15/09/2009 15:11:28
Le lanceur de chaussures contre Bush sort de prison
Mountazer al-Zaïdi, le journaliste devenu célèbre après avoir lancé sur l'ex-président américain ses souliers fin 2008, affirme avoir été torturé en détention et réclame des excuses du premier ministre irakien.
Le Figaro
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Mountazer al-Zaïdi affirme avoir été torturé en détention et exige des excuses du premier ministre irakien. Crédits photo : AP

 

Libre après neuf mois de détention. Le journaliste irakien Mountazer al-Zaidi, propulsé au rang de héros du monde arabe après avoir lancé ses souliers à la tête de George W. Bush, a quitté mardi la prison de la base militaire de Mouthanna. La libération anticipée du reporter pour bonne conduite aurait dû avoir lieu dès lundi mais elle avait dû être repoussée suite à des problèmes administratifs.

Son avocat s'est félicité de la libération et a rendu hommage à l'indépendance de la justice irakienne. Lors d'une conférence de presse, Mountazer al-Zaidi a, lui, réclamé des excuses au premier ministre Nouri al-Maliki. Il affirme en effet avoir été torturé lors de son emprisonnement. «Au moment où Nouri al-Maliki expliquait à la télévision qu'il ne dormirait pas tant qu'il ne serait pas rassuré sur mon sort, j'étais frappé à coups de câbles électriques et de barres de fer. Mes geôliers ont simulé des noyades [une technique employée par la CIA, ndlr]».

Le reporter était entré dans l'histoire en décembre dernier en projetant ses souliers, taille 43, contre l'ancien locataire de la Maison-Blanche, qui les avaient évitées de justesse. Le journaliste s'était écrié «C'est le baiser d'adieu, espèce de chien». Condamné en première instance à trois ans de prison pour «agression contre un chef d'Etat en visite officielle», sa peine avait été réduite en appel à un an. Dans la culture arabe, jeter ses chaussures à la tête de quelqu'un et le traiter de «chien» est considéré comme une grave insulte.

De nombreuses demandes en mariage

Mountazer al-Zaidi devrait célébrer sa liberté retrouvée en grande pompe lors d'une fête organisée à son domicile de Bagdad. Ses frères sont déjà allés acheter un mouton pour l'égorger, selon la tradition arabe. «Avec son lancer de chaussures contre le criminel [George W. Bush], mon frère a fait passer le point de vue du peuple irakien», confie un de ses frères. Son employeur au moment de son geste, la chaîne Baghdadia, lui a offert un nouvel appartement plus moderne et spacieux que son petit deux pièces du quartier Rachid, dans le centre de la capitale irakienne. Toutefois, Mountazer al-Zaidi ne retournera pas travailler avec eux. Baghdadia, pour des raisons de sécurité, ne peut plus le réembaucher et de son côté, le journaliste ne le souhaite pas. «La chaîne s'est servie de son nom pour se faire de la publicité», déplore en effet son frère.

A la place, le journaliste «réalisera un voyage à l'étranger, en particulier dans les pays arabes, pour remercier toutes les personnes qui l'ont soutenu». Outre leur appui, le reporter a reçu, à en croire sa famille, de nombreux cadeaux de la part des dirigeants arabes. «Nous avons obtenu des promesses d'argent. L'émir du Qatar a promis un cheval en or, le colonel Mouammar Kadhafi va le décorer et d'autres personnes veulent lui envoyer des voitures de sport», confie un autre de ses frères. Avec cet argent, le journaliste, qui a également reçu en prison de nombreuses demandes en mariage, compte créer un centre pour les orphelins et les veuves. C'est à eux qu'il avait dédié son lancer de chaussures. Malgré de nombreuses sollicitations, le jeune héros n'a pas non plus l'intention de rentrer en politique, selon sa famille. «Il préfère rester dans les cœurs».

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