22/08/2012 15:15:02
Rafael Correa: Violer la souveraineté de l'Equateur serait suicidaire pour la GB
Le président équatorien Rafael Correa a déclaré mardi qu’il serait suicidaire pour la Grande-Bretagne de faire irruption de force dans l’ambassade équatorienne à Londres pour arrêter le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange.
Xinhua
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Rafael Correa

Le président équatorien Rafael Correa a déclaré mardi qu’il serait suicidaire pour la Grande-Bretagne de faire irruption de force dans l’ambassade équatorienne à Londres pour arrêter le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange.

"Il serait suicidaire pour la Grande-Bretagne de violer la souveraineté de l’Equateur, car les ambassades britanniques, dans n’importe quelle partie du monde, pourraient alors être violées à leur tour", a martelé M. Correa dans une interview accordée à la chaîne de télévision publique équatorienne.

Un tel acte serait "terrible", et constituerait un "précédent désastreux", a déclaré le président Correa, faisant écho à ce que de nombreux experts juridiques ont déjà affirmé à propos de la menace lancée la semaine dernière par la Grande-Bretagne, qui menace de transgresser les conventions diplomatiques pour capturer M. Assange.

L’Equateur a déclaré avoir reçu "une menace écrite explicite" du gouvernement britannique, peu après avoir annoncé qu’il accordait l’asile politique à Assange. La Grande-Bretagne a par ailleurs refusé de laisser ce dernier quitter le pays pour se rendre à Quito.

De l’avis du président équatorien, la menace britannique de prendre d’assaut l’ambassade équatorienne à Londres existe toujours, la Grande-Bretagne n’ayant pas "rétracté sa déclaration", ni "présenté des excuses". Si le risque persiste, il est néanmoins peu probable que la Grande-Bretagne passe à l’acte, en raison notamment de la pression internationale.

Si les Britanniques mettaient leur menace à exécution, l’Equateur réagirait avec fermeté, a-t-il déclaré.

"Nous agirons pour notre part dans le strict respect de la loi et des principes du droit international. Nous réagirons cependant avec une absolue fermeté si une violation aussi inadmissible de notre souveraineté devait se produire", a-t-il ajouté.

M. Correa a également souhaité que les ministres des Affaires étrangères de l’Organisation des Etats américains (OEA), qui doivent se réunir vendredi à Washington pour discuter de l’impasse diplomatique Quito-Londres, puissent exprimer de manière "claire et convaincante" leur condamnation des menaces de Londres.

L’OEA devrait "condamner les tactiques d’intimidation utilisées par le Royaume-Uni", qui violent selon M. Correa aussi bien le droit inter-américain et mondial que la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, ainsi que d’autres traités juridiques.

Le président Correa n’a pas non plus exclu la possibilité de porter l’affaire devant le Conseil de sécurité des Nations Unies ou devant d’autres organismes internationaux, afin de "dénoncer les menaces britanniques".

Julian Assange, 41 ans, est réfugié à l’ambassade d’Equateur à Londres depuis deux mois pour éviter son extradition vers la Suède, où il fait face à des allégations de viol et d’agression sexuelle datant de 2010.

Il craint en outre d’être livré aux Etats-Unis, où il serait poursuivi pour avoir divulgué des secrets militaires américains. La Suède, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont de fait refusé d’écarter cette possibilité.

 

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