16/08/2012 04:09:47
Iran. Standard Chartered Bank paie pour stopper les poursuites
Trois cent quarante millions de dollars : c'est ce que Standard Chartered a accepté de payer pour conserver sa licence bancaire à New York et échapper aux poursuites du régulateur de l'Etat de New York. La banque est accusée d'avoir « fait du business » avec l'Iran.  
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Standard Chartered Bank
Trois cent quarante millions de dollars : c'est ce que Standard Chartered a accepté de payer pour conserver sa licence bancaire à New York et échapper aux poursuites du régulateur de l'Etat de New York. L'accord, conclu mardi, clôt une semaine de tensions entre régulateurs américains et britanniques, à un moment où de nombreuses banques de la City sont mises en cause dans divers scandales et où Londres se demande si les Etats-Unis ne cherchent pas à déstabiliser sa place financière.

Le 6 août, le Department of Financial Services (DFS) a accusé Standard Chartered d'avoir mené pour 250 milliards de dollars de transactions illicites avec l'Iran au cours de la dernière décennie. Ces activités auraient «  exposé le système américain aux terroristes, trafiquants d'armes, trafiquants de drogue et régimes corrompus », selon le DFS, qui a qualifié la banque, jusqu'ici épargnée par la récente vague d'affaires, « d'établissement voyou ». Standard Chartered a rejeté ces accusations, arguant qu'il avait utilisé des exemptions tout à fait légales. Il ne reconnaît que 14 millions de dollars d'opérations douteuses. Selon la presse américaine, il aurait d'abord proposé de verser une amende de 5 millions de dollars, mais Ben Lawsky, le « superintendant » du DFS, réclamait, lui, 700 millions.

Sous surveillance

Standard Chartered ne pouvait guère se passer de sa licence new-yorkaise. Même si son activité est concentrée au Moyen-Orient et en Asie, elle compense chaque jour pour quelque 230 milliards de dollars de mouvements financiers à travers la place new-yorkaise. Le patron Peter Sands a pris lui-même les négociations en main, vu l'importance de l'enjeu et l'impact de la procédure sur l'image de la banque. Selon l'accord, la banque devra accueillir dans ses bureaux à New York des membres du DFS pendant au moins deux ans et affecter du personnel à la surveillance, à la détection et à la prévention de possibles activités de blanchiment.

Elle n'est toutefois pas sortie d'affaire. Le Trésor américain, le département de la Justice et la banque centrale ont en effet déjà entamé une enquête distincte sur ses activités. La Réserve fédérale a indiqué qu'elle espérait arriver « à une solution globale ». Ce qui peut être interprété comme une critique voilée à l'égard du DFS, qui a surpris tout le monde avec son cavalier seul. D'après l'agence Reuters, la Fed s'est inquiétée des conséquences des propos agressifs de Ben Lawsky, vérifiant régulièrement la liquidité de l'établissement accusé après l'annonce d'une possible perte de sa licence.

Standard Chartered cherche maintenant à obtenir au plus vite un accord complet avec toutes les agences impliquées, afin de lever les incertitudes. Peter Sands reste aux Etats-Unis pour négocier. Le titre de la banque était nettement en hausse hier midi, sans avoir pour autant retrouvé son niveau d'avant les annonces du DFS...

Karl de Meyer

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