20/08/2012 01:45:03
La place du Cameroun dans la politique internationale
Depuis la prise de fonction du Président François Hollande, beaucoup de journaux en ligne se sont posés la question de savoir pourquoi ce dernier n’a toujours pas reçu le Président camerounais qui fait figure de doyen des chefs d’Etat sur le continent africain.
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Paul Biya

Depuis la prise de fonction du Président François Hollande, beaucoup de journaux en ligne se sont posés la question de savoir pourquoi ce dernier n’a toujours pas reçu le Président camerounais qui fait figure de doyen des chefs d’Etat sur le continent africain.

Sur la base de ces réponses reprises par les journaux papiers, le mois d’août déjà entamé nous donne l’occasion avec la présidence française du Conseil de Sécurité nous donne l’occasion de jeter un regard nouveau à cette absence presque de relation entre les Chefs d’Etat des deux pays. Les récentes déclarations diplomatiques de l’ambassadeur de France au Cameroun rentrent dans l’ordre du discours de la profession.

Le mois d’Août au Conseil de Sécurité est le mois où la France tente de faire bouger les lignes voilà pourquoi son Ministre des Affaires Etrangères n’a presque pas pris de vacances. Entre l’Afrique et le siège des Nations Unies, Laurent Fabius consulte, discute, propose, oriente et déclare. Il parle de l’Afrique notamment avec la crise du Mali et sollicite la présence des soldats de notre plus proche voisin le Tchad. La Côte d’Ivoire s’embrasse à nouveau et la France devra avec la CEDEO proposer des solutions. En Afrique Centrale, André Mba Obama après un an d’exil est rentré au Gabon et a tenu un premier meeting qui s’est achevé avec l’intervention de la police et de l’armée ; la situation n’est donc pas stable dans la zone de l’Afrique occidentale et on se serait attendu à ce que le Président camerounais soit consulté au plus haut niveau.

Nous n’avons non plus vu des missions camerounaise de premier plan au Quai d’Orsay pourtant la France a besoin des voix de l’Afrique pour s’exprimer au Conseil de Sécurité. La question que nous pouvons nous poser est donc de savoir qui parle au nom de l’Afrique et surtout qui donne les voix de l’Afrique à la France sans lesquelles le pays de François Hollande a du mal à se faire entendre et à discuter avec les autres grandes nations qui comptent à savoir les USA de Barack Obama, la Russie, la Chine, le Japon et dans la moindre mesure la Corée et le Canada. On aurait bien pu penser que la campagne présidentielle qui bat son plein aux USA aurait pu profiter à la France !

A Alep (nous sommes là en Syrie) la rébellion résiste et utilise désormais des chars et de l’armement lourd. Fabius lui déclare que le Président Bachar Al-Assad ne mérite pas de place sur la terre des vivants. Notre ambassadeur aux Nations-Unies saura-t-il faire entendre notre voix singulière dans ces débats, car oui le Cameroun n’est certes pas une grande nation mais elle peut-être le phare qui éclaire dans la nuit. Il faut pour cela que le Président Biya sorte, qu’il s’exprime et sache prendre le contre-pied des déclarations inlassablement répétées depuis plus d’un an sur la Syrie. Il faut une véritable confrontation des idées et le Cameroun ne devrait pas donner sa voix sans contre-partie, parce que sa position lui donne du pouvoir de faire évoluer un certain nombre de dossier. N’a-t-on pas vu le Président de l’Autorité Palestinienne Yasser Arafat venir assister au Sommet de l’Union Africaine ici à Yaoundé ?

La Chine et la Russie jouent leur partition idéologique en ce moment sur les grands dossiers du monde, par la même occasion ils se préservent eux-mêmes de toute ingérence éventuelle des Nations Unies contre leur propre gouvernement s’il venait à y avoir une montée de la contestation du pouvoir en place. La Chine achète à tour de bras au Cameroun y compris dans le marché de la prostitution qui jusque-là était un marché localement contrôlé par nos compatriotes. Le Cameroun devrait demander des contreparties pour exister sur le plan international parce que c’est important de n’être pas une nation sans saveur ni odeur au sein du concert des nations.

Le Président Paul Biya après de nombreux échecs notamment dans l’organisation des élections présidentielles au Gabon et où personne n’a jamais vraiment compris qu’elle a été son rôle, après un sommet de la CEMAC où le Cameroun s’est retrouvé presque isolé de la sous-région alors qu’à lui seul il apporte 70% des richesses de la sous-région et 68% de la population, se doit de se redresser.

Dr Vincent-Sosthène FOUDA
Socio-politologue
www.generationcameroun2011.com

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