15/09/2009 14:16:57
Le leader de l'opposition tance Paul Biya
John Fru Ndi, chairman du Social Democratic Front (SDF) vient de donner une conférence de presse à Yaoundé. Il est revenu sur les points chauds de l’actualité au Cameroun et accuse Paul Biya et son « régime corrompu » de mener le pays à la dérive. Compte rendu.::
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John Fru Ndi, comme à son habitude, n’a pas porté les gangs pour critiquer son adversaire politique au pouvoir, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) et son président, Paul Biya. John Fru Ndi est d’abord revenu sur la récente fermeture de la radio privée SKY ONE. En rappelant que son parti est solidaire du combat de cette chaîne de radio, il a fait observé que le gouvernement est en train de « paralyser les instances de débat » et poursuit ainsi sa « machinerie de musellement » des médias libres au Cameroun, s’illustrant ainsi par un comportement « stalinien ».

Il est revenu sur le rapport du Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement (CCFD), cette Ong française qui avait compulsé un rapport sur les biens mal acquis du président Paul Biya et qui avait indiqué qu’il aurait reçu plusieurs millions de Francs Cfa des responsables politiques du pouvoir. « Je n’ai jamais reçu un franc du régime Biya » a-t-il martelé. Il a toutefois reconnu que le chef de l’Etat camerounais lui avait apporté de l’aide en s’occupant de l’évacuation sanitaire de son ex-épouse vers une clinique à Genève en Suisse et du rapatriement de sa dépouille. Il a malgré tout indiqué que c’est l’ambassade du Cameroun en Suisse qui s’est occupé de la gestion des fonds alloués par le chef de l’Etat à l’intention de la prise en charge sanitaire de sa défunte épouse. « Je ne peux même pas vous dire quel en était le montant ».

Ce sujet lui a permis de revenir sur la question de la déclaration des biens des hauts fonctionnaires et autres responsables camerounais. John Fru Ndi a insisté sur le fait que rien ne l’obligeait à déclarer ses biens puisqu’il n’a jamais occupé un poste dans l’administration ou même dirigé une entreprise publique ou parapublique. Cela dit, il a mis défi le président Paul Biya d’appliquer l’article 66 sur la déclaration des biens et à commencer lui-même par déclarer les biens.
Il a fustigé les liquidations et les privatisations des entreprises camerounaises. Il a cité plusieurs entreprises liquidées ou privatisées : la Bicic, la Camship, la Camrail, le Crédit Agricole, l’Oncpb, la Sodeblé etc. « Comment imaginer qu’un hôpital comme l’hôpital central de Yaoundé puisse rester 2 semaines sans eau » s’est-il interrogé. Pour lui, les accidents meurtriers de train survenus récemment à Yaoundé sont le fait d’une mauvaise politique de privatisation de la Camrail, compagnie d’exploitation et de gestion du réseau ferroviaire camerounais.
A propos de la lutte contre la corruption engagée par le pouvoir de Yaoundé, le chairman a déclaré que « les camerounais sont malades et fatigués de l’inefficacité de la lutte contre la corruption ». Il a décrit la lutte contre la corruption comme étant « une ceinture de sécurité dans la stratégie de neutralisation » des adversaires politiques de Paul Biya. Pour lui, c’est le laxisme de Paul Biya qui a favorisé la prolifération d’une race de fonctionnaires milliardaires plus riches que les hommes d’affaires.

Il a proposé de dissoudre toutes les agences existantes de lutte contre la corruption. Pour lui, il faut une agence anti-corruption composée de magistrats, d’avocats, de forces de l’ordre, du clergé, des experts financiers. Cette agence doit être doté de pouvoirs et de prérogatives réels et un fond spécial doit être mis à la disposition de cette agence pour la doter d’une véritable autonomie.

Concernant la récente visite de Paul Biya en France, John Fru Ndi s’est dit heureux de savoir que Paul Biya ait reçu les leaders de l’opposition politique ivoirienne. « Pourtant il refuse de le faire au Cameroun ! » a-t-il relevé. A propos des récentes vacances de Paul Biya en France dont le coût évalué à plus d’un demi milliard de Francs Cfa, avait suscité un tollé dans la presse française et camerounaise, le chaiman a dit ne pas être surpris par les dépenses somptueuses du président camerounais. Tout juste a-t-il dit, cela a permis de « crever les yeux des malvoyants » et « résonner partout dans le monde ».
John Fru Ndi est enfin revenu sur le processus électoral au Cameroun. Il s’est indigné de la procédure des recrutements des membres de la commission électorale « D’après les informations qui nous parviennent, dans les sections régionales, départementales et d’arrondissement d’Elecam (Elections Cameroon, la commission électorale indépendante Ndlr), on recrute les membres dans les rangs du RDPC (parti au pouvoir) ». Pour lui, ce sont les élections frauduleuses qui sont les causes de l’impunité et de la perversion qui règnent au Cameroun.

Le chairman a terminé son propos en réaffirmant son attachement à la mise en place du fédéralisme au Cameroun. Qui selon lui peut permettre au Cameroun d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

mh

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