14/08/2012 17:08:49
L'Esprit critique qui ouvre l'oeil critique...
Les écrans qui meublent notre quotidien ont annihilé tout esprit critique, je ne vous parle pas de la vilaine habitude qui déclenche systématiquement la critique aisée, celle qui souvent s’exprime par des « il aurait mieux valu…., il aurait fallu…., il faudrait… ». Non, je vous parle du sain, salutaire et indispensable esprit critique.
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Les écrans qui meublent notre quotidien ont annihilé tout esprit critique, je ne vous parle pas de la vilaine habitude qui déclenche systématiquement la critique aisée, celle qui souvent s’exprime par des « il aurait mieux valu…., il aurait fallu…., il faudrait… ». Non, je vous parle du sain, salutaire et indispensable esprit critique.

Vincent Sosthène FoudaUne presse que mon œil critique observe et que mon jugement critique a décidé de dénommer, malfaisante, mot pour moi, plus justement choisi qu’une presse people car je ne veux pas blesser le peuple qui a droit au respect mais que l’on veut éblouir en montrant nos hommes politiques en situation de pas très élégante, ces hommes qu’on surprend dans les hôtels avec les femmes des femmes quand ce n’est pas avec leur propre fille devenue le temps d’un instant la rivale de leur génitrice ! On voit aussi le Président de notre pays, pour peu de temps,pays-République se murant dans un silence de momie face à des journalistes en quête de parole pour créer l’information !

Non nos hommes politiques ne sont pas des stars, ne sont jamais vêtus de jeans, ne se voilent jamais les yeux de lunettes noires et ne mettent des tenues de sports que pour amuser la galerie ! Ce n’est pas de leur âge ! Aucun enfant ne leur demandera un autographe parce qu’ils sont insipides !

Pour être un pays, mieux une Nation ici chez nous, quelques rois furent pendus (Douala Manga Bell) d’autres leaders furent exécutés (Martin Paul Samba), les historiens n’ont pas encore trouvé un nom pour eux car celui de martyr sonne très religieux alors appelons l’ensemble de cette période : la fondation de la République dans la terreur.

Dans les manuels scolaires, seul le Père Mveng dans sa somme de l’histoire du Cameroun en parle, ensuite plus rien, le renouveau a tout édulcoré tout dénaturé dans l’indifférence de tous, non la peur et la terreur que fait peser sur tous la minorité régnante voire terrifiante. Nous n’avons inventé ni Code Civil ni écrit notre Constitution, ni tracer nos routes et encore moins brisé les frontières entre les ethnies et les tribus. Pendant que la minorité régnante gomme l’histoire, nos plus beaux bâtiments sont aménagés et rebaptisés (ancienne résidence du gouverneur puis Palais de la Présidence). Ils ont été aussi transformés en sordides prisons ! Palais de la Culture sans culture constatons-nous ! Les bâtiments administratifs nuitamment sont transformés en prison par la seule volonté d’un ministre de la justice ! (secrétariat d’Etat à la défense) !

Oui l’histoire se perpétue dans la lignée Ossendé Afana, Um Nyobè, Félix Roland Moumié, Engelbert Mveng, Ngongo Ottou sont tombés sous le coup de la même lame pour avoir contesté l’ordre imposé. Que d’hommes et de femmes contraints à l’exil ! Mongo Beti de l’exil nous a offert, fruit de son esprit critique, les plus belles pages de notre histoire citoyenne.

Aujourd’hui, mon esprit citoyen me fait crier : « attention, l’ambition démesurée fait vite basculer les meilleures intentions dans le dangereux totalitarisme. »

Aujourd’hui, en pleine fin de règne, un car Hiace conduit les serviteurs zélés d’hier vers différents tribunaux de Douala et de Yaoundé.

Pendant ce temps, les conseillers du monarque commandent armes et munitions alors que l’Homme-Dieu qui apparaît de moins en moins en public se prépare une mise en scène qui ne trompe plus personne ! Il reçoit un cheval blanc mais le monarque n’a ni perruque ni panache, oui cette poudre n’est que pour nos pauvres yeux.

Mon œil critique a déniaisé mon beau souvenir de l’homme du 6 novembre 1982 ! J’avais 10 ans alors et lui, 46 ! Ce frais et innocent souvenir mien est éclaboussé, les gerbes d’eau claire ne sont plus que douteuse vase… Dans mes longues promenades sous d’autres cieux, j’ai lu cette pensée du philosophe Vauvenargues : « l’entassement des hommes (ici ceux dans les Hiaces) comme l’entassement des pommes produit la pourriture »...

Maintenant, plus de 150 journalistes assiègent le Mincom pour se faire payer les perdiems parce qu’ils ont couvert la sortie du monarque à Lom Pangar ! La presse parle d’un milliard de nos francs pour les deux événements ! Nos journalistes ont-ils voulu entrer dans le cercle des privilégiés d’hier et prisonniers d’aujourd’hui ?

Enfin Bourdieu de maître, éthique, déontologie, amour propre que sont-ils devenus ?... le vrai journalisme déboulonné de son piédestal !! Et, est-ce qu’une nouvelle forme de suicide collectif programmé ne se love-t-elle pas sous les marécages de Lom Pangar dans un fort goût de guerre que couvre les journalistes pataugeant dans le bourbier du gombo ? Adieu Stephane Tchakam parce que tu ne répondras jamais à cette unique question !

Une presse qui est là pour dénoncer, décortiquer l’image pailletée, communiquer, in-former ! Moi comme d’autre savent qu’elle existe et que c’est une presse, peut-être, appelée à disparaître…. Donc, attention, dès que nous en avons la possibilité, agitons la pensée et interpellons pour ouvrir l’œil critique ! Mon œil critique aussi me permet de décoder les messages que donnent les caricatures de l’émission « scène de presse » monochrome !

Mon rire parfois « vire au jaune ». La caricature du journaliste est celle de l’homme politique n’a-t-elle pas discrédité l’efficacité, le sérieux de la fonction ? Mais il serait contradictoire de rejeter cette approche de l’information, tous les deux monarques qui se sont succédés au Cameroun ont bien aimé et encouragé les bouffons qui ont pu glisser des messages par le biais de l’humour grinçant ; Sengat Kuo trahissant une fois, Ferdinand Oyono reniant Mongo Beti, Fame Ndongo faisant de tout un peuple de serviteurs de l’Etat les créatures du monarque ! Alors que dire de Michel NdjockAbanda et des autres professionnels des médias ? Aussi, encore et encore faut-il savoir exercer un œil critique pour comprendre une lecture camouflée derrière le rire.

Derrière une mise vestimentaire supposée populaire (tenue du parti ou les hommes, les enfants et les femmes s’installent confortablement sur l’image du monarque), pratiquant un loisir de tout le monde, les accidents de la route se multiplient à loisir à l’Est, les populations sont abandonnées à leur triste réalité et ceux et celles qui ont marché pour acclamer le monarque fondent dans leur cire de misère !

Mon esprit crique dit : incohérence, absurdité… et aussi la pente glissant ver le délit d’initié… la vie dorée des autres nous fait rêver, une vie inaccessible… mais ayons le courage de dire non, par simple petite résistance : ne pas cautionner en achetant une certaine presse.





Oui pour exercer un œil critique, des petits retours dans notre histoire de la vie paysannes, de nos racines villageoises, des hommes et des femmes ont dû toujours lutter pour gagner certains acquis sociaux que nous perdons aujourd’hui chaque jour ! Il ne sert à rien de singer les riches, il faut mieux essayer de maîtriser le dangereux pouvoir, si installé sans opposition, car un insidieux dérapage certainement le dernier pourrait encore creuser plus les inégalités.

Afin que mon esprit critique reste le plus objectif possible, j’ai gommé le plus sincèrement mes griefs personnels que j’éprouve à l’encontre d’un microcosme et de son regard, parfois sans indulgence, qui classifie et cloisonne avec ses codes souvent guidé par un monde et une société forgé sur de petits intérêts.

Vincent Sosthène Fouda

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