23/08/2012 14:08:25
Bakassi. Vents de protestation contre le gouvernement camerounais
Les populations nigérianes reprochent au gouvernement de n'avoir pas respecté les accords de Green Tree, qui préconisait la garantie à moyen terme de certains acquis
Le journal du Cameroun
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Population Bakassi

Les populations nigérianes reprochent au gouvernement de n'avoir pas respecté les accords de Green Tree, qui préconisait la garantie à moyen terme de certains acquis

Des populations vivant dans la péninsule de Bakassi aux larges des côtés camerounaises, et récupérées à l’issue d’une longue bataille judiciaire  qui a opposé Cameroun et Nigéria, accusent aujourd’hui les autorités de Yaoundé de ne pas respecter les termes des accords de Green Tree, du lieu où a été paraphé la décision finale de la cour internationale de justice qui aura servi à départager les deux pays.

Selon une information rapportée le 22 août dernier par un journal nigérian, ces populations d’origine nigériane se plaindraient par exemple de ce que le Cameroun a entrepris de rebaptiser des communautés sous d’autres appellations, lorsque ce ne sont pas des harcèlements dont ces nigérians restés à Bakassi font l’objet. Le journal Leadership dénonce notamment des bastonnades, des filets de pêches arrachés et aussi la collecte d’impôts exorbitants. « la localité d’Usaghaedeh town se nomme maintenant Isangele; Abana est aujourd’hui Jabana; Archibong s’appelle désormais Akwa 1 et  Nwanyo,  Akwa », explique un membre de la communauté nigériane vivant à Bakassi, selon des propos rapportés par le journal. Alors que dans les accords de Green Tree, le gouvernement  du Cameroun s’était engagé à ne pas rebaptiser le nom des communautés nigérianes résidant dans la presqu’île, et aussi à garantir leur sécurité environnementale.

Derrière ces protestations sur leurs conditions, se cache en réalité une revendication d’autonomisation. « Je dois préciser que les accords de Green Tree n’ont pas été validés par notre parlement, et je pense pour ma part que compte tenu des souffrances que nous endurons depuis la décision de la cour internationale de justice, il serait intéressant qu’on nous demande de choisir si oui ou non nous voulons que nos communautés restent sous le joug du Cameroun. Il existe un comité en charge de suivre le développement de cette zone et selon des experts proches du dossier, les choses traîneraient encore parce que la mission de délimitation des frontières issues des accords de Green Tree n'est pas encore achevée, et donc il est difficile de l'évaluer».

Pour les communautés nigérianes qui se plaignent aujourd’hui, les choses sont désormais claires. « Nous ne devons pas manquer de rappeler au monde de revoir cette décision qui porte un gros préjudice aujourd’hui à de nombreuses personnes, de même que nous ne devons pas désespérer de voir le Nigéria protéger nos droits dans cette affaire » a fait savoir le sénateur Otu, présenté comme le chef de file de cette nouvelle manifestation d’humeur à Bakassi. Côté officiel, aucun commentaire n’a filtré.

Idriss Linge

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