23/08/2012 04:39:06
Le Cameroun sous un chef d'Etat compétent et patriote après M. Biya...
Sous un chef d’Etat compétent et patriote après M. Biya, le Cameroun peut rapidement partir du gouffre actuel à la prospérité et la sécurité. Voici la feuille de route.
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Léon Tuam

Sous un chef d’Etat compétent et patriote après M. Biya, le Cameroun peut rapidement partir du gouffre actuel à la prospérité et la sécurité. Voici la feuille de route.

En dépit des hémorragies multiples et intenses qu’a connues le Cameroun sous le long régime de Paul Biya, les riches potentialités humaines, stratégiques et en ressources naturelles du pays laissent toujours des yeux optimistes sur des faces averties et honnêtes. 

Ceux qui ont beaucoup voyagé en Afrique et connaissent le Cameroun et son peuple savent bien que rien ne peut irréversiblement réduire au néant ce grand pays qui somnole encore. Ce texte est une feuille de route dont l’application donnerait non seulement assez d’oxygène au Cameroun, mais aussi très vite le propulserait en avant et ferait de lui en peu de temps une véritable locomotive pour l’Afrique centrale et au-delà.

Pour en arriver là, le futur chef d’Etat du Cameroun (s’il s’avère compétent, visionnaire et patriote) devra être prêt à relever ces défis majeurs :

La sécurité des biens, des personnes et des frontières camerounaises appuyée par la dotation des forces de l’ordre et militaires d’équipements qui rendent leur tâche aisée. Le coup porté à nos éléphants récemment, les braquages dans nos villes et les sévices des coupeurs de route montrent que l’Etat camerounais dort. Le nouveau chef d’Etat devra également sécuriser Bakassi non seulement en le militarisant, mais aussi en donnant des  primes d’encouragement aux nationaux qui désireraient y vivre, et en les casant.

La production massive d’électricité doit être l’une des priorités du futur chef d’Etat parce qu’il est inadmissible que les consommateurs camerounais se voient humiliés horriblement avec des coupures d’électricité intempestives. C’est une nécessité absolue de se pencher là-dessus aussi parce que le coût des produits industriels restera élevé aussi longtemps que l’électricité est vendue chère aux consommateurs. Le Cameroun a cette grande obligation d’être auto-suffisant et d’être le plus grand fournisseur de ses voisins et au-delà en aliments, car nous en avons les moyens nécessaires. 

La production alimentaire et des biens de consommation doit être accélérée et des innovations dans l’agro-alimentaire devront impérativement voir le jour. Le goût du Camerounais pour l’exotisme étant comblé, ce nouveau leader doit rééduquer  les Camerounais à consommer plus camerounais et africain.

Cet appétit des Camerounais à consommer des produits d’ailleurs ne va pas cependant sans lourdes conséquences. Des maladies des pays industrialisés déferlent chez nous et ruinent la santé ou détruisent les populations sans que beaucoup voient en cela la consommation des produits douteux importés de façon incontrôlée et irresponsable. C’est pourquoi lutter véritablement pour les consommateurs et pour leur santé reste un combat à gagner.

L’état des voies de communication du Cameroun sous M. Biya est déplorable et la vétusté des unes et des autres ainsi que l’absence des ponts sont un obstacle à l’essor économique. Elles doivent être développées le plus rapidement. Si l’on veut aller de l’avant.

Des mesures extrêmement sévères contre la corruption doivent être prises dès les premiers jours de sa prise de pouvoir. Et la refonte du système judiciaire doit suivre, avec l’expulsion agressive des éléments corrompus du corps judiciaire. Les impôts qui accablent les hommes d’affaires, les compagnies et entravent les petites initiatives individuelles doivent être considérablement revus à la baisse.

La croissance rapide des populations du Cameroun comme partout ailleurs pose la question de nutrition et qui dit nutrition dit terre, production et productivité. C’est pourquoi les terres camerounaises ne doivent pas être vendues aux étrangers de même que celles déjà vendues devront être récupérées par rachat et non par expulsion.
Il est des secteurs sensibles et vitaux de l’économie camerounaise qui doivent restés aux mains des nationaux et de l’Etat. Les entreprises bradées ou laissées aux mains étrangères doivent retourner aux nationaux et à l’Etat. Par exemple, l’électricité, l’eau, la poste et les communications doivent demeurer sous notre contrôle. 

L’Etat au Cameroun et en Afrique doit cesser d’être voyou et irresponsable. Imaginons un petit conflit avec des étrangers et ils décident de plonger malicieusement ou stratégiquement Yaoundé, Douala, Garoua, voire tout le pays dans le noir ou choisissent de paralyser des secteurs de la communication ! Se développer en tant que pays c’est avant tout une affaire des patriotes.

La création d’une monnaie nationale pour un pays comme le Cameroun qui veut son indépendance devient un impératif. Cette nouvelle figure devra aussi encourager la naissance des grandes banques privées nationales qui  rayonnent au-delà des frontières nationales. De même, il faut sortir le pays de la domination militaire étrangère par le rejet des accords enfantins et surannés.

La retouche à fond l’armée camerounaise urge d’autant plus qu’elle a connu beaucoup de dérives du sommet à la base. Pour le souci d’une indépendance militaire véritable à la longue, le nouveau chef d’Etat doit encourager deux initiatives  privées dans le secteur de l’industrie d’armement et d’équipements militaires, sanitaires  et technologiques. Celles-ci feront recours à des experts d’ailleurs qui seront des salariés, et emploieront nos plus braves cerveaux issus de l’Ecole Polytechnique.

Il vaut mieux avoir des armes moins performantes fabriquées par nous-mêmes, que d’acquérir les plus sophistiquées et nous voir paralysés par un embargo des grands rusés au moment où nous en avons avidement besoin. Tous sont  partis des outils moins performants à ce que nous connaissons aujourd’hui. Nous devons cesser d’être des éternels consommateurs. La perfection se réalise au fur et à mesure que le temps avance.
Un Cameroun militairement fort n’est pas une préparation aux conflits. La main de l’Etat camerounais ne doit jamais frapper ni être utilisée pour frapper un Etat voisin ou africain.

Ce chef d’Etat doit penser à faire doter le Cameroun d’une sidérurgie. Nous ne devons pas exporter le fer brut et des ferrailles ou  bien les laisser périr dans la nature, puis continuer à importer du fer transformé.
Le nouveau chef d’Etat du Cameroun devra attirer les cerveaux camerounais et africains par des mesures alléchantes afin de tirer le maximum de leurs connaissances et expériences.

Notre système éducatif ne répond plus aux attentes de l’heure. Il faut repenser les écoles et universités camerounaises et leur donner des ailes qui leur permettent d’arriver à être en adéquation avec les besoins et réalités présents et futurs.

L’interdiction stricte doit être faite de l’exportation du bois brut camerounais et la chasse à ceux qui ont ruiné les forêts camerounaises doit être entreprise.

Avec l’élaboration d’un nouveau système électoral et administratif, le chef de l’Etat n’a plus la mainmise sur le choix des gouverneurs des régions du Cameroun, et les nominations à la tête des collèges, universités et grandes écoles d’Etat ne doivent plus être politisées, de même que le recours aux équilibres régionaux devra être banni. 

Avec tout ceci, nous pouvons nous attendre à des jours nouveaux et enchanteurs au Cameroun. Continuellement, nous devons comprendre que le miracle, c’est le peuple entier debout et déterminé.

Léon tuam,
Ecrivain, activiste des droits humains et enseignant.
Boston, le 22 Août 2012.      

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