22/08/2012 02:32:33
La médiation de Lakhdar Brahimi
Après avoir usé, jusqu'à l'épuisement, Kofi Annan dans leur entreprise de destruction de la Syrie, les Etats-Unis ont été d'accord pour que soit désigné, comme remplaçant,  Lakhdar Brahimi en tant que médiateur international sur le dossier, dont il dit qu'il est «prématuré de dire quoi que ce soit sur (son) contenu».
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Lakdhar Brahimi

Après avoir usé, jusqu'à l'épuisement, Kofi Annan dans leur entreprise de destruction de la Syrie, les Etats-Unis ont été d'accord pour que soit désigné, comme remplaçant,  Lakhdar Brahimi en tant que médiateur international sur le dossier, dont il dit qu'il est «prématuré de dire quoi que ce soit sur (son) contenu».

Faisons semblant de prendre au sérieux cette mascarade et de croire, comme pour Annan,  que Brahimi peut aboutir à une solution qui sortirait la Syrie de la tragédie où elle se trouve plongée. Commençons, selon ce principe, par considérer qu'il est tout à fait normal que Brahimi, qui n'en «sait pas assez sur ce qui se passe en Syrie», débute sa médiation par une rencontre avec le président français, François Hollande, suivie d'une autre avec son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et ne nous posons donc pas de question sur ce que viendrait faire la France dans les affaires intérieures de la Syrie.

Les deux, c'est dans l'ordre des choses qu'ils disent la même chose, veulent abattre Bachar Al Assad. Hollande l'a dit à Brahimi : «Il ne peut y avoir de solution politique sans le départ de Bachar Al Assad.»  Comme le médiateur nous a dit que la France est «un pays important dans tout ce qui se passe autour de la Syrie», considérons qu'il doit avoir d'importantes raisons de le penser, dont le rêve de reconquête d'un espace perdu. Par la suite, il va voir d'autres dirigeants de pays plus ou moins importants, y compris, certainement, les vraiment importants. Les Etats-Unis vont répéter qu'il faut faire partir Bachar Al Assad, et la Russie et la Chine vont dire que c'est aux Syriens de décider ce qui est bon pour eux et que les Etats-Unis et leurs satellites n'ont qu'à se mêler de ce qui les regarde.

Inutile, bien sûr, de croire que les Syriens vont obéir aux décisions de Hollande, de Cameron ou d’Obama. Et la boucle sera bouclée pour ce qui est des parties identifiables. Sur le terrain, la médiation, si elle s'y aventure, aura fort à faire pour s'y retrouver entre la foultitude de bandes armées, qui font office de «peuple syrien» ou de «révolutionnaires». Il faudra, par exemple, s'entretenir avec le chef des opérations de Liwa Attawhid, Abdel Kader Al Saleh, qui répétera que son «commandement est indépendant» et que ses compagnons  ont «décidé de s'engager dans la bataille d'Alep, sans consulter le conseil militaire (de ce qu'on appelle l'ASL à Alep)».

Au cas où Brahimi penserait à une quelconque coordination des «rebelles» qui faciliterait le dialogue, le même posera cette question : «Pourquoi nous consulter ? Nous avons le plus grand nombre de combattants à Alep et ses environs.» Il risque aussi de l'envoyer paître en lui rappelant  qu'il se fiche de «ceux qui sont assis derrière leurs bureaux».  Le médiateur «de l'ONU et de la Ligue arabe» devra, aussi, avoir affaire avec les Frères musulmans,  Al Qaïda, le Qatar, l'Arabie Saoudite, la Turquie… et tous ceux qui arment et qui financent «l'opposition».

Dure gageure pour un vieil homme qui va s'échiner à faire semblant de servir à quelque chose, en souhaitant, peut-être, que les Etats-Unis vont avoir peur d'aller trop loin dans la confrontation avec Moscou et Pékin où que l'armée syrienne et les Syriens vont leur forcer la main en réussissant à neutraliser ce qui reste des bandes armées à Alep et dans certaines localités.

Ahmed Halfaoui

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