25/08/2012 06:07:45
Empêcher l'accaparement de terres. L'Afrique centrale à la recherche de lois musclées
A l’initiative de la Fes, en collaboration avec deux Ong camerounaises, des experts des 6 pays d’Afrique centrale se sont retrouvés à Yaoundé pour faire des recommandations à leurs gouvernements aux fins de combattre la cession des terres à grande échelle aux compagnies étrangères.
Le Messager
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Forêt Afrique

A l’initiative de la Fes, en collaboration avec deux Ong camerounaises, des experts des 6 pays d’Afrique centrale se sont retrouvés à Yaoundé pour faire des recommandations à leurs gouvernements aux fins de combattre la cession des terres à grande échelle aux compagnies étrangères.

Les différents intervenants à la conférence de presse donnée à Yaoundé le 22 août 2012, conjointement par la Fondation Friedrich Ebert (Fes), l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic), le Centre pour l’environnement et le développement (Ced) s’accordent à reconnaître l’ampleur du phénomène d’accaparement des terres en Afrique, même s’ils n’ont pu en fournir des données chiffrées de manière exhaustive. L’on retiendra qu’au Cameroun, selon Samuel Nguiffo,  du Ced, près de 500 000 hectares de terres arables ont déjà été attribuées aux multinationales qui frappent de plus en plus aux portes de ce pays comme dans bien d’autres en Afrique, pour acheter ou louer des terres agricoles.

Actuellement, précise-t-il, près de 2 millions de demandes connues sont enregistrées au Cameroun. D’autres, aussi nombreuses, se négocieraient sous capes. De quoi s’en inquiéter. Et unanimement la Fes, le Ced et l’Acdic dénoncent la non prise en compte des droits fonciers des communautés villageoises dans la plupart de ces contrats. Surtout dans un pays comme le Cameroun, où « toutes les terres appartiennent à l’Etat », rappelle François Bimogo de l’Acdic. Ainsi, les droits coutumiers des populations sur les portions du domaine national ou rural qu’elles occupent ou exploitent ne sont pas considérés par l’Etat comme des droits de propriété.

Plaidoyer intense

Mirko Herberg, le représentant de la Fes à Yaoundé pense qu’il devenait alors nécessaire, voire urgent d’agir. D’où l’organisation, à son initiative, d’un atelier de trois jours ayant regroupé à Yaoundé du 20 au 22 août 2012, des participants venus du Tchad, du Congo, de la République démocratique du Congo, de la République centrafricaine, du Gabon et du Cameroun.

Une rencontre qui a abouti à la production de recommandations et des pistes pour un document cadre devant servir de base à un plaidoyer intense en vue de l’adoption des règles législatives ou administrative conformes aux droits de l’homme, des populations locales, et économiques tant nationaux qu’internationaux en matière de cessions des terres à grande échelle aux firmes, personnes physiques ou morales nationales ou étrangères. Ce document de travail est destiné aux Etats d’Afrique centrale, aux partenaires au développement et aux organisations de la société civile pour appropriation.

Partage équitable

Menace directe contre la souveraineté alimentaire, les cessions de terres à grande échelle, qui se multiplient essentiellement en Afrique, sont facilitées d’après ces experts, par la fragilité des droits de propriété du foncier. D’où leurs recommandations en huit points, entre autres, pour  inciter les Etats à procéder à des réformes de leurs lois foncières, ou à en adopter là où elles n’existent pas encore, en accordant une place de choix aux droits fonciers des populations autochtones, à un accès égal de l’homme et de la femme, ainsi que des orphelins à la terre en tant que propriétaires.

Il est donc question, que les gouvernements stoppent ces cessions de terres à grande échelle à des acteurs étrangers, le temps de négocier un encadrement des investissements dans l'agriculture paysanne, des lois foncières protectrices des usagers et un partage équitable des plus-values entre pays hôtes et multinationales.

Marie-Noëlle Guichi

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