui pourrait avoir lieu au mois de septembre. Nkosazana Dlamini-Zuma avait repris à son compte la résolution de l'Ua qui demande aux États de ne pas appliquer le mandat d'arrêt lancé par la Cpi contre le président soudanais Omar el-Béchir.

Paix au Darfour et droit des victimes africaines

Dlamini-Zuma avait dit qu’« Il est important de faire la paix au Soudan, surtout au Darfour. Le président el-Béchir doit participer à ça. (…) C'est plus important de faire la paix au Soudan que de se précipiter pour l'arrêter », avait-elle déclaré mercredi 1er août 2012 devant un plusieurs anciens chefs d'État africains qu’elle avait consulté auparavant. Selon Mme  Nkosazana Dlamini-Zuma,  la paix au Darfour est plus importante que la justice internationale. Pour elle, le président Omar el-Béchir fait partie intégrante d’une solution de paix dans son pays et ne doit pas être remis à la Cpi. La  présidente de la Commission de l’Union africaine (Ua), s’était publiquement exprimée pour clairement remettre en cause l’application du mandat d’arrêt lancé en 2009 par la Cour pénale internationale (Cpi) contre le président soudanais Omar el-Béchir.

Elle avait fait remarquer qu’: «Il serait néfaste d'arrêter le président soudanais Omar el-Béchir, poursuivi pour génocide, car il doit être associé au processus de paix dans son pays», avait précisé Nkosazana Dlamini-Zuma avant de conclure : «Ça n'est peut-être pas facile, mais nous devons (...) toujours trouver des solutions à nos conflits. Si nous n'en trouvons pas, qui le fera?», avait-elle plaidé.

Au-delà donc de l’aspect fraternel et cordial de la rencontre annoncée, la procureure de la Cpi voudrait accentuer la sensibilisation sur les  droits des victimes africaines et sur la nécessité pour les États africains de collaborer avec la justice internationale. Bien que Dlamini-Zuma ait en réalité rappelé la position officielle de l'Ua - qui avait indiqué qu'elle ne respecterait pas le mandat d'arrêt de la Cpi et sollicité sa suspension aux Nations unies, elle révèle un caractère bien trempé et un franc parler qui tranche d’avec celui de son prédécesseur Jean Ping.

Le président soudanais est accusé de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre commis à l'encontre des habitants du Darfour. Le mandat d'arrêt lancé contre Omar el Bechir est diversement interprété par les pays africains qui sont,  pour la plupart,  signataires du traité de Rome. Le Malawi avait  renoncé à abriter en juin dernier le  sommet de l'Ua.  Sous la pression des bailleurs de fonds, le Malawi avait  refusé de  recevoir sur son sol Omar el-Béchir.  Elue le 12 décembre 2011, Fatou Bensoudaa prêté serment le vendredi 15 juin 2012 et a officiellement pris ses fonctions le lundi 18 juin 2012 à la tête du bureau du procureur de la Cour pénale internationale, à La Haye. Agée de  51 ans, elle a succédé à l'Argentin Luis Moreno-Ocampo qui était arrivé au terme de son mandat de neuf ans.

Fatou Bensouda peut-elle plier Dlamini Zuma ?

La nouvelle procureure doit non seulement suivre des dossiers en cours en Colombie, en Afghanistan, en Corée et en Palestine, mais aussi  gérer de gros dossiers relatifs au continent qui l’a vu naître. Elle a trouvé sur la table de son bureau les dossiers de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, du Congolais Jean-Pierre Bemba, du Soudanais Omar el-Béchir et du Libyen Seïf al-Islam. Les deux dernières personnalités citées sont celles  que la Cpi voudrait bien voir arrêtés. Depuis 2004, Fatou Bensouda occupait le poste de procureur-adjoint de la Cpi. Elle a travaillé pour le Tribunal pénal international pour le Rwanda, basé à Arusha, en Tanzanie et a été ministre de la Justice dans son pays. Fatou Bensouda donne l’impression d’être aussi déterminée que l'Argentin Luis Moreno Ocampo.

Refusant d'incarner une justice néocolonialiste, Fatou Bensouda a promis de travailler toujours pour et avec les victimes en Afrique et ailleurs. Lors de sa prestation de serment, elle avait surtout  promis d'agir « en toute indépendance et impartialité ». Selon le président d'honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (Fidh), Sidiki Kabah,  Fatou Bensouda dispose d'atouts indéniables pour faire passer les messages. Elle ne doit pas être à ce poste pour faire de la diplomatie : « Fatou Bensouda doit mettre en avant l'idée qu'il n'appartient pas à l'Union africaine de s'opposer à l'exécution d'un mandat d'arrêt d'une cour pénale internationale (...), que les crimes les plus graves qui ont déstructuré les sociétés africaines, soient punis », avait souligné Sidiki Kabah.

Edmond Kamguia K

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