24/08/2012 03:51:27
L'opération de charme avortée d'Hillary Clinton en Afrique
Débutée le 1er août à Dakar, la troisième tournée du secrétaire d'Etat américain Hillary Clinton dans onze pays africains n'a pas eu le succès escompté, au vu de plusieurs questions sans réponses suscitées après son passage sur le continent, estiment des spécialistes.
Xinhua
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Hilary Clinton afrique

Débutée le 1er août à Dakar, la troisième tournée du secrétaire d'Etat américain Hillary Clinton dans onze pays africains n'a pas eu le succès escompté, au vu de plusieurs questions sans réponses suscitées après son passage sur le continent, estiment des spécialistes.

Certes, l'Afrique retrouve un regain d'intérêt aux yeux de l'administration américaine, avec cette première visite depuis que l'administration Obama a publié en juin dernier sa nouvelle stratégie envers l'Afrique.

Cette stratégie se décline en quatre piliers : "renforcer les institutions démocratiques, stimuler la croissance économique, encourager le commerce et l'investissement et promouvoir le développement".

Les Africains, surtout les Sénégalais, nourrissaient beaucoup d'espoirs pour ce voyage en Afrique d'Hillary Clinton.

Plusieurs intellectuels, universitaires, étudiants, artistes et hommes politiques, avaient été sélectionnés pour écouter dans un amphithéâtre de l'université de Dakar le discours de la chef de la diplomatie américaine sur la nouvelle vision de son pays sur le continent. Mais, à l'arrivée, ce fut la déception pour plusieurs d'entre eux qui sont restés sur leur faim.

Parmi eux, le journaliste sénégalais, Adama Gaye, qui estime que Mme Clinton est passée "à côté de la plaque".

"Votre discours est passé à côté de la plaque. Il était incomplet. Presqu'unilatéralement voué à ne présenter l'Afrique que sous un jour de réussite totale, sa teneur et sa tonalité ont plutôt donné à penser que vous ne connaissez de ce continent que ce qui va dans le sens de vos certitudes peu argumentées", écrit Adama Gaye, s'adressant à la Secrétaire d'Etat.

Selon lui, Mme Clinton est venue à Dakar parler d'une Afrique qui n'existe pas pour le moment.

"Je m'attendais à ce que l'Amérique exprimât par votre voix une compréhension authentique des problèmes du continent afin qu'ils soient résolus. Vous avez agi en politicienne. J'ai même revu parfois la politicienne cynique que vous avez été lorsque, même battue à la course à l'investiture du Parti démocrate, vous vous êtes accrochée jusqu'au bout", ajoute Adama Gaye.

Comme Adama Gaye, le doctorant sénégalais en économie de l'environnement, Doudou Ndiaye, invite les Sénégalais et les Africains à ne pas dormir sur leurs lauriers à cause de ce discours qui n'a pour objet de faire main basse sur les ressources africaines.

En voulant endormir les Africains sur l'exploitation de leurs ressources naturelles par la Chine, Mme Clinton s'est tiré une balle sur le pied. Comme son mari l'ancien président américain, Bill Clinton, la Secrétaire ne maitrise pas l'Afrique, estime-t-il. En s'attaquant à la Chine, premier partenaire économique de l'Afrique, Hillary Clinton a oublié que les Africains ne croient plus à l'Africain Growth and Opportinuty Act (AGOA).

Son prolongement annoncé par Mme Clinton prouve que les opérateurs économiques africains ont tourné le dos à ce programme très sélectif, soutient le doctorant.

A Dakar, la Secrétaire d'Etat américaine devait faire un tour dans le centre-ville pour interroger les populations sur les partenaires sur qui elles comptent. Sans hésiter, elles répondront sur les pays asiatique comme la Chine. Face aux nombreux contraintes du Millenium Challenge Account (MCA), les Africains ont choisi un partenariat gagnant-gagnant avec des pays sûrs qui, de surcroît ne s'érigent pas en donneur de leçon.

L'Afrique a besoin d'un partenariat capable de l'aider à sortir de son sous-développement et non d'un gendarme, a affirmé une personnalité qui a écouté le discours de Dakar de Mme Clinton.

Pour le journaliste et politologue Babacar Justin Ndiaye, derrière le rideau de séduction bien brodé et orné de quelques éloges justes, persistent les trois priorités de l'Amérique en Afrique.

Il cite le "clash des civilisations (euphémisme désignant la lutte contre l'islam radical et armé) ; le péril épidémiologique ( SIDA) et accessoirement le développement (synonyme de sécurité)".

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